Prostitution : la violence est ailleurs
15 DECEMBRE 2009
A l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleur-se-s du sexe/ prostitué-e-s, le collectif Droits et Prostitution et l'UNALS font paraître les Actes des Assises Européennes de la Prostitution 2009 et réaffirment leurs revendications en faveur des droits des travailleur-se-s du sexe.
Nombreux sont ceux qui disent que la prostitution est une violence faite aux corps. Cette violence est-elle bien réelle ? Non, quand la prostitution est choisie, elle n'est pas source de violence. Oui, ce sont les lois qui réduisent les prostitué-e-s à de simples délinquant-e-s et les mettent en danger.
Dernière en date, la loi sur la sécurité intérieure contraint les travailleur-se-s du sexe à :
- Devoir se cacher pour exercer la prostitution par peur d'être embarqué-e-s par la police, et donc être davantage sujet-te-s aux agressions.
- Devoir se cacher quand on est une personne migrante qui exerce la prostitution, de peur de se faire expulser dans son pays d'origine.
- Etre montré-e du doigt par la police quand on est transgenre, et une fois en garde à vue, mis-e dans une cellule avec des hommes.
- Devoir accepter, parce qu'on est en situation de précarité, un client sans préservatif et donc se retrouver en situation de risque sanitaire face au VIH et aux IST.
- Ne pas avoir accès à une couverture sociale.
- Hésiter à prendre des préservatifs de peur qu'ils soient confisqués par les forces de l'ordre, ou par peur qu'ils soient utilisés comme preuve de prostitution.
- Se faire agresser, tabasser, violer et voir sa demande de dépôt de plainte refusée.
- Entendre le Ministère de l'Intérieur dire et affirmer que les prostitué-e-s sont des délinquant-e-s.
- Etre confronté-e-s au manque de moyens et de volonté du Ministère de la Santé quant à l'urgence de la situation sanitaire des prostitué-e-s.
Oui, la violence est bien ici.
Nous, prostitué-e-s, associations de santé communautaire, associations de lutte contre le VIH/sida, continuerons à nous battre contre ces violences faites aux prostitué-e-s et à dénoncer les dérives sécuritaires préjudiciables à l'intégrité des prostitué-e-s.
Pour ces raisons, nous exigeons :
que l'article 225-10-1 pénalisant le racolage passif soit abrogé
que les lois concernant le proxénétisme soient modifiées pour punir uniquement le proxénétisme de contrainte
que les droits sociaux soient reconnus aux prostitué-e-s
qu'une meilleure défense des personnes victimes de proxénétisme soit mise en place
que les prostitué-e-s puissent exercer leur activité sans craindre la répression des forces de l'ordre
que les prostitué-e-s ne figurent plus dans la catégorie «fléaux sociaux» de l'ordonnance de 1960.
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