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Que faire en cas de prise de risque par rapport au VIH ?

On est potentiellement exposé au risque de contamination par le VIH dans toutes les situations suivantes :

- rapport avec pénétration anale ou vaginale non protégé,
- fellation avec éjaculation non protégée,
- préservatif qui glisse pendant une pénétration,
- préservatif qui craque pendant le rapport,
- préservatif qui reste dans le vagin ou dans l'anus, avec du contact entre le sperme et les muqueuses, au cours ou à la fin d'un rapport.

Dans ce cas, les gestes à réaliser sont :

- vous dépêcher : dans votre intérêt, il faut avoir vu un médecin des urgences dans les 4 heures qui suivent le rapport à risque et au plus tard dans les 48 heures. Plus c'est tôt, plus c'est efficace, et mieux vous vous protégez,

- une toilette intime, avec eau et savon (n'utilisez rien qui puisse agresser vos muqueuses),

- s'il s'agit d'une fellation, ne vous lavez pas les dents immédiatement (risque d'agression des gencives et de saignement), faites vous simplement un bain de bouche avec un produit à base de chlorhexidine ou d'héxétidine par exemple (Hextril, Eludril, etc.),

- appeler Sida Info Service (0 800 840 800), pour discuter rapidement du risque éventuel, et obtenir les coordonnées des urgences les plus proches proposant une prise en charge adaptée,

- se rendre à ces urgences,

- se présenter à l'accueil et exposer, sans détail, le motif de sa venue : un accident d'exposition au VIH, avec la nécessité urgente de savoir si vous devez commencer un traitement,

- ne pas attendre dans la file d'attente : si un traitement (ce traitement est appelé "traitement post-exposition" ou TPE) est utile, il est recommandé de le prescrire dans les 4 heures suivant l'accident d'exposition. Il reste utile de prescrire le TPE jusqu'à 48 heures après le rapport (mais l'efficacité pourrait être moins bonne).

Normalement, voilà ce qui devrait ensuite se passer :

- Vous allez voir un médecin, à qui vous devrez donner des éléments pour préciser le risque d'exposition au VIH : de quand date le rapport, le statut par rapport au VIH de votre partenaire, le type de rapport (pénétration, fellation, etc.), la présence de sang pendant le rapport, des IST, etc.

- Informez-le également des traitements que vous suivez si vous prenez des médicaments, et de vos éventuels problèmes de santé.

- On vous proposera un test pour le VIH et certaines IST. Pour le VIH, le résultat obtenu ne reflétera pas votre statut actuel. Il donnera une information sur une éventuelle infection datant d'au moins 15 jours. Pourquoi ? Car les tests ne détectent pas une infection tout de suite : il faut attendre au moins 15 jours pour que les "indices" de la présence du VIH (dans le jargon médical, on parle des anticorps anti-VIH et de l'antigène p24) soient détectés dans le sang d'une personne contaminée. Chez certaines personnes, on ne les détecte qu'au bout d'un mois, voire d'un mois et demi. C'est donc pour cela qu'on vous conseille toujours de refaire un test 6 semaines après une prise de risque.

- Si le risque est considéré comme important, on vous donnera un traitement dit traitement d'urgence ou traitement post-exposition (TPE). Ce TPE est composé de plusieurs médicaments antirétroviraux ou anti-VIH. Ce sont les mêmes traitements que l'on donne aux personnes séropositives au VIH, mais cela ne signifie pas que vous êtes contaminé par le VIH. Selon les études, le TPE réduit le risque de transmission du VIH d'environ 80 %.

- On évaluera aussi peut-être votre risque vis-à-vis de l'hépatite B, si vous n'êtes pas vacciné contre cette maladie. Si le risque est réel, on pourra vous proposer des injections de vaccins ou d'immunoglobulines actives contre l'hépatite B.

- Il est possible que l'hôpital ne vous donne que l'équivalent en comprimés de 3 jours de TPE, et que l'on vous demande de revenir pour une seconde consultation. Cette consultation se fait avec un médecin expérimenté, qui pourra réévaluer avec vous, et avec un peu moins de stress et plus de recul, le bien-fondé du TPE. Il faudra aussi lui poser toutes les questions que vous souhaitez. Et lui parler d'éventuels effets indésirables.

- Si le TPE est poursuivi, on vous donnera une prescription pour un mois au total. Eventuellement, on pourra aussi vous prescrire des médicaments contre les effets indésirables.

- Un nouveau test de dépistage pour le VIH vous sera reproposé au bout d'1 mois après la fin du TPE, puis au bout de 2 à 3 mois. C'est un délai de sécurité pour être vraiment sûr d'éviter de passer à côté d'une infection préalablement non détectée.

- Attention, le TPE ne protège pas contre un nouveau risque de contamination. En clair, pendant le TPE, vous devez toujours utiliser des préservatifs pour les pénétrations et pour les fellations.

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