Pegasys®
PegIFN alpha-2a (Interféron alpha-2a pégylé)
Classe : Immunostimulant / cytokine
Fabricant :
Roche
Dispositions règlementaires :
AMM
Indications actuelles :
- Traitement de l'hépatite C chronique chez des personnes adultes ayant un ARN VHC sérique positif. Il est recommandé d'utiliser Pegasys en association avec la ribavirine. Cette association est indiquée aussi bien chez les patients qui n'ont jamais été traités pour l'hépatite C que chez les patients ayant préalablement répondu à l'interféron alpha, puis ensuite rechuté après l'arrêt du traitement.
La monothérapie est principalement indiquée en cas d'intolérance ou de contre-indication à la ribavirine.
- Traitement de l'hépatite B chronique avec Ag HBe positif ou négatif chez des personnes adultes ayant une maladie hépatique compensée avec une réplication virale, une augmentation des enzymes hépatiques (ALAT) et une inflammation hépatique et / ou une fibrose histologiquement prouvées. Dans cette indication, l'interféron est le plus souvent utilisé seul.
Présentation :
- Pegasys 135µg sol inj en ser : Fl+Ser/1
- Pegasys 135µg sol inj en ser : Fl+Ser/4
- Pegasys 180µg sol inj en ser : Fl+Ser/1
- Pegasys 180µg sol inj en ser : Fl+Ser/4
Attention : médicament à conserver au réfrigérateur (entre 2 °C et 8 °C). Ne pas congeler.
Conserver la seringue dans son emballage, à l'abri de la lumière.
Posologie :
- Hépatite chronique B :
La posologie et la durée de traitement recommandées pour Pegasys est de 180 µg une fois par semaine pendant 48 semaines, par injection sous-cutanée dans l'abdomen ou la cuisse. On débutera avec une dose hebdomadaire de 135 µg chez les personnes souffrant d'insuffisance rénale.
- Hépatite chronique C :
La posologie recommandée pour Pegasys est de 180 µg une fois par semaine, par injection sous-cutanée dans l'abdomen ou la cuisse, en association avec la ribavirine (préférentiellement) ou en monothérapie (si contre-indication à la ribavirine). On débutera avec une dose hebdomadaire de 135 µg chez les personnes souffrant d'insuffisance rénale.
La durée du traitement (16, 24 ou 48 semaines) de l'hépatite chronique C par bithérapie en association avec la ribavirine dépend du génotype viral, de l'existence d'une co-infection et de la réponse précoce au traitement.
. Patients infectés par le VHC de génotype 1 avec ARN du VHC détectable à la semaine 4, quelle que soit la charge virale initiale : 48 semaines.
. Patients infectés par un génotype 1 avec une charge virale initiale faible (inf à 800 000 UI/ml) ou un génotype 4, chez qui l'ARN du VHC devient indétectable à la semaine 4 et reste indétectable à la semaine 24 : 24 ou 48 semaines
. Patients infectés par le VHC de génotype 2 ou 3 avec un taux d'ARN du VHC détectable à la semaine 4, quelle que soit la charge virale initiale : 24 semaines.
. Patients infectés par un génotype 2 ou 3 avec une charge virale initiale faible (inf à 800 000 UI/ml) dont le taux d'ARN du VHC devient négatif à la semaine 4 de traitement et reste négatif à la semaine 16 : 16 ou 24 semaines
. Patients infectés par un génotype 5 ou 6 : 48 semaines (données limitées)
. En cas de co-infection par le VIH et le VHC : la posologie recommandée de Pegasys est de 180 µg une fois par semaine pendant 48 semaines, par voie sous-cutanée, quel que soit le génotype.
. Dans certaines situations, le traitement peut être poursuivi au-delà des 48 semaines. Il est parfois également possible d'utiliser le traitement par interféron comme traitement anti-fibrosant à moindres doses, chez une personne n'ayant pas répondu à plusieurs précédents traitements anti-VHC et ayant une fibrose avancée.
L'obtention d'une réponse virologique précoce à la semaine 12, définie par une diminution de 2 log de la charge virale ou par la non-détection d'ARN du VHC, est souvent prédictive d'une réponse prolongée.
- La dose pourra être révisée, et réduite, en fonction de la tolérance du traitement. La posologie de ribavirine pourra également, au besoin, être réduite.
- Les lieux d'injection (cuisse et abdomen) ne sont pas choisis au hasard : ce sont les zones du corps qui permettent une meilleure absorption du produit.
Contre-indications :
- Allergie à l'un des composants du médicament
- Hépatite auto-immune
- Insuffisance hépatique sévère ou cirrhose décompensée
L'instauration du traitement est contre-indiquée chez les patients co-infectés VIH-VHC, atteints de cirrhose avec un score de Child-Pugh supérieur ou égal à 6
- Nouveau-né et jeune enfant jusqu'à 3 ans (présence d'alcool benzylique comme excipient)
- Pathologie cardiaque sévère préexistante, dont les maladies cardiaques instables ou non contrôlées dans les six derniers mois
Effets indésirables :
Effets les plus fréquents :
- dans les heures suivant l'injection, signes évocateurs d'un syndrome pseudogrippal : fièvre, frissons, douleurs musculaires et articulaires, fatigue (parfois très prononcée), réaction au point d'injection, malaise, léthargie (ralentissement, manque d'énergie, besoin accru de sommeil)
- troubles hématologiques : neutropénie, thrombocytopénie, anémie, lymphadénopathie
- sensibilité accrue aux infections (liées à la possible neutropénie) : infection respiratoire haute, bronchite, candidose orale, herpès, infections fongiques, bactériennes et virales
- perturbation du fonctionnement de la thyroïde : hypothyroïdie, hyperthyroïdie
- perte de l'appétit et perte de poids
- troubles psychiatriques et de l'humeur : dépression, anxiété, insomnie, altération de l'humeur, agressivité, nervosité
- troubles neurologiques : maux de tête, vertiges, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, faiblesse, migraine, diminution, augmentation ou modification de la sensibilité, tremblements, dysgueusie (troubles du goût), cauchemars, somnolence
- troubles visuels : vision floue, douleur oculaire, inflammation oculaire, xérophtalmie
- douleurs à l'oreille (otalgie)
- troubles cardiovasculaires : tachycardie (augmentation du rythme cardiaque), palpitations, oedème périphérique, bouffées vasomotrices ("bouffées de chaleur")
- troubles des voies respiratoires : difficultés à respirer (dyspnée), toux, difficultés à respirer en cas d'effort (dyspnée d'effort), épistaxis (saignement du nez), rhinopharyngite, congestion des sinus, congestion nasale, rhinite, angine
- troubles digestifs : diarrhées, nausées, douleurs abdominales, vomissements, dyspepsie (douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen), dysphagie (sensation de gêne au moment de la déglutition), ulcération buccale, gingivorragie (saignements des gencives), glossite (inflammation de la langue), stomatite (inflammation de la muqueuse buccale), flatulences (gaz), sécheresse de la bouche (et sensation de soif)
- troubles cutanés et de la pilosité : alopécie (perte partielle des cheveux), dermatite (lésions de la peau rouges, sèches, qui se décollent et démangent), prurit (démangeaison), sécheresse cutanée, rash, hypersudation, psoriasis, urticaire, eczéma, réaction de photosensibilité (sensibilité à la lumière), sueurs nocturnes
- lombalgie, arthrite, crampes
- troubles sexuels : impuissance, baisse de la libido
- troubles biologiques : hypokaliémie, hypocalcémie, hypophos-phorémie, hyperglycémie, hypoglycémie et hypertriglycéridémie...
Précautions d'emploi :
- La liste des effets indésirables de ce médicament présentée ci-dessus est impressionnante. Elle n'est malheureusement pas exhaustive. Toute personne débutant un traitement par interféron doit être informée des possibles toxicités de ce produit. Pour autant, toutes les personnes n'expérimentent pas d'effet indésirable grave.
- Les effets indésirables les plus souvent rapportés par les personnes suivant ce traitement sont la fatigue, parfois très forte et associée à des troubles du sommeil (trop ou pas assez), les troubles de l'humeur (nervosité, caractère irritable), et un syndrome pseudo-grippal suivant l'injection. Il est souvent conseillé de faire l'injection à un moment de la semaine où l'on peut "relâcher" son rythme de vie (vendredi soir, avant le week-end par exemple).
- Certains effets indésirables peuvent être prévenus et / ou contrôlés pour que le traitement soit mieux toléré : parlez-en avec votre médecin.
- En dépit de ces effets indésirables, certaines personnes parviennent à poursuivre une activité professionnelle. Mais, pour beaucoup, les rythmes de travail à plein temps sont épuisants pendant la période de traitement (et même pendant les 6 mois qui suivent l'arrêt du traitement). Il peut alors être nécessaire de 1) faire le point sur le poste de travail 2) réfléchir à un temps partiel thérapeutique 3) réfléchir à un arrêt de travail complet et prolongé si la personne présente notamment un épuisement trop important. Si le rythme de vie ne permet pas de poursuivre le traitement correctement, le risque est de réduire les chances de succès du traitement, et donc de guérison de l'hépatite C. La balance bénéfices / risques de toute décision est donc à situer dans une perspective de vie à long terme.
- La mise en place de ce traitement doit s'accompagner de nombreux examens médicaux : vérification du fonctionnement de la thyroïde, examen de l'oeil, bilan hématologique, examen du foie et des valeurs biologiques hépatiques (transaminases), électrocardiogramme, bilan des antécédents psychiatriques, bilan des traitements concomitants, test de grossesse, etc.
- Chez les personnes présentant des antécédents psychiatriques ou une sensibilité accrue sur ce plan (parents souffrant de problèmes psychiatriques par exemple, contexte de vie très difficile, etc.), une prise en charge spécialisée dès la préparation au traitement est souhaitable. C'est en anticipant le risque de dépression, par exemple, que l'on pourra parvenir à mieux le prendre en charge.
- Les hommes et femmes en âge d'avoir des enfants doivent utiliser une méthode de contraception efficace pendant le traitement, et respectivement pendant 4 et 7 mois suivant l'arrêt du traitement anti-hépatite C. La ribavirine est un traitement à risque pour le foetus (tératogène, risques de malformations).
- En plus du génotype viral, de la réponse rapide au traitement, de la charge virale initiale, il convient également de prendre en compte, pour établir la durée du traitement : la tolérance de la bithérapie, le degré de fibrose.
- Les personnes co-infectées VIH-VHC ou VIH-VHB sont plus à risque de complications avec ce traitement. Le cas échéant, si la personne reçoit un traitement antirétroviral, il sera nécessaire de l'adapter pour réduire le risque de toxicité (pas de zidovudine, pas de stavudine, notamment).
- Attention aux interactions avec certains médicaments, comme la théophylline ou le cotromoxazole (Bactrim). Informez votre médecin et / ou votre pharmacien des traitements, même en automédication sans ordonnance, que vous souhaitez prendre.
- En raison de la possible sécheresse buccale entraînée par le traitement et des éventuelles risques associés (ce n'est bon ni pour la muqueuse de la bouche, ni pour les dents), il est recommandé de se brosser systématiquement les dents au moins deux fois par jour pendant le traitement.
- Ce médicament doit être initié par un médecin spécialiste en gastroentérologie, hépatologie, médecine interne ou infectiologie. Le renouvellement peut être effectué par tout médecin suivant le patient.
- Son prix est élevé :
173.65 euros 1 seringue 135 µg
641.26 euros 4 seringues 135 µg
198.10 euros 1 seringue 180 µg
734.77 euros 4 seringues 180 µg
- Médicament remboursé à 65 % par la Sécurité sociale.
- Une question ? Une modification ou une information complémentaire à apporter ? Un mail à !
- Sources : Vidal / RCP ; EPAR de l'EMEA (European Medicines Agency).