Tout dans les cheveux
FEVRIER 2007
Les mesures de concentration de l'indinavir (Crixivan®, Merck) sont plus fiables lorsqu'elles sont effectuées dans les cheveux que dans le sang, selon une étude française publiée dans Aids. Les recommandations françaises de traitement du VIH recommandent un dosage plasmatique des anti-protéases et des inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) en cas d'échec thérapeutique, de toxicité ou même lors de l'initiation du traitement dans certaines situations (interaction médicamenteuse atten-due, co-infection par un virus d'hépatite, poids extrême, grossesse...). Or, il existe une forte variabilité des mesures au sein d'un même individu, s'élevant jusqu'à 45 % dans le cas des anti-protéases et limitant ainsi l'intérêt de cet outil, particulièrement lorsque le patient ne fait l'objet que d'une seule mesure, a révélé une étude américaine publiée en avril 2006. Selon des travaux français, une mesure de la concentration à partir des cheveux du patient pourrait constituer une alternative à ce problème. A la diffé-rence de la concentration plasmat-
ique, celle mesurée dans les cheveux, dans lesquels la molécule s'accumule, ne reflète pas seulement la dernière prise, mais celles des derniers jours, voire des dernières semaines, ce qui atténue la variabilité intra-individuelle, explique le Pr C. Leport, de l'hôpital Bi-chat et co-auteur de l'article paru dans Aids. Dans l'étude qu'elle a menée avec le Dr X. Duval et le Dr G. Peytavin sur 43 patients sous indinavir, la chercheuse a mis à jour une association significative entre la concentration de l'anti-protéase lorsqu'elle était mesurée à partir des cheveux, mais pas dans le plasma, et une réponse virologique au traitement, définie par une charge virale inférieure à 50 copies/ml. Les 29 répondeurs virologiques (67 %) présentaient ainsi une concentration d'indinavir de 15 microgrammes/gramme de cheveux, alors que chez les non-répondeurs elle était de 8 microgrammes/gramme. Les différences de concentration plasmatique n'étaient en revanche pas significatives, avec des chiffres respectifs de 370 ng/ml et 480 ng/ ml dans les deux groupes. Cette méthode pourrait fort bien être étendue à d'autres antirétroviraux. Les mesures plasmatiques resteront d'actualité pour les chauves.
X. Duval, C. Leport, G. Peytavin,
Aids, vol. 21, n°1, p.106-108.
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