Espérance de vie dans la maladie de Hodgkin
FEVRIER 2007
Dans un contexte de baisse générale de la mortalité chez les patients infectés par le VIH, les cancers non classant sida, dont fait partie la maladie de Hodgkin, sont devenus en France la première cause de mortalité chez ces patients (enquête Mortalité 2005). L´impact indirect des antirétroviraux sur la survie de ces patients reste cependant à évaluer. Dans cet article, les auteurs ont comparé la survie d´une cohorte de patients suivis dans plusieurs centres hospitaliers allemands et atteints de maladie de Hodgkin diagnostiquée avant et après la mise sur
le marché des antirétroviraux puis-
sants (soit 1984-1996 et 1996-2004). 66 patients ont été inclus, dont 58 au stade sida. Dans 71 % des cas, les patients présentaient une maladie de Hodgkin stade III/IV. La survie des patients sous trithérapie était bien meilleure que celles des patients sans trithérapie (74 % de survie à deux
ans versus 30 %, p < 0,001), de même que celle des patients avec une charge virale contrôlée sous trithérapie était plus importante que chez les patients non contrôlés (88 % versus 19 % de survie à deux ans). En analyse multi-variée, les facteurs associés à une survie plus faible à trois ans étaient l´absence de traitement par trithérapie, l´absence de rémission complète après chimiothérapie, une maladie de Hodgkin stade III/IV et un taux de lymphocytes CD4+ inférieur à 200/mm3. Tout diagnostic d´une maladie de Hodgkin chez un patient infecté par le VIH devrait donc s´accompagner, en plus du traitement spécifique du lymphome, d´une mise sous antirétroviraux puissants afin de contrôler au maximum l´évolution de l´infection par le VIH.
Hentrich M., Marreta L., Chow K.-H., Bogner J.-R., Ann Oncol 2006, 17 :914-19.
|