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Trizivir®

AZT / 3TC / ABC (Zidovudine / lamivudine / abacavir)


Classe : Association d'analogues nucléosidiques


Fabricant :
GlaxoSmithKline (GSK)


Dispositions règlementaires :
AMM - Disponible en pharmacie de ville.


Indications actuelles :
Infection par le VIH, en association avec d'autres antirétroviraux.
Trizivir® est une "association fixe" de trois molécules antirétrovirales de la famille des analogues nucléosidiques de la transcriptase inverse : l'abacavir, la lamivudine et la zidovudine.
Ce médicament est préférentiellement indiqué chez des personnes dont l'infection est déjà stabilisée par un traitement en cours, souhaitant éventuellement simplifier leur traitement.
Avant toute prescription d'abacavir (contenu dans Trizivir®), il est recommandé de rechercher, grâce à une analyse génétique (sur simple prise de sang), le marqueur (ou allèle) HLA B*5701. Si un patient présente cet allèle, le traitement par abacavir (et donc par Trizivir®) doit être évité.


Présentation :
Comprimés pelliculés contenant 300 mg d'abacavir, 150 mg de lamivudine et 300 mg de zidovudine : à conserver à température ambiante, sans dépasser 30°C.


Posologie :
Chez l'adulte :
La posologie recommandée est d'un comprimé deux fois par jour, à 12 H d'intervalle, pendant ou en dehors des repas.
Si des ajustements de posologie sont nécessaires, en raison d'une atteinte rénale ou d'une toxicité hématologique, Trizivir® peut ne pas être utilisable ; il faut avoir recours aux médicaments correspondant à chaque molécule isolée (Epivir® pour la lamivudine, Ziagen® pour l'abacavir, ou Kivexa® pour l'association lamivudine et abacavir, Retrovir® pour la zidovudine).

Ce médicament n'est pas recommandé chez l'enfant ou l'adolescent de moins de 18 ans.


Contre-indications :
- Allergie (ou hypersensibilité) à l'un des composants du médicament (consulter la notice pour voir la liste complète des excipients).
- Insuffisance hépatique sévère
- Troubles hématologiques sévères (neutropénie, anémie)


Effets indésirables :
- Le risque majeur de l'association Trizivir® est lié à la présence d'abacavir dans ce médicament. L'abacavir est responsable, chez une proportion réduite de personnes (5 % à 9 % environ), de réactions d'hypersensibilité qui peuvent être très graves si elles ne sont pas détectées à temps. Ces réactions impliquent l'arrêt immédiat du traitement. Elles se manifestent par des symptômes apparaissant dans les premiers jours du traitement par abacavir (dans les 6 premières semaines, en moyenne vers le 11e jour) : problèmes digestifs, éruptions cutanées (rougeurs, boutons, démangeaisons), fièvre, sensation de malaise, toux, difficultés à respirer, douleurs musculaires et articulaires... Attention, tous ces symptômes ne sont pas toujours présents, alors qu'une réaction allergique est bien en train de se produire. Voilà pourquoi il est conseillé aux personnes suivant un traitement à base d'abacavir depuis peu de signaler tout signe pouvant être relié à une hypersensibilité. Toute suspicion d'hypersensibilité implique l'arrêt du traitement par abacavir ; ce traitement ne doit plus jamais être repris sous aucune forme (attention, cela suppose de garder en tête que l'abacavir est présent dans Ziagen®, Trizivir®, Kivexa®).

- Troubles digestifs : nausées, maux de ventre, vomissements...
- Fatigue
- Courbatures, douleurs articulaires
- Troubles hématologiques (liés à la zidovudine, AZT) : anémie, leucopénie (respectivement baisse de l'hémoglobine et baisse des globules blancs)
- Toxicité mitochondriale : le risque majeur associé à la toxicité mitochondriale est l'acidose lactique. Plus souvent vue avec l'association didanosine / d4T qu'avec les molécules composant Trizivir®, ce syndrome grave se manifeste par une fatigue très prononcée, une sensation de malaise et d'essoufflement, des maux de ventre... En cas d'acidose lactique, une hospitalisation en urgence est nécessaire.
Autres problèmes liés à la toxicité mitochondriale : les neuropathies (sensations désagréables dans les membres, douleurs), les lipoatrophies (fonte des graisses sous-cutanées, particulièrement au niveau des membres, des fesses)
- Perte d'appétit
- Troubles du sommeil


Précautions d'emploi :
- L'allèle HLA B*5701 a été associé à un risque augmenté de faire une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir. Ce marqueur est à rechercher au niveau de l'ADN (matériel génétique présent dans le noyau des cellules sous forme de chromosomes) à l'aide d'une simple prise de sang. L'analyse ne peut cependant pas être faite dans n'importe quel laboratoire : seuls certains laboratoires agréés, disposant de la technologie adéquate, peuvent réaliser cette recherche. Si vous devez commencer un traitement par abacavir, sachez que la recherche de cet allèle est vivement recommandée. N'hésitez pas à poser la question à votre médecin. Si le résultat du test est négatif (vous n'avez pas l'allèle), le traitement peut vous être prescrit ; si le résultat est positif (vous avez l'allèle), vous ne devez pas prendre d'abacavir, sauf en l'absence d'autres solutions plus adaptées à votre situation. Dans tous les cas, et même si le résultat du test est négatif, il reste nécessaire de surveiller les signes cliniques (visibles) d'une hypersensibilité : l'absence de marqueur dans l'ADN n'exclut pas la possibilité de faire une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir.
- A l'intérieur de la boîte du médicament figure une petite carte cartonnée détachable qu'il est conseillé de garder sur soi en permanence (dans son portefeuille par exemple), surtout en début de traitement. En cas de signes étranges ou de sensation bizarre (malaise) avec l'abacavir, vous pouvez ainsi vous reporter à la carte pour savoir comment réagir et ce, où que vous soyez . De même, si une réaction allergique à l'abacavir survient, le fait de présenter cette carte aux secours leur permet tout de suite d'adopter les mesures adéquates.
- Attention aux personnes présentant une insuffisance / atteinte rénale : la posologie de lamivudine peut être à adapter dans certains cas, ce qui n'est pas possible avec les comprimés de Trizivir®.
- Ne pas associer Trizivir® et Emtriva®.
- Le traitement par abacavir serait-il un facteur de risque cardiovasculaire ? Récemment, une étude rétrospective (étude D:A:D) a mis en évidence un lien entre l'utilisation récente d'abacavir (traitement en cours ou arrêté depuis moins de 6 mois) et un risque augmenté d'accidents cardiovasculaires (risque d'infarctus du myocarde augmenté de 90 %). Cette étude a créé une surprise dans la communauté médicale et a conduit les autorités de santé à prendre position sur l'utilisation de l'abacavir. L'Afssaps, notamment, a indiqué que ces nouvelles données ne devaient pas entraîner l'arrêt de l'abacavir chez des personnes prenant ce traitement. En effet, les données disponibles ne permettent pas de conclure ; des études complémentaires doivent être menées.
Dans l'attente d'une conclusion, la prudence et la surveillance sont de mises, particulièrement chez les personnes présentant d'autres facteurs de risque cardiovasculaires (tabagisme, âge élevé, hypertension, cholestérol élevé...). N'hésitez pas à discuter avec votre médecin des mesures permettant de réduire les risques cardiovasculaires.
- En savoir plus ? Consultez le résumé des caractéristiques du produit Trizivir®.
- Coût du traitement : 651,21 euros. Prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale.
- Une question ? Une modification ou une information complémentaire à apporter ? Un mail à !
- Sources : RCP/ Vidal ; EPAR validé par l'EMEA.

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