Compensations
28 MARS 2007
Dans une Chine qui sous-estime encore largement les dégâts provoqués par les failles de son système de santé dans la transmission du virus du sida, les réparations de 20 millions de yuans (2 millions d'euros) obtenues au terme d'un procès par un groupe de 19 séropositifs font figure de grande victoire. Les plaignants, qui appartiennent à une grande entreprise agricole d'Etat de Mandchourie, ont été contaminés entre 1997 et 2004 par des produits sanguins achetés au marché noir par l'hôpital dépendant de leur organisation – les Brigades de construction du Heilongjiang – à des donneurs de sang, et non testés. Quatre d'entre eux, dont un enfant, ont été contaminés par leurs proches et un malade est mort. Chaque plaignant recevra une compensation de 20 000 euros, une allocation mensuelle de 300 euros et des soins médicaux gratuits à vie. Certes encourageant, ce cas demeure toutefois isolé car les patients concernés appartiennent à une organisation qui a les moyens de payer des compensations. A côté, des dizaines de milliers de malades du sida du Henan sont laissés pour compte. Mais surtout, la plupart des tribunaux de Chine rejettent systématiquement les plaintes en matière de contamination par le VIH, privant les victimes du droit de demander justice. Les collectes de sang qui ont conduit à la contamination de donneurs, auxquels on réinjectait leur sang débarrassé du plasma, notamment dans le Henan, sont désormais un phénomène connu. Mais ce qui se passe à l'autre extrémité de la chaîne, dans les hôpitaux, commence seulement à être connu. A Heilongjiang, trois membres du personnel de l'hôpital ont été condamnés, en juin, à des peines de prison. Le phénomène des ventes de sang au marché noir dans les hôpitaux est encore très répandu en Chine. Une étude sur la question, qui répertorie 188 cas, vient d'être publiée. le nombre de séropositifs en Chine pourrait être dix fois supérieur aux estimations officielles (650 000) données en début 2006.
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