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Cet article est paru dans le Journal du sida n°194 (n°194 - Mars 2007)

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Pas facile

Ecouter les personnes séropositives. Entendre ceux pour qui les associations fonctionnent. Faire une place à la critique. Accepter de se remettre en question. Pas facile. Surtout lorsque les structures fonctionnent sur d'imposants dispositifs et que le système semble bien rodé. Pourtant, aux yeux des personnes directement concernées par le VIH, ce questionnement est non seulement essentiel, mais également vital pour l'avenir des associations.

Pour beaucoup de ses bénéficiaires, l'association est un lieu de réconfort à un moment ou un autre de leur parcours. Au choc de l'annonce de la séropositivité, ils ont trouvé dans les associations le seul refuge où la possibilité de dire sa pathologie permettait de déposer pour un moment leur fardeau. Certains ont pu exprimer, dans des groupes de paroles, leurs doutes, leurs questions, leurs peurs. D'autres encore se souviennent de la convivialité des premiers temps associatifs, une convivialité regrettée… Car selon l'avis des uns, la convivialité a été sacrifiée au nom du professionnalisme, voire d'une bureaucratisation outrancière des associations. Aux yeux des autres, cette professionnalisation est pourtant nécessaire – et d'ailleurs exigée par les financeurs. Depuis l'arrivée des traitements, l'épidémie a changé de visage. Il ne s'agit plus d'accompagner des personnes en fin de vie, mais de faire face aux demandes de soutien social, à la volonté de retour dans le monde du travail, au désir d'accompagnement psychologique, aux questions médicales sur les traitements. Mais beaucoup regrettent que cette professionnalisation voile le simple contact humain et chaleureux attendu du monde associatif.

Ce regret devient amertume lorsque, face à des demandes, des situations particulières, les associations semblent fermer leurs portes. La question est souvent posée : faut-il être ici africain, là homosexuel, là-bas encore usager de drogue pour avoir droit à une aide ? Faut-il entrer dans les cases budgétées pour obtenir l'appui du monde associatif ? Une question qui s'inscrit dans la nouvelle réalité associative. L'association se doit, de plus en plus, de répondre à des appels d'offre spécifiques si elle veut survivre financièrement. Prestataires de services, les associations ? Face à la précarité grandissante d'une partie de la population concernée par le VIH et en l'absence de réponses publiques pour des personnes sans-papiers, l'association de lutte contre le sida semble avoir effectivement rejoint un modèle classique d'aide à la personne. Le temps où les associations révolutionnaient notre rapport à la maladie est-il révolu ?

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