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Travailleurs(ses) du sexe, prostitué(e)s, escort(e)s, client(e)s

Cette page est destinée aux travailleurs(ses) du sexe, aux prostitué(e)s, aux escort(e)s ainsi qu'à leurs client(e)s. Elle a pour objectif d'apporter une information simple sur les risques associés aux pratiques sexuelles et les moyens de prévention.

femme vue de dos

Les pratiques à risque de transmission du VIH (virus du sida) et des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) sont :

  • les pénétrations anales (sodomies) et les pénétrations vaginales sans protection,

  • les fellations (pipes) sans préservatif,

  • les cunnilingus sans protection,

  • les anulingus sans protection,

  • le partage d'accessoires, sans protection, pour les pénétrations (godemichets),

  • d'autres pratiques hard sans protection comme le fist fucking (pénétration de l'anus avec le poing), ou la pénétration sans protection du vagin avec la main, etc.

  • femme vue de dos
    Quelques précisions concernant le VIH

    Le VIH peut se transmettre lors de pratiques mettant en présence du sang, du sperme ou du liquide vaginal (ou un objet porteur de ces liquides) avec une muqueuse (vagin, anus, gland).

    Les risques les plus grands existent :

  • lors des pénétrations anales et vaginales non protégées,

  • lors des fellations sans protection et avec éjaculation,

  • lors du partage d'accessoires entre partenaires pour les pénétrations sans utilisation de préservatifs (un préservatif par partenaire et par pénétration est nécessaire).


  • Certains facteurs augmentent le risque de transmission du VIH lors des rapports :

  • la présence de sang (sang des règles ou sang lié à une blessure, irritation...),

  • le fait qu'un partenaire ou les deux partenaires aient une ou plusieurs autre(s) IST,

  • le fait que la personne infectée par le VIH ignore son statut sérologique (elle ne sait pas qu'elle est séropo) et ne se soigne donc pas correctement.


  • Au contraire, certains facteurs peuvent réduire les risques de transmission du VIH lors des rapports sexuels, notamment la circoncision. Ainsi les hommes circoncis ont moins de risques de contracter le VIH que les hommes non circoncis. Mais attention, cela ne veut pas dire que le risque n'existe plus : en réalité, il serait réduit de 60 % selon des études menées en Afrique du Sud, chez des couples hétérosexuels. En revanche, aucune étude n'a montré que cela réduisait le risque pour leurs partenaires. Cela ne les protège pas non plus des autres IST.

    Le VIH ne se transmet pas par simple contact avec une personne infectée. Il faut le dire, le répéter et l'intégrer dans sa pensée et ses pratiques ! C'est un levier important de la lutte contre toute peur irrationnelle du VIH et contre le rejet des personnes touchées !
    Le baiser, les simples caresses (tant qu'elles n'entraînent pas de contact entre un liquide génital et une muqueuse) ne comportent pas non plus de risque de transmission du VIH.

    Et si j'ai du sperme, du liquide vaginal sur la peau ?

    femme vue de dos

    Autres IST et cas particuliers des hépatites A et C

  • Les IST sont nombreuses et de gravité variable. On peut citer : les gonococcies, les infections à chlamydiae, la syphilis, l'hépatite B, les infections à papillomavirus (condylomes), l'herpès, les mycoses, la LGV (lymphogranulomatose vénérienne)...
    L'hépatite A et l'hépatite C ne sont pas classées comme des IST, mais elles peuvent cependant être transmises à l'occasion de certaines pratiques sexuelles.


  • Les rapports oro-génitaux (pipes, cunnis) sont des pratiques à risque de transmission de la syphilis. La syphilis peut devenir une maladie grave si elle n'est pas traitée à temps.


  • Les condylomes (verrues ano-génitales ou "crêtes de coq", liées à une infection par le papillomavirus ou HPV) sont contaminants par simple contact et donc, a fortiori, lors des rapports sexuels. Certains condylomes peuvent présenter un risque de complications (cancers).
    Chez la femme, des lésions à papillomavirus (HPV) peuvent être décelées au niveau du vagin et du col de l'utérus par frottis vaginal. Elles sont toujours à surveiller, parfois à traiter.


  • L'anulingus (lécher l'anus) peut être à l'origine de contamination par l'hépatite A ; en 2008, des épidémies d'hépatite A ont été décrites chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH ou MSM en anglais) vivant à Paris.


  • Chez la femme, l'anulingus suivi d'un cunnilingus peut favoriser les infections urinaires (cystites) par transport des germes du tube digestif au niveau de la zone génitale. Les infections urinaires se manifestent par une envie fréquente d'uriner (avec peu d'urine à chaque fois), des douleurs parfois intenses dans le bas-ventre, une urine parfois un peu trouble. Ces infections se soignent généralement bien par antibiotiques.


  • L'hépatite B est une maladie grave (atteinte du foie) qui se transmet, comme le VIH, lors des rapports sexuels non protégés. Un vaccin efficace contre l'hépatite B existe. Ce vaccin est recommandé chez toutes les personnes ayant des rapports non protégés fréquents avec de multiples partenaires.


  • L'hépatite C (infection par le virus VHC) se transmet par les échanges de sang. Lors d'une pénétration vaginale ou anale non violente, suffisamment lubrifiée (naturellement ou non), sans présence de sang (par exemple sang des règles ou sang d'une blessure), protégée ou non par un préservatif, les risques de transmission du VHC sont très faibles. En revanche, en cas de pénétration non protégée avec une lubrification insuffisante et une muqueuse irritée, les risques sont significatifs. De même en cas de "fist" non protégé avec plus de deux partenaires. Récemment, des épidémies d'hépatites C ont été observées parmi les hommes fréquentant les lieux de rencontres sexuelles gays, à Paris.


  • femme vue de dosQue faut-il faire ?

    1. Utiliser des protections dès qu'un risque existe :

    le préservatif masculin

  • pour les pénétrations anales et vaginales,

  • pour les fellations,

  • pour les accessoires servant à la pénétration.

  • Le préservatif masculin, déjà lubrifié, s'utilise avec du gel à base d'eau en plus, pour améliorer la lubrification (surtout pour les pénétrations anales) et prévenir les ruptures. Il doit être mis au début de toute pénétration / fellation, et retiré dans tous les cas avant perte de l'érection en maintenant le préservatif à la base du sexe (sinon, il existe un risque que le préservatif reste dans le vagin / l'anus). Si le rapport est un peu long, alterne des pénétrations anales et vaginales, il faut changer de préservatif à chaque pénétration.
    Attention, en cas de partage de godemichets, il faut changer de préservatif pour chaque partenaire.

    Que faire en cas de rupture du préservatif ? Ou en cas de préservatif qui glisse ou reste dans le vagin ou dans l'anus du ou de la partenaire ?

    Le préservatif féminin pour les pénétrations vaginales. Déjà lubrifié, le préservatif féminin doit être mis dans le vagin au début de toute pénétration, et retiré à la fin de l'acte en tordant l'anneau extérieur sur lui-même pour éviter toute "fuite" de sperme.

    La digue dentaire, ou plus simplement le "carré de latex" découpé dans un préservatif, est utile pour les cunnilingus et les anulingus.


    2. Avoir un suivi médical adapté régulier, même quand "tout va bien" :

    Il est recommandé aux femmes et aux hommes trans de consulter régulièrement un gynécologue (une fois par an au minimum) et / ou un proctologue en cas de pénétrations anales.
    Il est recommandé aux hommes et aux femmes trans de consulter un urologue, un dermatologue et aussi un proctologue en cas de pénétrations anales.


    3. Pour tous, dès que des signes anormaux apparaissent au niveau de la zone ano-génitale, il est recommandé de consulter sans tarder.


    4. Penser à la vaccination lorsqu'elle existe permet d'éviter de sévères complications

  • Contre l'hépatite B (mêmes modes de transmission que le VIH) : cette vaccination est recommandée chez toutes les personnes ayant souvent des rapports non protégés avec plusieurs partenaires différents.

  • Contre l'hépatite A (transmission orofécale, c'est-à-dire par contact direct entre la bouche et l'anus ou par contact indirect - c'est-à-dire par la main qui serait en contact avec ces deux parties).

  • Il n'existe pas de vaccin contre l'hépatite C.


  • femme vue de dosSi vous êtes une personne trans

    Que vous soyez opérés ou non, femme trans ou homme trans, vous devez porter la plus grande attention à votre santé. Arcat a publié deux plaquettes d'information qui visent à favoriser la santé des personnes trans :

  • une plaquette destinée aux trans, en espagnol, ou en lecture facilitée à cette adresse,

  • une plaquette destinée aux soignants, en français (ou en lecture facilitée à cette adresse), pour souligner et rappeler l'attention particulière à porter aux personnes trans.


  • Si vous êtes atteint(e) par le VIH/sida

    Il est important de bien connaître :

  • les voies de transmission du VIH,

  • les facteurs susceptibles d'influencer le risque de transmission du VIH,

  • les méthodes de prévention,

  • les réflexes à avoir après une prise de risque, pour vous et pour votre (vos) partenaire(s).

  • Plusieurs choses sont importantes à savoir :

  • Il est important de connaître les bons réflexes lorsqu'on a pris un risque avec un partenaire séronégatif (exemple : pénétration vaginale ou anale non protégée). Même si chacun est censé se tenir informé pour sa propre santé, les personnes séropositives peuvent aussi jouer le rôle de relais de prévention en ayant une meilleure prise de conscience des risques associés au VIH. En cas d'exposition au VIH, il faut appeler immédiatement Sida Info Service (SIS) au 0 800 840 800. SIS peut vous aider à évaluer le risque et vous orienter vers les urgences les plus proches et les plus expérimentées.

  • Le risque d'être touché par d'autres IST que le VIH est plus élevé pour les personnes séropositives que pour les personnes séronégatives. Il est d'autant plus important pour elles de penser à prévenir les IST.

  • Lorsqu'on prend un traitement antirétroviral (ou traitement anti-VIH), il est important de le prendre conformément à la prescription du médecin, tous les jours, sans oubli. Ainsi, on favorise l'efficacité et la bonne tolérance du traitement. Or, un traitement efficace réduit le risque de transmission du VIH au(x) partenaire(s) ; c'est un cercle vertueux : vous améliorez votre santé tout en favorisant celle de votre partenaire.

  • De plus en plus, on oppose le traitement anti-VIH aux préservatifs : ainsi, selon certains, il serait possible de ne plus mettre de préservatifs si l'on prend un traitement anti-VIH. Plusieurs éléments TRES IMPORTANTS sont à préciser à ce sujet.



  • Quelques liens utiles

  • L'Union nationale des associations de lutte contre le sida (Unals), a co-organisé les assises de la prostitution en 2009, et s'implique pour le respect des droits et de la santé des travailleurs du sexe.

  • Droits et Prostitution, qui "oeuvre pour un réel accès aux droits pour les personnes prostituées".

  • Cabiria, qui "développe une action de santé communautaire sur les territoires de la prostitution lyonnaise".

  • Les amis du bus des femmes, qui a "pour objet de travailler avec et pour les personnes prostituées et de lutter contre la traite des êtres humains aux fins d'exploitation sexuelle".

  • Le Strass, qui défend les droits des travailleurs du sexe (prostitués, escort girls/boys, acteurs pornographiques, opérateurs de téléphone rose).

  • Et toujours, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : Sida Info Service.


  • Pour toute question relative à la santé et à l'accès aux soins des prostitué(e)s, escort(e)s et travailleurs(ses) du sexe : envoyer un mail à Esquixita,



    Les illustrations sont signées de Mathilde Bouvard. Elles sont reproduites ici avec son aimable autorisation. Nous demandons à tous nos lecteurs de respecter ses droits d'auteur.


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