New Fill
acide L-polylactique (Acide L-polylactique)
Classe : Produit de comblement
Fabricant :
Sanofi Aventis
Dispositions règlementaires :
Dispositif médical commercialisé
Indications actuelles :
L'acide L-polylactique est un dispositif médical (et non un médicament) prescrit et remboursé dans le comblement des lipoatrophies du visage (« joues creuses ») chez les personnes atteintes par le VIH traitées par antirétroviraux.
L'acide L-polylactique est également utilisé en esthétique pour le comblement des rides liées au vieillissement (en esthétique, le produit s'appelle Sculptra®).
Injecté dans le derme au niveau des zones à combler, le New Fill stimule la production de collagène et induit une augmentation progressive de l'épaisseur de la peau. L'effet-volume résulte donc de 2 actions : le volume du produit en lui-même ; le volume généré par la réaction de la peau et du derme (couche située sous la peau ou épiderme). Ce produit est entièrement résorbable (cela signifie que le produit disparaît) en 12 à 24 mois.
Présentation :
L'acide L-polylactique se présente sous la forme d'une poudre stérile à diluer avec de l'eau pour préparation injectable (3 ou 4 mL). Le médecin peut également, si cela est nécessaire, la diluer avec un peu de xylocaïne (1 mL), un anesthésique à effet local.
La solution obtenue doit reposer au moins 2 H avant d'être injectée dans les zones à combler. Le respect du temps d'attente et la préparation d'une dilution dans les bonnes proportions sont très importants pour la réussite et la tolérance du traitement.
1 kit = 2 flacons de lyophilisat d'acide L-polylactique + 4 aiguilles stériles 26 G (295 €).
Posologie :
La cure comporte généralement 3 à 8 séances d'injections espacées d'un mois au minimum. Elle peut être renouvelée, si nécessaire, dans un délai de 12 à 18 mois suivant la dernière injection.
Les injections doivent être réalisées par des dermatologues, des chirurgiens plasticiens, ou des médecins prenant en charge les personnes atteintes par le VIH formés à l'injection du produit.
Chaque séance d'injections doit être suivie de massages du visage, qui seront prolongés durant la semaine qui suit (massages d'1 à 2 minutes matin et soir, chez soi).
Le gonflement des zones injectées observé à l'issue d'une séance disparaît spontanément en 1 à 2 jours. Le gain réel de volume se développe en 2 mois environ.
Contre-indications :
- Maladie cutanée aiguë ou chronique (infectieuse ou inflammatoire) localisée près de la zone à corriger
- Allergie à l'un des composants du produit
- Femme enceinte
- Personnes présentant des cicatrices de type chéloïdes.
Effets indésirables :
Réactions locales
- Douleur : la douleur liée aux injections est variable d'une personne à l'autre. Pour la réduire : appliquer la crème Emla® 1 H avant la séance et/ ou ajouter de la xylocaïne dans la solution injectée, bien masser, et poser de la glace sur le visage à l'issue de la séance.
- Gonflement et rougeur : dans les heures qui suivent les injections. Disparition spontanée en 24 à 48 H.
- Apparition de bleus : possible dans les jours qui suivent la séance. Disparition spontanée en quelques jours. Les massages réguliers, éventuellement avec une crème à base d'arnica, permettent d'en réduire l'étendue et l'apparition.
- Nodules (boules sous la peau) : ils peuvent apparaître à moyen terme en cas de mauvaise dilution du produit et d'injections trop "concentrées". Encore une fois, les massages réguliers permettent d'en limiter le risque.
- Granulomes inflammatoires : très rares, fort heureusement. Ces problèmes ont été observés chez des patientes « esthétiques » ayant bénéficié d'un comblement de la « ride du lion ». Les granulomes sont apparus 6 à 12 mois après le traitement.
Autres effets indésirables possibles ?
La déception : elle est toujours possible, si les attentes ne sont pas en adéquation avec les possibilités offertes par le produit. Parlez clair avec votre médecin. Il est bien établi que plus la qualité initiale de la peau (souplesse, homogénéité, bonne vascularisation) est bonne, meilleur sera le résultat. Des facteurs défavorables sont, en revanche : avoir reçu des traitements dermatologiques antérieurs (dermabrasion, traitement par Roaccutane®…) ou avoir une lipoatrophie profonde et ancienne (le résultat peut être moins bon pour des lipoatrophies très profondes).
Et à long terme ?
Le principal effet indésirable observé à long terme est la disparition progressive du volume.
Précautions d'emploi :
- Avant le traitement : un interrogatoire sur les antécédents médicaux, un examen de la peau, et éventuellement des examens complémentaires (bilan de l'hémostase) sont nécessaire. Il est toujours préférable d'avoir une infection VIH contrôlée - ou au moins "stabilisée" sans maladie active - et un taux de CD4 supérieur à 200, pour débuter un traitement par New Fill.
- Il est important de bien choisir son praticien : dermatologue, chirurgien plasticien ou spécialisé dans la prise en charge de l'infection VIH… Le plus important est qu'il soit formé à ces injections et qu'il ait une certaine expérience du produit. L'association Actions Traitements peut vous renseigner à ce sujet.
- Pas d'exposition au soleil ou à une lampe UV tant que des rougeurs et un gonflement persistent.
- Le traitement par New Fill n'empêche pas le recours à des traitements ultérieurs par d'autres produits de comblement, par laser, etc.
- Prise en charge à 100 % :
Le kit (= 1 séance) coûte 295 €. Il est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale pour les personnes infectées par le VIH. Lorsque vous retirez le produit à la pharmacie, vous ne devez rien payer.
L'acte d'injection est pris en charge à raison de 62,50 € par séance. Attention : en ville, les médecins peuvent facturer des dépassements d'honoraires (séances à 100 et 150 €). Si vous avez une mutuelle, vérifiez qu'elle prend en charge ces dépassements. Si vous n'en avez pas et si vous ne pouvez pas payer, l'hôpital de jour reste la meilleure solution. Voir la classification de l'Assurance maladie à ce propos.
- Pour toute question :
- En savoir plus sur les lipodystrophies.