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Un traitement efficace contre le VIH permet-il aux personnes séropositives de ne plus utiliser de préservatif ?

De plus en plus, on oppose le traitement anti-VIH aux préservatifs : ainsi, selon certains, il serait possible de ne plus mettre de préservatifs si l'on prend un traitement anti-VIH. Plusieurs éléments TRES IMPORTANTS sont à préciser à ce sujet.

- Le facteur qui influence le risque de transmission du VIH n'est pas la prise ou pas d'un traitement anti-VIH, mais la prise ou pas d'un traitement très efficace qui permet de réduire la quantité de virus dans le sang (= charge virale) à un niveau indétectable (= charge virale indétectable = charge virale inférieure à 20 ou 50 copies/mL). Souvent, cela suppose de prendre un traitement anti-VIH stable depuis plusieurs mois, avec des prises de sang et des visites chez le médecin très régulières.

- Même si le traitement est efficace, le doute subsiste quant à la possible transmission du VIH lors de rapports sexuels non protégés par un préservatif. En effet, actuellement, on ne mesure que la quantité de VIH dans le sang par prise de sang. On ne mesure pas la quantité de VIH dans le sperme, ni dans le liquide préséminal (liquide qui sort du pénis avant éjaculation), ni dans le liquide génital chez la femme (sauf dans le cas de recherches très spécifiques). Or, c'est bien cette quantité qui est déterminante pour le risque de transmission lors d'un rapport non protégé.

- Les chercheurs ont montré que, dans une majorité des cas, une charge virale indétectable dans le sang s'accompagne d'une charge virale indétectable dans les liquides génitaux. Mais cela n'est pas toujours vrai. Ainsi, certaines études ont montré jusqu'à 15 % de divergences, ce qui signifie que, sur un groupe de 100 personnes, 15 d'entre elles présentaient une charge virale indétectable dans le sang, mais détectable au niveau génital. Différents facteurs peuvent augmenter la quantité de virus au niveau de la zone génitale, comme le type de traitement pris, ou encore le fait d'avoir d'autres IST non soignées.

- Enfin, prendre un traitement anti-VIH ne permet pas de prévenir la transmission des autres IST, qui peuvent être de vrais problèmes, avec de lourdes conséquences en cas de mauvaise prise en charge (récidives fréquentes, baisse de la fertilité, terrain favorable au développement de lésions précancéreuses, etc.) même si elles paraissent moins graves que le VIH. Pour les hommes comme pour les femmes, la prévention reste indispensable et passe par des moyens tels que les préservatifs et la consultation régulière d'un médecin.

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