Isentress®
MK-0518 (Raltégravir)
Classe : Inhibiteur de l'intégrase
Fabricant :
Merck Sharp & Dohme (MSD)
Dispositions règlementaires :
AMM (disponible à l'hôpital)
Indications actuelles :
Infection par le VIH, en association avec d'autres médicaments antirétroviraux.
Isentress est actuellement indiqué pour des personnes atteintes par le VIH ayant pris plusieurs traitements antirétroviraux et se trouvant malgré cela en situation d'échec virologique (la charge virale plasmatique est détectable malgré le traitement).
Présentation :
Comprimés à 400 mg
Posologie :
La posologie recommandée correspond à un comprimé à 400 mg deux fois par jour, à prendre avec un grand verre d'eau, avec ou sans repas. Les comprimés doivent être avalés tels quels, sans les casser, les broyer, ni les écraser.
Contre-indications :
Allergie à l'un des composants du médicament (se reporter à la notice pour voir la composition exacte du produit).
Effets indésirables :
- Vertiges
- Maux de ventre, gaz, constipation
- Fatigue
- Maux de tête
- Douleurs articulaires
- Anomalies des enzymes CPK (marqueurs de la "souffrance" musculaire) : à surveiller, car des cas de rhabdomyolyse (destruction sévère des cellulaires musculaires souvent associée à une insuffisance rénale grave) ont été rapportés.
- Augmentation des taux de transaminases hépatiques (ASAT, ALAT)
Précautions d'emploi :
- Ce médicament n'a pas été suffisamment évalué chez des personnes ayant une atteinte hépatique sévère. Ce médicament est donc à utiliser avec beaucoup de précautions chez des patients présentant ce problème. Une atteinte hépatique légère à modérée ne semble pas modifier le métabolisme du médicament, mais implique cependant une surveillance accrue en raison du risque augmenté d'effets indésirables hépatiques (veiller cependant à ne pas cumuler les toxicités hépatiques de différents traitements).
- Les concentrations mesurées dans le sang de raltégravir peuvent varier beaucoup d'une personne à l'autre et même, chez une même personne, d'un jour à l'autre. Il est donc important 1) de respecter la posologie indiquée par votre médecin 2) de surveiller l'efficacité et la tolérance de ce traitement pour - éventuellement - ajuster sa posologie si besoin 3) d'éviter la prise d'autres médicaments, pouvant donner lieu à des interactions, sans avis médical préalable.
- Chez des personnes très immunodéprimées (CD4 bas, inférieurs à 200), l'instauration d'un traitement efficace peut engendrer l'apparition d'un syndrome de restauration immunitaire (ou Immune Reconstitution Inflammatory Syndrome / IRIS en abrégé anglais). Ces IRIS se traduisent par des signes d'inflammation et des symptômes qui sont similaires à ceux observés lors de certaines infections opportunistes. Ces IRIS doivent impérativement être soignés et pris en charge.
- La co-administration de rifampicine (anti-tuberculeux) avec le raltégravir est à éviter pour cause d'interaction entraînant une baisse des concentrations plasmatiques de raltégravir. L'impact de cette baisse n'est pas connue. Si la co-administration ne peut être évitée, il faudra surveiller étroitement l'efficacité du traitement ; la dose journalière d'Isentress pourra être doublée si besoin.
- La co-administration du raltégravir avec les médicaments qui augmentent le pH de l'estomac (dits aussi "anti-acides" : oméprazole ou Mopral par exemple, ou cimétidine, Tagamet...) est également à éviter : en effet, on ne sait pas si cette modification du pH ne peut pas avoir une influence sur l'absorption du raltégravir.
- Des cas de cancers (lymphome, Kaposi, cancer hépatique, cancer anal, carcinome cellulaire squameux) ont été observés durant les études cliniques de développement du médicament. Le lien entre le traitement par raltégravir et le risque de cancer n'est cependant pas établi, les données ne permettant pas de conclure : en effet, les patients concernés présentaient aussi d'autres facteurs de risque (hépatite B, infections à HPV, immunodépression sévère, tabagisme...). Dans l'incertitude, la vigilance est de mise.
- Prudence chez les personnes ayant des antécédents de problèmes musculaires.
- Attention ! Malgré la puissance du raltégravir sur le VIH (la charge virale diminue vite lorsque le VIH est sensible au traitement), il a déjà été démontré que le VIH peut devenir résistant au raltégravir. Et dans ce cas, le raltégravir n'est plus efficace. La résistance intervient lorsque le VIH trouve le moyen de se répliquer en présence de raltégravir dans le sang (oubli de prises, interactions diminuant la concentration du produit), et peut développer des mutations qui lui permettent d'éviter le piège raltégravir.
- Pour en savoir plus, reportez-vous au résumé des caractéristiques du produit Isentress.
- Une question ? Une modification ou une information complémentaire à apporter ? Un mail à !
- Sources : RCP/ Vidal ; EPAR validé par l'EMEA.