Accueil > Nos publications > Le Journal du sida > Article

Paru dans...

Couverture du JDs

Cet article est paru dans le Journal du sida n°195 (n°195 - Avril 2007)

Abonnez-vous en ligne

 

A l'approche des présidentielles

Le VIH/sida est politique. Politique bien sûr par son ampleur, par l'insoutenable fossé entre les conditions d'accès aux soins au Nord et au Sud. Politique par les réponses internationales qu'il exige. Politique aussi, parce qu'il questionne inlassablement la représentation que les sociétés se font d'elles-mêmes et de leur rapport à l'autre – l'autre étranger, les sexualités autres, les situations de marginalité. Politique encore, en ce que son histoire a réveillé le citoyen dans le malade et porté la voix et les revendications des patients dans le champ public. Le sida est politique et ce que les politiques disent du sida résonne toujours bien au-delà du champ de la pathologie. A condition, toutefois, qu'ils en disent quelque chose. « Sida : où sont les candidatEs ? », demandait ainsi Act up à l'occasion du 1er décembre dernier. Faire parler les politiques du VIH/sida, leur extirper des engagements pour les leur rappeler au moment voulu, profiter de l'ambiance de surenchère qui prévaut en période électorale : telle est la tâche que certaines associations de lutte contre le sida se sont assignées, comme tant d'autres représentants de la société civile. Le Journal du sida aussi s'est prêté à ce jeu d'importance. Sept candidats ont répondu à dix questions allant de la politique française de lutte contre le sida à la politique internationale, de la réduction des risques en prison à la loi de sécurité intérieure, de l'accès aux soins des étrangers au logement des personnes malades. Il en ressort d'abord et avant tout des sensibilités. Quelques engagements aussi et beaucoup de professions de foi. Ici des réponses tranchées, là des points de vue qu'il faut savoir lire entre les lignes, dans les lapsus et les digressions. Certaines associations ont choisi des modes d'interpellation différents, mais complémentaires. Aides, par exemple, a demandé aux candidats s'ils souscrivaient à ses six blocs de revendications. Act up a d'abord harcelé les candidats à coups de zaps et de communiqués de presse sur leur inaction en matière de sida, dans l'espoir de provoquer une rencontre. Peu importe d'ailleurs la forme de l'interpellation, pourvu qu'elle interpelle, qu'elle fasse entendre les questionnements relatifs au VIH/sida, dans la cacophonie des intérêts privés. Pourvu donc que le VIH/sida soit présent dans la campagne, même modestement. Les associations ne sont pas dupes : le sida n'est plus à la mode en politique. Mais s'adresser aux candidats et à leurs équipes, c'est les resensibiliser à la question, les obliger à réfléchir à leur positionnement sur le VIH/sida et sur ses thématiques associées et leur signaler les partenaires auxquels ils auront affaire une fois élus… Dans l'espoir d'un futur dialogue.

© Arcat 2001-2008 - Mentions légales - Site réalisé par Presscode - Contact :