Cibler les T Reg
04 JUILLET 2007
Un travail de l'équipe d'Anthony Fauci vient de démontrer qu'une certaine catégorie de lymphocytes, les T régulateurs, supprime le potentiel de lutte contre le VIH que possède le système immunitaire (la fonction CTL), et participe au déroulement de la maladie. Cela peut indiquer des pistes pour un traitement. Il faut déterminer si des traitements d'immunothérapie pour détruire les T régulateurs (dits T reg) in vivo seraient bénéfiques ou néfastes, dans le contexte particulier de la maladie à VIH. Les résultats laissent supposer que la suppression de l'activité cytolytique contre le VIH par les T reg dans les sites majeurs de réplication du virus (le tissu lymphoïde) est préjudiciable aux tentatives naturelles de contrôle de la réplication du virus. La démarche des chercheurs repose sur le fait qu'en cas d'exposition persistante à certains antigènes comportant une activation immunitaire, différents mécanismes immunosuppresseurs se mettent en place pour limiter les dommages que le système immunitaire peut faire subir à l'hôte. L'un des mécanismes bien caractérisés concerne les cellules T reg, CD25, Fox P3, une sous-population de CD4 suppresseurs. Initialement décrites pour leur rôle essentiel dans l'éviction de l'auto-immunité (dans certains modèles animaux), elles joueraient un rôle dans la persistance de tumeurs solides, de parasitoses ou d'infections. Dans la maladie à VIH, on a isolé des T reg du sang périphérique de personnes infectées asymptomatiques, et observé in vitro que ces cellules ont un effet suppresseur significatif de la réponse immunitaire spécifique liée au VIH. L'activité des CD25 T reg diminue dans le sang périphérique à mesure que la maladie du VIH progresse. Certains auteurs ont émis l'hypothèse que cette perte de cellules T reg contribue aux aberrations immunitaires de la maladie, ainsi qu'à sa progression.
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