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Cerveau et régulation du cholestérol

08 JUILLET 2010

Il était connu que la ghréline, l'hormone gastrique stimulant l'appétit, inhibe le récepteur mélanocortine 4 (MC4R) dans l'hypothalamus afin d'augmenter la prise alimentaire et l'adiposité. À côté de cette fonction, la ghréline influence de nombreuses voies neuroendocriniennes, métaboliques et extraendocriniennes, notamment au sein du système cardiovasculaire.
L'équipe du Dr Matthias Tschöp a constaté que l'administration de ghréline à des souris pendant une semaine, non seulement augmente leur prise alimentaire et leur masse adipeuse, mais augmente aussi leur taux de cholestérol plasmatique.
Les chercheurs ont alors découvert que le blocage du récepteur mélanocortine 4 (MC4R) dans l'hypothalamus (par mécanisme pharmacologique, délétion génétique ou mécanisme endocrinien) augmente le cholestérol-HDL en réduisant sa captation par le foie, indépendamment de la prise alimentaire ou du poids corporel.
Les chercheurs ont découvert que le système mélanocortine hypothalamique, et son seul inhibiteur circulant connu qu'est la ghréline, régulent les taux plasmatiques de cholestérol-HDL, à travers une modulation vagale des voies hépatiques contrôlant la synthèse et la recapture du cholestérol. Inversement, l'hormone intestinale de la satiété, le glucagon-like peptide 1 (GLP-1), qui active le système mélanocortine cérébral et s'oppose aux actions de la ghréline, diminue les taux sanguins du cholestérol.
Ces résultats suggèrent donc que les mêmes circuits cérébraux qui favorisent la prise alimentaire et facilitent le stockage d'énergie, contrôlent également le métabolisme du cholestérol, en favorisant la synthèse hépatique du cholestérol et en diminuant la recapture hépatique du cholestérol.
Donc, un axe digestif-cérébral, incluant la ghréline, le glucagon-like peptide1 (GLP-1) et le système mélanocortine cérébral, régule directement la synthèse et la recapture hépatique du cholestérol.
Si les futures études montrent qu'il en va de même chez l'homme, cela pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour contrôler l'hypercholestérolémie.

« Nature Neuroscience », 6 juin 2010, Perez-Tilve et coll., DOI 10.1038/nn.2569.
Source : Quotimed, le 08/06/2010

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