Direction générale de la Santé
Le nouveau plan de lutte contre le VIH/sida
La direction générale de la Santé (DGS) rend public (1) le « Programme 2005-2008 de lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles ». Ce nouveau plan porte plus d'attention à la communauté homosexuelle et aux migrants, et élargit son volet social.
Le premier plan 2001-2004 de la direction générale de la Santé (DGS) axait les efforts sur la surveillance épidémiologique (mise en place de la déclaration obligatoire des cas de séropositivité) et les outils de prévention et de communication. Face aux nouvelles réalités épidémiologiques, notamment l'augmentation des contaminations chez les homosexuels et les migrants, le nouveau programme se veut attentif à ces deux groupes. Il souhaite « redéfinir les stratégies et les méthodologies d'intervention en prévention en intégrant les infections sexuellement transmissibles (IST) ; […] renforcer l'incitation au dépistage […] pour permettre l'accès à une prise en charge thérapeutique précoce et donc plus efficace ». Il appuie également sur les actions à mener envers les personnes vivant avec le VIH et déclare vouloir « harmoniser l'organisation de la prise en charge thérapeutique en particulier hospitalière ; prendre en compte les effets secondaires à long terme des traitements antirétroviraux et les coïnfections par les virus des hépatites ; améliorer la qualité de vie par une approche globale intégrant la lutte contre les discriminations et l'aide à la vie quotidienne ».
Un pré-projet avait été envoyé aux associations, invitées à faire part de leurs remarques à la DGS. Diverses inquiétudes s'étaient exprimées, notamment sur la reconduction du budget 2003 face à une réalité qui exige de plus en plus de moyens. Alors que le constat sur le terrain révèle une précarisation croissante des personnes touchées par le VIH, Arcat (Association de recherche, de communication et d'action pour l'accès aux traitements) juge « difficile de proposer une prise en charge efficace au sein d'un environnement budgétaire à moyens constants ».
La place des prostituées
Les associations s'interrogeaient également sur le peu de place accordée, dans le pré-projet, aux personnes prostituées, pourtant fragilisées face au VIH et autres infections sexuellement transmissibles (IST) par la répression dont elles font l'objet depuis l'entrée en vigueur de la loi interdisant le racolage passif. Dans sa version finale, la DGS a étoffé ce chapitre en promettant qu'un « volet sanitaire sera[it] développé, courant 2005, par un partenariat entre le service des droits des femmes et de l'égalité et la direction générale de la Santé ».
Par ailleurs, « un programme ciblé de réduction des risques de violences subies par les personnes prostituées » devrait être proposé dans le courant de l'année. Une attention particulière est portée sur la situation des transgenres. Le programme prévoit la réalisation d'une étude sur le VIH et les IST dans cette population. Aucune donnée statistique ne permet, aujourd'hui, de connaître la situation épidémiologique alors que des enquêtes à l'étranger montrent une très importante prévalence du VIH dans ce groupe. Le programme planifie le développement d'« actions spécifiques en s'appuyant sur les relais communautaires en direction des transgenres et notamment des prostitués ».
Plus de social
Enfin, le quatrième volet (2), qui traite de la solidarité et de la lutte contre les discriminations, a été considérablement remanié par rapport au pré-projet. L'appui aux actions de proximité des associations, tant sur le plan de l'accès aux droits sociaux que de l'accompagnement psychologique, y est souligné. Les axes stratégiques du plan en ce domaine visent à « assurer une couverture médicale optimale dès l'annonce de la séropositivité » – notamment concernant les personnes étrangères – et « faciliter l'accès rapide à l'ensemble des droits sociaux ». Enfin, « garantir à toute personne atteinte l'accès à un hébergement adapté et si besoin à une aide à la vie quotidienne » et « favoriser le maintien dans l'emploi et l'insertion professionnelle » sont les autres versants de ce volet. Espérons que les 38,77 millions d'euros alloués à ce plan permettent la concrétisation de ces promesses.
Marianne Langlet
(2) Le plan compte quatre volets : prévention, dépistage, suivi et prise en charge thérapeutique, solidarité et lutte contre les discriminations.

