Nouvelle piste de vaccin contre le VIH : le muscle devient une usine à anticorps
10 JANVIER 2012
Des chercheurs américains proposent une nouvelle stratégie pour avancer sur la voie d'un vaccin contre le VIH. Ils ont utilisé un adénovirus génétiquement modifié pour améliorer la production d'anticorps par le muscle.
Des chercheurs américains proposent une stratégie d'immunoprophylaxie utilisant une méthode de thérapie génique pour avancer sur la voie d'un vaccin contre le VIH. Une seule injection a permis de protéger des souris contre le VIH. L'équipe espère pouvoir transposer cette approche chez les humains. Un certain nombre d'anticorps neutralisants contre le VIH ont été identifiés, mais jusqu'ici, personne n'est parvenu à les faire produire efficacement en développant les vaccins conventionnels.
L'équipe de l'Institut de Technologie de Californie (Los Angeles), dirigée par David Baltimore, présente une approche alternative. Le procédé, appelé « VIP » (pour « vectored immunoprophylaxis ») fait induire une production prolongée d'anticorps neutralisants contre le VIH chez l'hôte. David Baltimore et son équipe ont utilisé un adénovirus génétiquement modifié, l'AAV (Adeno-Associated Virus), complémenté par des éléments capsidiques pour améliorer la production d'anticorps (vecteurs dits AAVsc pour self-complementary). Ils ont réalisé une étude chez la souris humanisée, en utilisant le vecteur viral administré dans un muscle. Cette immunoprophylaxie fait appel au système immunitaire de façon différente d'un vaccin habituel. Le virus AAVsc transfecte les gènes dans le muscle, lieu où les anticorps protecteurs sont élaborés. Ils diffusent par la suite dans l'organisme. Les auteurs montrent que cette souris humanisée, qui a reçu une injection unique du VIP en intramusculaire, semble complètement protégée contre l'infection par le VIH, y compris lorsque de fortes charges du virus sont administrées. Étant donné le haut niveau de protection observé, ces résultats, publiés dans " Nature ", laissent envisager la possibilité que cette approche puisse aboutir à un traitement préventif efficace chez les humains. A suivre…
« Nature », 1er décembre 2011 ; doi: 10.1038/nature10660
Source : le quotidien du médecin
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