Le Conseil national du sida rend son avis sur la circoncision
01 AOUT 2007
Le Conseil national du sida a rendu public un rapport sur la circoncision, prenant quelque distance avec l'emballement médiatique. Pour le CNS, la circoncision est « une modalité discutable de réduction des risques de transmission du VIH. » La crainte est en effet forte qu'à la suite des recommandations de l'OMS (mars 2007) préconisant de « considérer la promotion de la circoncision comme une nouvelle stratégie importante de prévention de la transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l'homme », l'incompréhension règne. Pour Marc Dixneuf, rapporteur du CNS, « Mieux vaut prévenir que guérir… Lors de la conférence francophone [Paris, 29 au 29 mars 2007], les gens sont allés voir Danielle Quantinet, administratrice de l'Union nationale des associations familiales de France et lui ont parlé de la circoncision comme de la nouvelle solution miracle ! Elle a alors saisi le CNS en séance plénière. La communication faite dans les médias, les recommandations de l'OMS très prudentes mais très massives, ont rendu cet avis nécessaire : la circoncision peut être une voie très intéressante mais elle est très largement mal promue. Les données ne concernent que les populations hétérosexuelles des pays à forte prévalence. On ne peut pas en tirer des politiques de santé publique ou extrapoler à des populations qui ne sont pas concernées. » Les associations françaises craignent, entre autres, que la circoncision se substitue à la capote, voire à d'autres méthodes de prévention. Et que les populations homosexuelles, pour lesquelles il n'existe aucune étude, se sentent protégées à tort. La circoncision ne saurait être une piste que si de nouvelles recherches sont entreprises, si elle est associée à des conseils de prévention, à l'accès aux préservatifs et au dépistage sans contrainte. Sans oublier que l'objectif premier reste la mise sous traitement du plus grand nombre de malades : « La circoncision ne doit pas devenir une solution à moindre coût au détriment des traitements dans les pays en développement », conclut le CNS.
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