Edito
Une seule certitude : s'il n'est pas facile d'être ado tout court, être ado et séropositif l'est encore moins. Il n'est pas rare que les adolescents séropositifs réagissent à cette difficulté en se mettant en danger, par la non-observance ou les rapports sexuels non protégés. Parfois, par peur que leur séropositivité soit découverte, parfois parce que c'est le seul moyen qu'ils trouvent pour définir leur espace de liberté et s'affranchir des normes, comme on en a besoin à cet âge. Pour d'autres, ces conduites à risques relèvent de tendances mortifères qui nécessitent la plus grande attention de la part des équipes médicales.
Il existe malheureusement trop peu d'initiatives pour aider ces adolescents à briser leur solitude et à grandir moins douloureusement. Tague le mouton est l'unique structure en France à leur être entièrement dédiée. Loisirs, accompagnement social et éducatif, médiation familiale, soutien psychologique : les adolescents trouvent là un lieu de confiance, où ils peuvent parler de ce qui les préoccupe et échanger avec d'autres jeunes dans la même situation qu'eux. Dans ce même esprit de rencontre, quelques groupes de parole pour adolescents séropositifs ont aussi vu le jour. Une évaluation scientifique de l'intérêt d'un de ces groupes, mis en place à l'hôpital Necker, montre que les adolescents, qui y ont participé, ont acquis une plus grande estime d'eux-mêmes et observent mieux leur traitement. Souhaitons que ces expériences, qui libèrent la parole de ces jeunes trop souvent emmurés dans le silence, puissent se multiplier.
Le JDs

