Prévalence des infections par le VHC et le VHB en France
FEVRIER 2007
Une enquête nationale de prévalence des hépatites B et C en France métropolitaine, menée auprès d'un échantillon de 14 416 personnes âgées de 18 à 80 ans, a été initiée en 2004 par l'Institut national de veille sanitaire (InVS), en partenariat avec la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs salariés et le Centre technique d'appui et de formation des centres d'examen de santé. Les résultats préliminaires de cette étude avaient été rendus publics en février 2005. Voici le rapport final (1).
Pour l'hépatite C, la prévalence globale des anticorps anti-VHC est de 0,84 %, soit 367 055 personnes dont 22 386 personnes avec une hépatite C chronique. 57 % des personnes infectées connaissaient leur statut positif vis-à-vis du virus de l'hépatite C (VHC). La prévalence du VHC chez les femmes est plus élevée que chez les hommes (1,02 % contre 0,84 %) et la tranche des 45-49 ans est la plus touchée avec 2,28 % (contre 0,04 % chez les jeunes de 18 à 24 ans). La prévalence est particulièrement élevée en Ile-de-France (1,10 %) contrairement au quart Nord-Ouest (0,35 %) et est trois fois plus élevée chez les personnes en situation de précarité (2,49 % vs 0,74 %). Plusieurs facteurs de risque ont pu être associés de façon significative à la présence des anticorps anti-VHC : usage de drogues par voie intraveineuse, voie nasale, transfusion de sang réalisée avant 1992, tatouage, et enfin, un pays de naissance où la prévalence des anticorps anti-VHC est élevée (2).
Pour l'hépatite B, la prévalence de l'antigène HBs, signant une infection chronique, est de 0,65 %, soit 280 821 personnes. 45 % d'entre elles connaissaient leur statut positif vis-à-vis du virus de l'hépatite B (VHB). Les hommes sont environ cinq fois plus touchés par le VHB que les femmes (prévalence de 1,10 % contre 0,21 %). La prévalence est également plus élevée chez les personnes en situation de précarité (1,80 % vs 0,57 %). C'est dans le quart Nord-Est de la France que la prévalence du portage de l'Ag HBs (infection chronique par le VHB) est la plus élevée (1,12 %) et le quart Nord-Ouest, la plus faible (0,20 %). Les facteurs associés à la présence d'anticorps anti-HBc (témoins d'un contact avec le VHB que l'infection soit chronique ou guérie) sont l'usage de drogues par voie intraveineuse, l'homosexualité, la précarité, un niveau d'éducation inférieur au baccalauréat, un séjour d'au moins trois mois en institutions, un pays de naissance où la prévalence de l'antigène HBs est élevée (3) et un lieu de résidence situé dans le quart Nord-Est, Sud-Est ou l'Ile-de-France. L'objectif de l'enquête était de fournir des estimations nationales et régionales de la prévalence des marqueurs des infections dues au VHC et au VHB. Concernant l'évolution, il apparaît qu'entre 20 et 59 ans, la prévalence des anticorps anti-VHC est plus faible en 2004 (0,71 %) qu'en 1994 (1,05 %). Par contre, la prévalence du portage de l'antigène HBs (0,65 %) est supérieure aux chiffres proposés dans les années 1990 (entre 0,2 % et 0,4 %). Le dépistage de l'infection par le VHC doit être poursuivi et le dépistage du VHB doit augmenter afin de proposer une prise en charge adaptée. L'accès au dépistage et à la prise en charge pour les personnes en situation de précarité doit aussi être assuré.
(1) Prévalence des hépatites B et C en France en 2004. Rapport sur le site de l'InVS (www.invs.sante.fr/publications/2006/prevalence_b_c/index.html).
(2) Supérieure au seuil de 2,5 % selon la classification de l'OMS.
(3) Supérieure au seuil de 2 % selon la classification de l'OMS.
|