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Le programme HEP'TOX

SEPTEMBRE 2007
On estime que 7 patients sur 10 contaminés par le VHC chaque année sont des usagers de drogues. Contrairement aux idées reçues, le traitement de l'hépatite C est possible chez ces patients qui ne sont pas forcément abstinents, avec les mêmes chances de guérison que dans la population générale. Il faut pour cela modifier des pratiques avec la mise en place du cadre et des outils nécessaires. C'est l'objectif du programme HEP'TOX. La transmission de l'hépatite C se fait surtout par usage de drogues et les patients toxicomanes sont en passe de devenir le principal réservoir de cette maladie virale. Des actions de prévention et d'information sur la transmission du virus seront renforcées dans l'avenir proche (début 2008) par la mise sur le marché de Suboxone®. Ce nouveau médicament vise à réduire l'attractivité de la buprénorphine (Subutex® et générique) et son mésusage par voie intraveineuse, ce qui devrait limiter la propagation du VHC. Les usagers de drogues sont moins bien pris en charge pour leur hépatite C que les autres malades : moins de 10 % des patients suivis dans un Csapa (centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) sont traités pour cette maladie. Le programme national HEP'TOX a été conçu pour améliorer l'accès aux soins des toxicomanes atteints par le virus de l'hépatite C, l'abstinence n'étant plus exigée avant le début d'un traitement. Les résultats de centres « pilotes » montrent que près de 1 usager de drogues sur 2 a guéri de son hépatite C, des résultats qui sont comparables à ceux de la population générale. L'équipe de l'hôpital Marmottan à Paris a comparé en 2003-2004 la stratégie innovante de prise en charge de l'hépatite C au sein d'un Csapa à la prise en charge ancienne. Il ressort que sur 331 patients positifs pour le VHC, 224 ont été évalués par Fibrotest-Actitest®, alors que seulement 6 biopsies avaient été réalisées en 2002 ; 85 patients ont été traités, contre 2 en 2002 ; 44 % des patients ayant bénéficié d'une prise en charge spécifique ont guéri. Les freins principaux à l'accès aux soins sont la peur qu'ont les patients du traitement, leur peur de se savoir malades, mais aussi la crainte des intervenants en toxicomanie qui pensent que des effets secondaires sont trop lourds pour une personne qui a déjà un problème de consommation de drogues et qui n'a pas de logement fixe. Le programme HEP'TOX doit créer des circuits organisés autour du patient et faciliter une collaboration entre l'équipe multidisciplinaire et le spécialiste hépatologue, qui se déplace dans les centres. En outre, la possibilité d'évaluer la fibrose par des techniques non invasives au sein du Csapa (Fibrotest® et Fibroscan® permet des réponses rapides, alors que la biopsie de foie réalisée en milieu hospitalier est mal acceptée par les patients toxicomanes. Les moyens de la mise en place des systèmes de soins adaptés à la prise en charge des usagers de drogues sont soutenus par les Laboratoires Schering-Plough, à savoir un comité de pilotage national, les Rencontres nationales HEP'TOX (les premières auront lieu en septembre) et les formations régionales de médecins des Csapa.
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