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Questions-réponses sur la grippe A/H1N1
Quelques informations à connaître sur la grippe A/H1N1, avec un focus particulier sur le cas des personnes séropositives au VIH.
Qu'est-ce que le virus de la grippe A ?
Il s'agit d'un virus grippal, de type influenza (désigné comme influenza de type A, H1N1), qui se rapproche donc des virus de la grippe qui « circulent » tous les hivers en France (cette dernière est aussi appelée « grippe saisonnière »), mais qui possède une formule génétique spécifique et différente.
Le virus de la grippe A est issu de différents virus recombinés entre eux, dont certains infectent les porcs (d'où l'appellation de « grippe porcine »). Chez l'homme, ces virus s'attaquent principalement au système respiratoire.
A savoir : la grippe saisonnière "habituelle" atteint annuellement 5 à 15 % de la population mondiale et ferait entre 250 000 et 500 000 décès. Les personnes les plus touchées par la grippe saisonnière sont les personnes âgées (à noter : les personnes âgées seraient moins à risque pour la grippe A/H1N1, cf. plus bas) et les personnes affaiblies, par exemple atteintes de maladies chroniques ; chez ces personnes, la vaccination est d'ailleurs recommandée.
Les symptômes de la grippe sont habituellement assez peu spécifiques. Il peut s'agir :
- de fièvre,
- de frissons,
- de troubles de la sphère respiratoire (toux, nez qui coule, maux de gorge, difficultés à respirer, insuffisance et détresse respiratoire dans les cas graves…),
- de douleurs (articulaires, musculaires),
- de maux de tête,
- de troubles digestifs (diarrhées, douleurs, etc.),
- d'une grande fatigue,
- de sensations de malaise, etc.
Dans le cas de la grippe A/H1N1, les mêmes types de symptômes ont été rapportés : toux, courbatures, fièvre supérieure à 38°C, etc. Ces signes durent en moyenne 5 à 10 jours. Attention, tous les symptômes ne sont pas toujours présents chez les personnes malades.
Comment se transmet le virus A/H1N1 ?
Comme les autres virus grippaux, c'est-à-dire par voie oropharyngée et aérienne : la toux, les postillons, les éternuements, la salive d'une personne infectée sont des voies potentielles de contamination.
La transmission peut aussi se faire par contact direct (se serrer la main, s'embrasser, etc.) entre une personne infectée et une personne non infectée, ou encore par contact indirect, via des objets (ex : se servir dans le verre d'une personne infectée, contact avec des poignées de porte, des mouchoirs, le clavier d'un ordinateur, etc.).
A noter : même si la grippe AH1N1 a été surnommée « grippe porcine », manger du porc ne présente pas de risque de transmission du virus.
Existe-t-il une période d'incubation ?
Oui. Celle-ci est estimée à 7 jours. Pendant ces 7 jours, la personne est contaminée sans le savoir ; elle ne présente pas de symptômes de la maladie.
Pendant combien de temps est-on contaminant ?
Les personnes infectées par le virus de la grippe A sont contagieuses à la fin de la période d'incubation, donc 24 H à 48 H avant l'apparition des signes cliniques (toux, fièvre, etc.), pendant la phase des symptômes, et peuvent le demeurer jusqu'à 7 jours après l'apparition des premiers signes.
Quelle est la gravité de la grippe A ?
Elle est variable suivant les personnes. La gravité est liée aux complications qui peuvent survenir : infections invasives par le virus grippal (pneumopathies sévères) ou surinfections par un autre agent pathogène.
Qui sont les personnes les plus exposées ?
Contrairement à la grippe saisonnière qui menace particulièrement les personnes âgées de plus de 65 ans, la grippe A/H1N1 semble davantage atteindre les personnes jeunes et les enfants. Mais les personnes les plus à risques sont celles souffrant déjà de pathologies respiratoires sévères.
Que peut-on faire au quotidien pour se protéger de la grippe A/H1N1 ?
Des mesures de prévention "de base" sont très importantes et très efficaces pour limiter les risques de transmission. Chacun est responsable de sa santé, mais également de la diffusion et de l'impact collectif du virus.
Il convient d'adopter les mesures suivantes :
- se laver les mains (avec de l'eau et du savon ou avec une solution hydro-alcoolique sans rinçage) régulièrement dans la journée et notamment après avoir fréquenté des lieux publics, utilisé les transports en commun, etc.
- se couvrir la bouche et le nez avec un mouchoir en papier lorsque l'on tousse et lorsqu'on éternue,
- utiliser des mouchoirs en papier jetables. Après usage, éviter de laisser traîner ses mouchoirs en papier ; les mettre dans une poubelle avec couvercle immédiatement après usage,
- faire le ménage chez soi et dans ses lieux de vie en général (nettoyage des surfaces : bureau, lavabo, poignées de portes, interrupteurs, etc.),
- ne pas attendre pour demander un avis médical (joindre son médecin traitant) en cas de signes associés à un risque grippal,
- éviter, si possible, les contacts avec les personnes malades,
- se tenir informé des recommandations en matière de prévention et de vaccination.
Que peuvent faire les personnes séropositives au VIH pour se protéger de la grippe A H1N1 ?
Les personnes séropositives font partie des personnes qui pourraient être plus à risque pour la grippe A, particulièrement en cas d'immunodépression (CD4 bas). Des professionnels experts de la prise en charge médicale de l'infection par le VIH se sont d'ailleurs réunis pour produire des
recommandations concernant la conduite à tenir par rapport à la grippe A chez les personnes séropositives.
Ainsi, pour se prémunir contre d'éventuelles complications, les personnes séropositives au VIH :
- peuvent s'assurer de l'efficacité de leur traitement anti-VIH : celui-ci leur permet-il d'avoir un bon niveau de CD4 et une charge virale plasmatique indétectable ?
- doivent envisager la vaccination contre la grippe saisonnière (« grippe classique ») lorsque le vaccin sera disponible (octobre 2009). Pour la grippe saisonnière, la vaccination est habituellement recommandée chez les personnes séropositives ayant des CD4 supérieurs à 200/mm3. Cela permettra d'éviter les surinfections, et aussi de faciliter les diagnostics différentiels en cas de symptômes,
- peuvent penser à une vaccination anti-pneumococcique (vaccin Pneumo 23®), si celle-ci n'a pas été réalisée récemment (moins de 3 ans). Cette vaccination est particulièrement indiquée pour les personnes fragiles (souffrant d'insuffisance respiratoire, cardiaque, rénale, de cirrhose, splénectomie, ayant des antécédents d'infection pulmonaire, ORL, méningée, ou de septicémie à Pneumocoque). Cette vaccination peut se faire en même temps que la vaccination anti-grippe, mais en deux points distincts. Elle permet de réduire le risque de surinfection par des bactéries de type Pneumocoques,
- doivent envisager la vaccination contre la grippe A. Plusieurs vaccins sont aujourd'hui disponibles :
=> Pandemrix (GSK) : antigène fragmenté, avec adjuvant AS03
=> Focetria (Novartis) : antigène fragmenté, avec adujvant MF59C.1
=> Celvapan (Baxter) : virus entier inactivé, sans adjuvant
=> Panenza (Sanofi) : antigène fragmenté, sans adjuvant.
Existe-t-il un traitement préventif de la grippe A ?
Oui, contrairement à ce que stipulaient les informations initialement communiquées par les autorités, dans certains cas, le Tamiflu® et le Relenza® peuvent être indiqués en prévention de la grippe A.
En revanche, la réalisation du vaccin anti-grippe A permet de prévenir - au moins partiellement - les infections chez les personnes vaccinées.
Existe-t-il un traitement curatif ?
Il existe des antiviraux actifs sur le virus A/H1N1 : l'oseltamivir (Tamiflu®) et le zanamivir (Relenza®). Ils sont accessibles uniquement sur ordonnance ; ils ne sont pas systématiquement nécessaires. Leur principale utilité est de réduire la durée des symptômes. Chez certaines personnes, le traitement symptomatique (repos, paracétamol contre les douleurs, isolement pendant la période de contagiosité, etc.) peut suffire.
Lorsque ces traitements antiviraux sont nécessaires, il est recommandé de les prendre le plus tôt possible après l'apparition des symptômes.
Ces antiviraux peuvent être prescrits aux enfants et aux femmes enceintes (avec certaines précautions, consulter votre médecin à ce sujet), qui nécessitent une surveillance encore plus étroite, en cas de pandémie déclarée.
Ces antiviraux peuvent-ils être pris par des personnes séropositives ?
Il n'existe pas de contre-indication. Il faudra toutefois veiller à vérifier l'absence d'interactions entre les différents traitements, chez les personnes prenant des antirétroviraux, ainsi que prendre en compte les éventuelles fragilités des personnes (insuffisance rénale, hépatique, autres complications, etc.).
Quels sont les effets indésirables des médicaments Tamiflu®/ Relenza® ?
Ces médicaments peuvent provoquer des troubles digestifs (diarrhées, nausées, vomissements, douleurs abdominales…), des infections de type bronchites, des maux de tête, ou encore de la fatigue. Ces effets indésirables sont le plus souvent bénins et spontanément résolutifs après les premiers jours de traitement ou après la fin du traitement.
Des effets indésirables graves, exceptionnels, ne peuvent cependant être exclus. Ces médicaments ne sont pas à utiliser en automédication, mais nécessitent une prescription médicale réfléchie.
Que faire si on entre en contact avec une personne malade ?
Vous devez opter pour les précautions élémentaires pré-citées (éviter les contacts directs ou indirects, se laver les mains, etc.) et évidemment, ne pas partager les verres, couverts, serviettes, etc. d'une personne contaminée par le virus H1N1 durant sa période de contagiosité.
Idéalement, il ne faut pas prolonger les contacts avec les personnes infectées sans les protections adaptées (masques, etc.).
Contrairement à ce que stipulaient les informations initialement communiquées, les antiviraux peuvent être indiqués en « traitement post-exposition » chez certaines personnes séropositives particulièrement vulnérables (pas de traitement contre le VIH, CD4 inférieurs à 500, co-pathologies, tabagisme, situations de précarité) et chez les enfants séropositifs : le traitement doit alors être pris en cas de contact datant de moins de 48 h avec un cas avéré ou suspect de grippe A. La posologie recommandée de Tamiflu® est d'un comprimé par jour pendant 10 jours.
Que faire si l'on présente des symptômes de grippe A ?
- Afin d'éviter la transmission à ses proches : éviter les contacts physiques. Une distance de 2 m est à observer avec les personnes malades. Le port de masques chirurgicaux (par la personne malade et par les personnes non malades), et éventuellement de gants de latex jetables, est indiqué. Attention à bien respecter les conditions d'utilisation des masques (consulter la notice, ce sont des dispositifs jetables à usage unique).
- Appeler son médecin traitant. Celui-ci s'enquiert des symptômes et de leur gravité. Il peut ainsi décider de la conduite à tenir. Le 15 (Samu) n'est à contacter qu'en cas d'urgence.
Mise à jour novembre 2009.
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Le minimum à savoir pour se protéger de la grippe A.