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Editorial
n°172 - janvier 2005
Cohésion territoriale
Dans le domaine de la lutte contre le VIH/sida
, il est rare qu’un bilan de fin d’année
des luttes et des actions menées ne provoque
pas un sentiment d’amertume et de révolte
de la part des associations et des personnes touchées
par la maladie. L’année 2004 n’a
pas failli : perpétuelle surcharge des
services hospitaliers, précarité persistante
des séropositifs, discriminations vivaces dans
l’accès aux soins, relâchement généralisé de
la vigilance sont quelques-uns des pénibles
exemples qui illustrent ce triste constat. Il n’est,
en revanche, jamais d’esquisse d’une nouvelle
année qui ne provoque les plus grands espoirs,
tant chez les malades que chez leurs accompagnants.
Et nous savons tous que cette année 2005 tient
en ce sens une place bien spéciale. Car ça
y est, nous y sommes : 2005 est l’année
de la « grande cause nationale sida ».
Enfin. Le chef de l’Etat appelle les Françaises
et les Français à faire de la lutte contre
cette pandémie une préoccupation centrale
de leur vie citoyenne.
Cette mobilisation de la nation doit avant tout questionner
les comportements et les pratiques de chacun. Elle
doit favoriser le rassemblement, la prise de conscience
mais aussi garantir le dialogue des générations
et encourager la réactivité de l’Etat
et des groupes associatifs. La grande cause nationale
doit aussi permettre d’assurer et de promouvoir
une meilleure cohésion territoriale de la prise
en charge des personnes séropositives ;
de garantir l’accès effectif aux soins
et aux droits sur tout le territoire, et d’assurer
une vigilance aiguisée sur les comportements
et pratiques discriminantes auxquelles sont confrontés
les séropositifs dans nos régions.
Dans ce premier numéro de 2005 du JDs,
la rédaction a souhaité donner la parole à ces
séropositifs qui ont choisi de vivre à la
campagne, pour montrer les problèmes qu’ils
rencontrent mais aussi les bénéfices
de leur exil. Les choix de vie des « néo-ruraux » doivent
vigoureusement interroger les défauts de la
qualité de vie dans les grandes métropoles
françaises et surtout à Paris. Par ailleurs,
l’occasion nous est offerte dans ce dossier de
saluer le travail effectué par les nombreuses
associations et praticiens hospitaliers qui œuvrent
loin du microcosme parisien. Les zones rurales et semi-rurales
sont un formidable lieu d’expérimentation
et un baromètre efficient des perceptions des
Français concernant l’infection à VIH/sida.
Notre grande cause ne saurait être nationale
sans cohérence territoriale.
Le JDs