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Alimentation et VIH
Le fait d'avoir une alimentation équilibrée est utile à toute personne, quelle soit ou non séropositive. Cependant, pour les personnes atteintes par le VIH, le fait d'adopter une bonne hygiène de vie est d'autant plus utile que cela permet de contrebalancer les effets négatifs sur l'organisme du VIH et des traitements antirétroviraux pris au long cours.
Généralités
Cela fait maintenant des années que c'est démontré, mais il est toujours utile de le répéter : un régime alimentaire faisant la part belle aux fruits et légumes, et limitant les graisses et sucres simples (les sucres simples sont des sucres assimilés directement par l'organisme, n'apportant qu'une sensation courte de satiété), possède un effet bénéfique à long terme sur la santé, tant sur le plan cardiovasculaire que sur le plan du risque de cancer.
Fruits et légumes
Consommer l'équivalent de 5 "portions" par jour. Les fruits et légumes peuvent être cuits, crus, en conserve, surgelés, en jus, etc. Les fruits et légumes cuits sont plus faciles à digérer. Attention, les pommes de terre sont classées comme des féculents, et non comme des légumes.
Exemples : croquer un fruit au goûter, boire un verre de jus de fruit sans sucre ajouté au petit déjeûner, prendre une part de légume à midi, une compote en dessert, une soupe de légumes le soir, etc.
Matières grasses ajoutées
Privilégier les huiles végétales (notamment huile de colza riche en acide gras oméga 3, huile d'olive ou de noix), réduire l'apport des graisses d'origine animale (beurre, crème).
Sucres simples
Eviter (ou limiter leur consommation à des occasions ponctuelles) les sodas trop sucrés ou les "friandises" riches en sucres et en graisses (barres chocolatées, crèmes glacées, gâteaux et viennoiseries, chocolat, crèmes dessert du commerce).
Viandes, oeufs et poissons : une à deux fois par jour
Il est recommandé de manger du poisson au moins deux fois par semaine. Les poissons dits gras - saumon, thon, hareng, sardines, maquereau - contiennent des acides gras oméga 3 bénéfiques pour la santé. Aucune viande n'est "contre-indiquée", mais les modes de préparation limitant la quantité de matières grasses ajoutées (viande grillée, bouillie, pot-au feu, etc.) sont à privilégier, et la charcuterie est à réserver à des occasions rares (à l'exception du jambon blanc, peu gras).
Les viandes, oeufs et poissons apportent des protéines nécessaires aux fonctions vitales et au maintien de la masse musculaire. A noter, contrairement aux idées reçues, les quantités de protéines utiles au fonctionnement de notre organisme ne diminuent pas avec l'âge.
Vous n'aimez pas la viande ou le poisson ? Associez des protéines végétales à votre alimentation (légumes secs, céréales, fruits oléagineux type noix, amandes, noisettes), choisissez des préparations alliant produits laitiers et céréales (muesli, pâtes complètes au fromage...).
En cas de problèmes digestifs
Les troubles digestifs sont fréquents en début de traitement, notamment avec certaines antiprotéases.
- Ballonnements, gaz et maux de ventre : faites le point sur votre alimentation. Le fait de manger vite, sans prendre le temps de bien mâcher les aliments, favorise les ballonnements. Trop de fruits ou de légumes crus (par exemple, deux portions au cours d'un même repas) peut aussi rendre la digestion difficile. Morcellez les apports, découpez les fruits en petits morceaux, préparez les en compote, etc. Autres facteurs pouvant provoquant des douleurs et gênes digestives : les sodas, les chewing gums, le café...
- Envie de vomir : mangez par petites quantités des choses faciles à digérer, donc en évitant les plats copieux, le lait, ou la surabondance de fruits et légumes crus. Pensez à manger des aliments à température ambiante ou froid ; la chaleur de certains aliments peut accentuer les arômes.
- Constipation : les consignes sont simples. Il faut boire plus d'eau (notamment les eaux riches en magnésium comme Hépar), bouger plus entre les repas, et augmenter sa consommation de fibres, si possible de manière progressive (une augmentation trop drastique risque d'avoir des effets délétères). Quelques exemples d'aliments riches en fibres : fruits, légumes, céréales complètes, pain complet, légumes et fruits secs, fruits oléagineux (pistaches, cacahuètes...). Au petit-déjeûner : ajouter un verre de jus de fruit sans sucre ajouté et/ ou quelques pruneaux pour relancer le transit.
- Diarrhées : Une diarrhée prolongée nécessite une consultation médicale. La diarrhée peut entraîner une déshydratation et une malabsorption des nutriments et des médicaments. En cas de diarrhée ponctuelle, peu grave, pensez à boire suffisamment de l'eau, de la soupe, du bouillon... : cela n'augmentera pas la sévérité de la diarrhée et votre corps en a besoin. Evitez momentanément les aliments épicés, trop riches en fibres, trop sucrés ou trop gras, et préférez les aliments faciles à digérer comme le riz blanc, les pommes de terre, les pâtes, les soupes de légumes, la purée de carottes, la pâte ou purée de coings...
. Les yaourts natures favorisent la restauration de l'écologie intestinale, mais ils sont plutôt à réserver à la "phase de récupération" qu'à la phase aigue.
En cas de perte osseuse ou de traitement favorisant la perte osseuse (dont ténofovir)
Dans ce cas, il faudra particulièrement veiller à l'apport en protéines, en calcium et en vitamine D.
- Pour les protéines : voir ci-dessus.
- Pour le calcium : consommez 3 à 4 produits laitiers par jour, choisissez des eaux riches en calcium.
- Pour la vitamine D : sortez ! La vitamine D est fabriquée par notre organisme sous l'action des rayons du soleil (un quart-d'heure d'exposition par jour suffit, visage et avant-bras découverts). Pensez aussi à consommez des poissons gras, certaines huiles végétales, des produits laitiers, et des oeufs (le jaune contient de la vitamine D).
Sachez que l'exercice physique régulier favorise la solidité de l'ossature en complément d'une alimentation équilibrée.
Conseils en cas de glycémie élevée ou de diabète
La glycémie est le taux de sucre dans le sang. Normalement, ce taux, régulé physiologiquement, ne doit pas varier beaucoup dans une même journée, et rester autour de 1 g/l.
Si vous avez été alerté par votre médecin sur le risque lié à une glycémie élevée, adaptez votre alimentation. Ces conseils sont aussi valables pour les personnes suivant un traitement antirétroviral pouvant avoir un effet sur le métabolisme glucidique.
Les conseils :
- au cours des repas, mangez des aliments riches en fibres (céréales complètes, légumes, fruits, etc.), ils permettent de retarder l'absorption du glucose et de l'étaler dans le temps. Prenez aussi des féculents (sucres complexes) à chaque repas, en quantités raisonnables : pâtes, riz, pain (de préférence complet), légumes secs, manioc ou tapioca. Vous pouvez vous baser sur l'index glycémique des aliments pour choisir selon vos besoins.
- évitez de grignoter entre les repas. Prenez 3 repas principaux et 1 à 2 collations, pas plus.
- limitez votre consommation d'aliments gras et / ou sucrés : chocolat, bonbons, viennoiseries, gâteaux, sodas, frites, sauces, crèmes, etc.
- méfiez-vous aussi des aliments portant des étiquettes évoquant le bien être et la bonne santé, mais comportant beaucoup de sucres : yaourts sucrés du commerce, crèmes desserts, compotes sucrées, céréales du petit-déjeûner, etc. Si vous avez du mal à vous passer de ces aliments, intégrez-les au repas, et ne les mangez pas isolément. "Noyés dans la masse" d'un bol alimentaire composé de protéines, sucres complexes et lipides, ils augmenteront moins fortement la glycémie que s'ils étaient consommés isolément,
- préférez les viandes maigres (poulet sans la peau, boeuf grillé, etc.), réduisez les apports de plats en sauce (et plats cuisinés avec des graisses "cachées") et viandes grasses (charcuterie), manger du poisson (maigre et/ ou gras) au moins 2 fois par semaine,
- attention à l'alcool, calorique et sucré, qui contribue à la prise de poids.
En cas de cholestérol et/ ou de triglycérides élevés
Certaines antiprotéases peuvent favoriser l'augmentation des graisses dans le sang. Une alimentation bien choisie peut permettre de contrer ces effets.
Les mêmes conseils concernant les sucres, les graisses, le rythme des repas s'appliquent dans le cas des troubles glucidiques (diabète, voir ci-dessus) et dans le cas d'augmentation de graisses dans le sang.
Sachez que les aliments riches en fibres permettent de réduire l'absorption du cholestérol. Vous pouvez aussi opter pour des aliments dits riches en phytostérols (souvent, c'est marqué sur l'étiquette de certains yaourts, de certaines margarines), mais leur consommation n'est qu'une aide et ne remplace pas la mise en place d'une alimentation équilibrée.
Prévenir et lutter contre l'hypertension artérielle
L'hypertension artérielle non contrôlée est un facteur de risque cardiovasculaire. Il est possible d'en prévenir un maximum l'ampleur ou l'apparition en ayant une consommation raisonnable de sel.
- Ne resalez pas systématiquement vos plats. Goûtez avant !
- Si vous êtes habitué au très salé, baisser la quantité de sel vous donnera l'impression que les plats sont fades. Sachez que votre goût s'adaptera vite aux nouvelles proportions de sel et que vous n'aurez bientôt plus cette sensation si vous persistez. Pour tromper vos papilles gustatives, vous pouvez également ajouter un peu d'épices et de fines herbes, du citron pressé, des aromates, etc.
- Les préparations industrielles ou les conserves sont souvent très salées. Regardez la teneur en sodium des plats que vous achetez.
- Attention à certaines eaux, également très riches en sodium.
Ne tombez pas dans l'excès ! Continuez à manger du sucre (privilégiez les complexes), des graisses (privilégiez les végétales), du sel (sans excès), etc. Aucun régime trop restrictif n'est à conseiller sauf situations médicales très particulières.
Protéger son cerveau
Protéger son cerveau passe avant tout par le fait de le faire travailler régulièrement, en ayant une vie sociale développée, et en lisant, en calculant, en imaginant, etc.
Des aliments font cependant "du bien" aux neurones :
- les acides gras oméga 3 : dans la sardine, le thon, le maquereau, le saumon, le hareng, dans les huiles de colza, de noix ou de soja (une cuillère à soupe par jour),
- les vitamines B : dans le foie, les abats, les légumes, les céréales complètes, les levures, le jaune d'oeuf,
- les anti-oxydants (vitamines ou oligo-éléments) : dans les fruits, les légumes, les huiles végétales, la viande, le poisson, les crustacés, les céréales complètes.
Boire, toujours boire !
Il est important de boire de l'eau, tous les jours, en quantité suffisante, soit 1,5 à 2 L d'eau par jour : une boisson chaude le matin, une soupe le soir, deux grands verres d'eau à midi, une boisson fraîche (si possible, pas un soda sucré, ou alors en faire une "exception") dans l'après-midi, etc. Toutes ces consommations sont à prendre en compte.
Décembre 2008.
Sources : Programme National Nutrition Santé.
En matière d'activité physique, la recommandation universelle et officielle est de pratiquer l'équivalent d'au moins 30 minutes de marche rapide par jour. Dans le cas de l'infection par le VIH, la pratique régulière d'une activité physique est également vivement recommandée pour maintenir un état de santé général favorable, et pour faire obstacle aux éventuels effets négatifs du VIH et des traitements sur l'organisme.