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Cet article est paru dans le Journal du sida n°192 (n°192 - Janvier 2007)

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Mieux vaut tard que jamais

Mais tout de même. L'hépatite C est connue depuis plus de 15 ans. Ses modes de transmission aussi. Il est depuis longtemps évident que les usagers de drogue par voie intraveineuse sont particulièrement vulnérables. Les résultats effrayants de la dernière enquête Coquelicot viennent de nous renvoyer une fois encore cette réalité en pleine figure. Les usagers de drogue par voie intraveineuse seraient plus de la moitié à être contaminés par le VHC. Malgré ce constat attendu, la prise de conscience n'est que très récente dans les structures de soins. Les premiers morts de cirrhose dans les centres spécialisés de soins pour les toxicomanes (CSST) ont sonné l'alarme. Il fallait désormais faire vite. Les premières expériences de traitement de l'hépatite chez les usagers de drogue ont démontré que le soin était possible. Une évidence ? Pas pour tout le monde. Les hépatologues ont mis longtemps (trop ?) pour accepter des usagers de drogue dans leur file de patients. Ils exigeaient une abstinence complète de consommation, craignaient une mauvaise observance et l'échec de traitements coûteux, rejetaient tous ceux qui n'entraient pas dans le rang. Depuis, ils ont fait des progrès. Mais les usagers se sont parfois heurtés à un premier rejet. Ils ont alors du mal à remettre les pieds à l'hôpital. Pourtant, les techniques modernes non invasives pour analyser l'état du foie ont permis d'éliminer l'une de leurs plus grandes peurs : la biopsie. Ces méthodes ont également facilité la sortie des soins du cadre de l'hôpital. Des expériences diverses sont en cours : présence d'un hépatologue au sein des CSST, mini-réseau informel autour d'un médecin-traitant, traitement dans le cadre des communautés thérapeutiques… L'expérience des micro-structures – divers professionnels dans le cabinet du médecin-traitant autour d'un même patient – est riche d'enseignements quant aux multiples formes possibles de prise en charge. Ces expériences démontrent toutes que lorsqu'un patient, usager de drogue, reçoit un accompagnement de qualité dans la durée – avant, pendant et après le traitement – les effets secondaires, notamment les décompensations psychiatriques si redoutées, sont moins présentes. Ces résultats devraient encourager les professionnels. Pourtant, il reste toujours aujourd'hui des pans entiers de territoire où rien n'existe, des CSST qui ne proposent pas de dépistage VHC, des personnes qui arrivent au stade de la cirrhose sans jamais s'être vu proposer un traitement alors que leur statut sérologique était connu…

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