Hémophilie, pas de nouvelle contamination VHC-VIH depuis la « sécurisation virale »
10 OCTOBRE 2006
Aucune nouvelle contamination par le VHC ou le VIH n'a été enregistrée chez les patients hémophiles depuis la mise en place des nouvelles règles en matière de transfusion sanguine, selon les résultats de la première analyse descriptive d'une cohorte française. Le dispositif de sécurisation virale date de 1985 pour le VIH et de 1987 pour le VHC. Cette cohorte, dénommée Réseau FranceCoag, est la continuation du suivi thérapeutique national des hémophiles (SNH) mis en place en 1994. Les résultats diffusés par l'Institut de veille sanitaire (InVS) portent sur 4 018 patients traités dans 38 centres répartis sur l'ensemble du territoire, soit 70 à 80 % de l'ensemble des patients porteurs d'hémophilie A et B ou d'un autre déficit héréditaire en protéines coagulantes (DHPC), à la date d'octobre 2005. Ces personnes présentent une hémophilie A (72,2 %), une hémophilie B (15,1 %), une maladie de Willebrand ou un autre déficit en protéines coagulantes (12,7 %). L'âge moyen des patients de la cohorte en 2005 est situé entre 20 et 26 ans, selon la maladie.
L'âge au diagnostic est d'autant plus précoce dans la vie que le déficit est sévère avec un âge moyen de neuf mois pour les hémophilies A et B sévères. La circonstance de la découverte de la maladie reste le plus souvent un épisode hémorragique. Parmi les 4 018 patients de la cohorte, 36 % ont été infectés par le virus de l'hépatite C (VHC) et 9,5 % par le VIH. Les contaminations anciennes par le VHC et le VIH concernent principalement les patients hémophiles A et B sévères : 20 % des patients hémophiles A sévères et 15 % des patients hémophiles B sévères sont contaminés par le VIH, 50 % des patients hémophiles A sévères et 40 % des patients hémophiles B sévères sont contaminés par le VHC. L'infection par le VHC apparaît comme une menace très importante pour ces patients car les contaminations se sont produites il y a plus de 20 ans, délai à partir duquel les complications hépatiques sévères peuvent apparaître. Depuis 1994, 62 décès ont été enregistrés au sein de la cohorte. La moitié de ces décès est liée à des infections virales transmises par des produits sanguins (avant la mise en place des procédures de sécurisation virale). Huit décès sont survenus à la suite d'une hémorragie.
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