Taux de CD4, Hépatite C et IRA
DECEMBRE 2006
Avant l´introduction des antirétroviraux puissants, les infections opportunistes et l´immunodépression profonde étaient les conditions les plus fréquemment associées aux épisodes d´insuffisance rénale aigue (IRA). Actuellement, moins de 10 % des IRA sont dues à des problèmes de néphrotoxicité des antirétroviraux. Les autres déterminants ont été peu explorés. Les auteurs de cet article ont cherché à analyser l´impact de l´immunodépression mesurée par le taux de lymphocytes CD4+ sur l´incidence de l´IRA. Au sein d´une cohorte de 705 patients (dont 160 infectés par le VHC), suivis pendant 2 ans, dont le taux médian de CD4+ à l´inclusion était de 352/mm3, 69 ont présenté un épisode d´IRA (soit une incidence de 4,3/100 personne-année de suivi). En analyse multi variée, les facteurs augmentant l´incidence des épisodes d´IRA étaient le nombre d´année de traitement par antirétroviraux, le taux de CD4+ et une co-infection par le VHC. La relation entre l´incidence de l´IRA et le taux de CD4+ était de type taux-dépendant : plus le taux de CD4+ était bas, plus l´incidence de l´IRA était élevée. Par ailleurs, l´influence du VHC sur l´incidence de l´IRA était plus perceptible chez les patients avec un taux de CD4+ supérieurs à 200/mm3. L´IRA doit donc être considérée comme un évènement non rare chez le patient VIH+, de causes multiples dont certaines comme l´hépatite C chronique sont potentiellement maîtrisables par le traitement de l'hépatite C.
Franceschini N., Napravnik S., Finn W.-F., Szczech L.-A., Eron J.-J. Jr.
J Acquir Immune Defic Syndr. 2006 Jul ; 42(3) : 368-372.
|