273 cibles potentielles
15 FEVRIER 2008
Pour infecter l'hôte humain et s'y propager, le VIH1 doit exploiter de nombreuses fonctions cellulaires de l'hôte. Une équipe du département de génétique de la Harvard Medical School à Boston, dirigée le Pr S. Elledge vient d'identifier, à travers un criblage génomique fonctionnel par ARN interférents (siRNA), que 273 protéines humaines étaient requises pour l'infection par le VIH1. Ces protéines, qui interviennent dans une vaste gamme de fonctions cellulaires, représentent des cibles potentielles pour de futures thérapies anti-VIH. Doté de seulement 9 gènes codant pour 15 protéines, le VIH1 prend possession du système immunitaire humain et l'exploite pour s'exprimer et se propager. Comme le virus a besoin d'exploiter certaines fonctions cellulaires de l'hôte pour l'infecter efficacement, cette approche vise à cibler les protéines de l'hôte indispensables au cycle viral, également nommées facteurs de dépendance du VIH (ou FDV). L'avantage de cette recherche, qui consiste à cibler les protéines humaines exploitées par le virus, est qu'il serait fort difficile aux virus de développer une résistance à des médicaments ciblant les protéines cellulaires, car il leur faudrait développer également une nouvelle capacité, et pas simplement muter un site de fixation au médicament. L'équipe a utilisé une librairie de petits ARN interférents (short interfering RNA, siRNA) qui ciblent des gènes humains spécifiques, chaque siRNA supprimant la capacité d'un gène à produire une protéine particulière. Les petits ARN (siRNA) ont été placés sur des milliers de cellules humaines cultivées sur des plaques à puits. Un seul gène est ciblé dans chaque puits de cellules, autrement dit, chaque puits contient des cellules dépourvues d'une protéine particulière. Les cellules sont ensuite exposées au VIH. Si la réplication du VIH est inhibée dans un puits, cela suggère que la protéine manquante est requise pour la réplication. Ce criblage a permis d'identifier 273 protéines humaines requises pour la réplication du VIH1, dont seulement 36 avaient été jusqu'ici impliquées dans le cycle du VIH1. Ces protéines participent à une large gamme de fonctions cellulaires et mettent en lumière de nouvelles voies dans le cycle de réplication virale. Ainsi, des analyses supplémentaires ont révélé le rôle jusque-là ignoré de deux protéines de transport rétrograde du Golgi (Rab6 et Vps53) dans l'entrée virale, le rôle d'une karyophérine (TNPO3) dans l'intégration virale et le rôle du complexe Médiateur (Med28) dans la transcription virale.
Science Express, 10 janvier 2008, Brass et coll.
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