La transsexualité rayée des affections psychiatriques
02 JUIN 2009
Le ministère de la Santé a annoncé le 16 mai, à la veille de la journée mondiale contre l'homophobie (17 mai, dont le thème était la lutte contre la transphobie), que la transsexualité ne sera plus considérée comme une affection psychiatrique en France. Les associations de lutte contre l'homophobie ont déclaré cette décision « historique ». La France est le premier pays à prendre cette décision. Jusqu'à présent, les transsexuels pouvaient bénéficier d'une exonération du ticket modérateur pour les soins et traitements au titre d'une affection de longue durée classifiée ALD23 pour « troubles récurrents ou persistants ».
Trois associations de lutte contre l'homophobie et pour le respect des transsexuels, InterTrans, ORTrans et Ravad demandent au gouvernement d'aller plus loin car elles estiment que l'annonce de Madame Bachelot « ne doit pas se limiter au champ médical. En effet, une grande partie des personnes transsexuelles, lors de leur demande de rectification d'état civil, se voient exigées par le juge de subir (tant physiquement que financièrement) des expertises médicales et psychiatriques inutiles et qui ajoutent une lourde pénalité à un parcours déjà difficile ». Elles demandent à la Garde des Sceaux, Rachida Dati, « par circulaire, de ne plus requérir ces expertises humiliantes ».
Le Syndicat du travail sexuel (Strass) va plus loin, ne se satisfait pas des déclarations de la Ministre, craint « un effet d'annonce » et que l'Etat « rende encore plus difficile l'accès aux traitements ». Selon le Strass, le décret ne fait que passer de la catégorie « troubles graves de la personnalité » à la catégorie « trouble de l'identité de genre », appellation qu'il rejette également, ainsi que tout classement pathologisant. « Les trans ne sont malades de rien du tout. Leurs souffrances sont exclusivement le produit de la transphobie de l'Etat français et de la société qui les entoure. »
Source (L'Express)
Communiqué et revendications du Strass.
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