Elargir le dépistage
SEPTEMBRE 2007
Des chercheurs français recommandent que le dépistage du VIH soit étendu aux personnes qui, a priori, semblent peu exposées au risque de contamination et que le test soit proposé en routine dans le cadre de consultations médicales. Après le Conseil national du sida (CNS) dans un avis de novembre 2006 et les recommandations (mai 2007) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce groupe de chercheurs français se prononce en faveur d'un dépistage élargi du VIH. Cyrille Delpierre (unité Inserm 558 Epidémiologie et analyse en santé publique, risques, maladies chroniques et handicaps, Toulouse), Lise Cuzin (hôpital Purpan, Toulouse) et France Lert (unité Inserm 687 Santé publique et épidémiologie des événements professionnels et sociaux de la santé) publient, dans le British Medical Journal, une analyse de la littérature à l'issue de laquelle ils recommandent que, en plus des orientations actuelles, la population hétérosexuelle soit désormais la cible du dépistage. Le test de dépistage du VIH devrait être proposé en
routine par les médecins généralistes et les autres professionnels de santé comme n'importe quel examen de prévention.
Pour sensibiliser les patients au test, les questions sur la sexualité devraient faire partie de l'examen médical. Avant de délivrer des préservatifs, les professionnels doivent encourager les patients pour qu'ils informent leurs partenaires sur leur statut sérologique. Ils doivent recommander le test à tous ceux qui ne se sont pas encore fait dépister et à tous ceux qui ont eu de nouveaux partenaires depuis leur précédent test. Selon une étude américaine, un dépistage de toutes les personnes qui ignorent leur statut sérologique ferait chuter le nombre annuel de nouvelles infections de 31 %. Si on applique le taux à la France, ce sont 1 290 nouvelles infections qui pourraient être évitées chaque année. Le dispositif mis en place dans les années 1980 dans notre pays repose sur l'accès volontaire au dépistage, le contrôle systématique des donneurs de sang et de tissus et sur une proposition systématique de test aux femmes enceintes, aux couples avant le mariage et aux prisonniers. Les campagnes d'incitation au dépistage ont jusqu'ici ciblé les groupes les plus exposés. Résultat, le diagnostic est aujourd'hui plus précoce chez les femmes, les homosexuels masculins, les jeunes et les personnes qui ont un nombre élevé de partenaires. En revanche, ceux qui sont les plus concernés par les dépistages tardifs ne sont pas la cible privilégiée des campagnes d'incitation, soit les hommes plus âgés, hétérosexuels qui vivent en couple depuis plusieurs années et qui ont des enfants. Le dispositif de dépistage doit s'améliorer et inclure la population hétérosexuelle, à faible risque d'infection mais à risque élevé de diagnostic tardif.
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