Hépatites médicamenteuses chroniques
FEVRIER 2007
Cet article rapporte 28 cas d'hépatites médicamenteuses chroniques provenant du registre national espagnol d´hépatotoxicité médicamenteuse. Le caractère chronique était défini par la persistance d´une anomalie des tests hépatiques de plus de trois mois (profil hépatocellualire) ou de plus de six mois (profil cholestatique ou mixte) après arrêt du médicament causal, en l´absence de toute autre hépatopathie sous-jacente. Ces 28 cas représentaient 6 % des cas du registre. Ils étaient dus à une atteinte cholestatique ou mixte dans 18 cas et à une atteinte hépatocellulaire dans 10 cas. La fréquence du « passage à la chronicité » des formes cholestatiques/mixtes est plus importante (9 % vs 4 %, p = 0,03). Bien que plus rares, les formes hépatocellulaires étaient cependant plus sévères : toutes sauf une présentaient un ictère, il y avait 3 cirrhoses et 2 hépatites chroniques fibrosantes. Et, de façon très inquiétante, ces formes sévères pouvaient survenir malgré une quasi normalisation des tests hépatiques. Il n´y avait pas de différence clinique ou biologique au départ entre les formes aiguës résolutives et ces formes chroniques ni dans la durée du traitement, soulignant bien l´aspect idiosyncra-
tique des mécanismes d´hépatotoxi-cité. Par contre, dans 60 % des cas, le médicament a été poursuivi après la mise en évidence de l´anomalie des tests hépatiques. Dans au moins deux cas de cirrhose, il y a eu une réintroduction du médicament. Il faut noter le passage d´une forme hépatocellulaire à une forme cholestatique. Les médicaments les plus souvent retrouvés dans ces formes chroniques étaient l´association amoxicilline/acide clavulanique (Augmentin®), le betazepam, l´atorvastatine (Tahor®), le captopril (Lopril®) et l´ebrotinide (qui n´est plus commercialisé).
Andrade R et al. Hepatology
2006 ; 44 : 1581-1588.
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