Inhibiteurs de protéases et paludisme
SEPTEMBRE 2007
Les inhibiteurs de protéase (IP) du VIH pourraient avoir un effet antipaludique, selon une étude publiée dans AIDS. Plusieurs travaux ont mis à jour une interaction entre le VIH et l'agent du paludisme, le parasite Plasmodium falciparum.
Andrew Redmond, du Royal Brisbane Hospital (Australie), et ses collègues suggèrent un effet antipaludique des IP anti-VIH, selon des tests qu'ils ont menés sur des sérums incubés avec une souche de Plasmodium vivax. Leur étude a porté sur 42 volontaires, répartis en cinq groupes dont deux contrôles de personnes VIH- (un non traité, l'autre prenant l'antipaludique chloroquine). Les trois autres groupes étaient constitués de séropositifs prenant respectivement un inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI) et un inhibiteur de protéase saquinavir (Invirase®, Roche) boostée ou lopinavir (Kaletra®, Abbott). Les résultats montrent une inhibition de la croissance du parasite avec les deux IP, de valeurs médianes respectives de 69 % et 55 % avec le lopinavir et le saquinavir, alors que l'INNTI n'a aucun effet significatif. Les IP, traitements de deuxième ligne dans les pays émergents, deviennent nécessaires chez les patients vivant dans ces zones, au fur et à mesure que les résistances aux molécules de première ligne apparaissent. Selon les chercheurs, il est dès lors nécessaire de connaître leur activité antipaludique. Ils n'envisagent en revanche pas que ces molécules, d'un effet modéré comparé à la chloroquine (99 % d'inhibition de la croissance dans leur étude), soient directement utilisées comme antipaludiques.
AIDS;21(6):763-765
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