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Cet article est paru dans le Journal du sida n°205 (n°205 - Mai 2008)

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TERRAIN: Nouvelle initiative associative sur le Web

Un nouveau site de prévention pour les gays sur Internet? Le Crips propose depuis le début de l'année BE gay (www.be-gay.fr), consacré à la santé et au bien-être des gays, avec le soutien de l'Inpes. C'est une bonne nouvelle pour les différents acteurs de la prévention, qui estiment que l'Internet reste un territoire à investir et que la profusion ne nuit pas, bien au contraire...

L 'Inpes semblait avoir pris de l'avance sur les associations dans la compréhension du média Internet comme outil d'individualisation des messages [cf. JDS n° 195 et 195]. Et avait initié un travail pertinent sur le Net, avec un ciblage fin s'opposant aux campagnes d'affichage toujours trop généralistes. Mais l'Institut a toujours eu vocation à encourager les associations à mener de telles expériences. C'est ainsi que le Crips a remporté un appel d'offres à l'origine de BE gay.

Décliné comme un magazine sur le Web, le site fournira du contenu thématique chaque mois : ainsi, le premier « numéro » évoque-t-il l'acceptation de son orientation sexuelle, le second traite des « maladies d'amour » ou IST, tandis que les violences au sein du couple sont annoncées pour novembre. « Nous avons constaté avec notre site d'information à destination des lesbiennes “L” (www.lecrips.net/L) que ce rythme de parution fonctionnait très bien », explique Kamel Brik, en charge de BE gay au Crips. S'il va falloir patienter pour obtenir des réponses à certaines de ses questions, « il est toujours possible de trouver d'autres informations sur le site en fonction des thèmes : agenda, revue de presse, “BE gay vous signale”. Et les sondages sont un bon moyen pour les internautes de prendre conscience d'un problème. Notre but avec BE gay est de donner de l'information, mais aussi des éléments pour une réflexion personnelle sur son “Bien Etre”. »

Ces sondages constituent autant un moyen d'évaluer le site : « Non seulement le site sera évalué statistiquement, mais également à l'aide des sondages en ligne et d'un questionnaire de satisfaction élaboré en collaboration avec France Lert, chercheuse à l'Inserm, soumis aux abonnés à notre liste de diffusion », souligne Kamel Brik. Outre un contenu un peu pédagogique, le site propose de nombreux liens pour prolonger la réflexion sur le Web (« Webographie »), des bibliographies, un répertoire des associations agissant au niveau national, une revue de presse, un agenda de manifestations sida. A l'heure du Web 2.0, quelques pincées d'interactivité s'affichent : possibilité de commenter les articles, flux RSS, jeu XY? XY créé et édité par le Crips décliné en Flash. Bientôt, des brochures téléchargeables, parallèlement diffusées via les associations et certains établissements gays.

La spécificité du site repose, selon Kamel Brik sur l'originalité des thèmes: « Il est difficile aujourd'hui de trouver de l'information, sur les sites francophones, au sujet de la violence dans le couple gay, il y a peu d'info pour les personnes séropositives, alors que c'est un de nos enjeux d'inclure les séropositifs. Les lecteurs peuvent donner leur avis sur un article publié, bref! Des choses nouvelles et qui ne sont pas faciles à trouver». Certes, mais le tout laisse une impression d'inachevé : non seulement le numéro du mois de février n'était pas mis en ligne mi-mars, et le site semble peiner à trouver son public. Un seul commentaire en ligne, quatre réponses au sondage sur les IST… Une nouvelle cause de déception ? « On ne peut pas désespérer d'Internet aujourd'hui, c'est important que les associations y soient, défend Didier Lestrade, journaliste et activiste gay. Il faut que les gens y puisent de l'information, c'est sûrement plus payant que de faire des brochures. Le problème, c'est la pérennité du projet, ces initiatives sont supposées ne durer qu'un temps... » C'est en effet une difficulté : pour la survie des sites, des ressources humaines et des budgets doivent y être durablement affectés, pour que l'interactivité ne soit pas un vain mot et qu'une nouvelle prévention s'invente.

Christelle Destombes

(1) De nombreux projets ont été initiés sur le Net par l'Inpes : nous-tous.com, havefun.fr, protegetoi.org, tienstoipret.fr, un site de conseil individualisé, prendsmoi-mag.fr, un magazine où chaque internaute peut réagir et contribuer au contenu… Ils semblent aujourd'hui en déshérence.

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