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Cet article est paru dans le Journal du sida n°202 (n°202 - Janvier 2008)

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Actualité:

Des baisses «encourageantes»

L'Institut de veille sanitaire enregistre une diminution du nombre de séropositivités découvertes en 2006. Les rapports hétérosexuels sont les premiers concernés.

La prévention marquerait-elle des points contre le VIH ? Les dernières données rassemblées par l'Institut de veille sanitaire (InVS) suggèrent en tout cas une « tendance encourageante », comme le jauge l'épidémiologiste Florence Lot. Après un tout premier fléchissement en 2005, le nombre de séropositivités découvertes a continué de diminuer en 2006. Environ 6 300 personnes ont été dépistées positives ; elles avaient été près de 6 700 en 2005.

Cette baisse est particulièrement marquée pour les femmes d'origine étrangère contaminées lors de rapports hétérosexuels. De fait, depuis 2003, les découvertes de séropositivité s'amenuisent dans cette population. Mais en 2006, ce sont désormais toutes les personnes touchées par voie hétérosexuelle qui deviennent moins nombreuses. En outre, le nombre de dépistages positifs se stabilise chez les homosexuels, alors qu'il ne cessait d'augmenter ces dernières années.

Globalement, les rapports hétérosexuels expliquent en 2006 47,8 % des découvertes de séropositivité (contre 51,2 % en 2005), les rapports homosexuels 29 % (contre 26,7 % en 2005), et l'usage de drogue par voie intraveineuse 1,8 %.

Le mode de contamination reste inconnu dans plus de 20 % des cas. Par ailleurs, près de la moitié de ces quelque 6 300 séropositivités ont été découvertes en Ile-de-France. En revanche, par million d'habitants, la Guyane, et dans une moindre mesure la Guadeloupe, demeurent de loin les plus touchées. Une autre évolution « encourageante » est remarquée par l'InVS : la séropositivité tend à être découverte à un stade plus précoce de l'infection. En 2003, près de 20 % des diagnostics étaient faits sur des personnes déjà atteintes par le sida ; cette proportion tombe à 14 % en 2006.

A l'inverse, les dépistages positifs au moment de la primo-infection ou au stade asymptomatique voient leur part augmenter.

Enfin, l'Institut estime que la diminution du nombre de cas de sida déclarés, qui s'était accélérée à partir de 2003, s'accentue encore en 2006, avec près de 1 200 personnes recensées. L'InVS observe toutefois que le nombre de nouveaux cas demeure relativement stable pour les personnes déjà dépistées positives, mais qui ne sont toujours pas traitées au moment du diagnostic. L'importance d'une prise en charge précoce peut donc encore être rappelée à tous ceux qui se savent séropositifs…

Malheureusement, l'InVS enregistre une autre diminution en 2006 : le nombre de dépistages lui-même a décru de 5 %, pour avoisiner les 5 millions. Les tests avaient été particulièrement nombreux en 2005, alors que le sida était « grande cause nationale ». Toutefois, en 2006, le volume français demeure élevé à l'échelle européenne, et il reste au même niveau qu'en 2004.

« Dans le bon sens »

La présentation de ces « actualités épidémiologiques » aux acteurs de la lutte contre le sida, réunis le 19 novembre à Paris, a naturellement fait débat.

Comment interpréter cette diminution du nombre des découvertes de séropositivités en 2006 ? Les flux migratoires de l'année pourraient-ils avoir biaisé ces résultats ? Les motivations du recours au dépistage peuvent-elles avoir évolué ?

Le directeur de l'InVS, Gilles Brücker, ose pour sa part une satisfaction prudente : « Le dépistage reste fort, et à niveau constant il y a une diminution de nombre de séropositivités. Nous avions la même tendance l'an dernier, pour la première fois. On était alors extrêmement prudents. La diminution continue en 2006 : nous nous permettons de dire que ça va dans le bon sens. »

Peut-on donc rêver que la prévention du VIH/sida entraîne un début de réduction des contaminations en France ? Si cela pouvait être confirmé, une conclusion ferait sans doute

consensus : la mobilisation doit redoubler, d'urgence.

Olivier Bonnin

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