Atripla® : tout ce qui brille n'est pas de l'or
19 MAI 2009
Atripla® est un nouveau médicament qui comprend, dans un même comprimé, une association de trois molécules anti-VIH : le ténofovir, l'emtricitabine et l'efavirenz. En cela, Atripla® est donc une "nouvelle trithérapie à un comprimé par jour". Si l'arrivée de ce médicament contribue à la simplification des traitements de l'infection par le VIH, Atripla® ne constitue pas non plus une panacée...
En effet, d'une part, ce médicament s'adresse à des personnes déjà stabilisées sous un traitement antérieur efficace : il ne convient donc pas pour un premier traitement. Cela est notamment lié au fait qu'Atripla® comprend du ténofovir, à prendre avec un repas ou une collation, et de l'efavirenz, à prendre à jeûn au coucher. Les conditions idéales de prise de chaque composant d'Atripla® sont donc contradictoires ; ainsi, les autorités ont choisi la prudence en réservant Atripla® à des patients dont l'infection est déjà contrôlée.
D'autre part, ce médicament présente les mêmes risques d'effets indésirables que ces composants pris isolément. En particulier, l'efavirenz (commercialisé sous le nom Sustiva®) peut notamment entraîner des troubles de l'humeur - plus ou prononcés selon les personnes -, des idées noires et des cauchemars, ainsi que de la confusion. Ce médicament est d'ailleurs à éviter chez les personnes présentant une fragilité psychologique, ou des antécédents de troubles dépressifs.
Quant au ténofovir, qu'il se présente sous la forme Viread®, Truvada® ou Atripla®, il nécessite notamment une surveillance rénale régulière tout au long du traitement.
A noter qu'Atripla® ne permet pas d'ajustement individualisé des doses de ses différents composants ; ce qui peut malheureusement s'avérer indispensable, notamment pour certaines personnes présentant une atteinte rénale.
Auteur : Corinne Taéron.
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