IST toujours en progression
01 AVRIL 2008
Les infections sexuellement transmissibles (IST) – gonococcies (blennorragies), syphilis et infections dues aux chlamydiae – sont en augmentation en France, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS), publié en février. Les spécialistes craignent que la résurgence des IST (ou MST) témoigne d'une augmentation des prises de risques, avec un danger accru de transmission du VIH (virus du sida). Quasiment disparue, la syphilis avait fait sa réapparition fin 2000 à Paris. Cette résurgence avait alors conduit l'InVS à créer un dispositif de surveillance volontaire : 89 sites ont participé à la surveillance et ont détecté 2 061 cas de syphilis entre 2000 et 2006. Mais si ce chiffre était en diminution en 2005, le nombre de cas a de nouveau augmenté en 2006 (455 cas contre 339). Ce contexte de diversification des IST doit faire renforcer les campagnes d'information et d'incitation au dépistage de la syphilis. Si l'augmentation des IST touche particulièrement les hommes, les infections féminines liées aux gonocoques sont en nette progression, avec une augmentation d'un facteur 3 entre 2005 et 2006. Pour le BEH, ces données suggèrent une accélération de la transmission au sein de la population hétérosexuelle. Les lymphogranulomatoses vénériennes rectales (LGV) dont l'agent infectieux est Chlamydia trachomatis sont aussi en hausse, sans doute en partie en raison d'un meilleur diagnostic. Cette forme de l'infection, qui a émergé en France et dans les autres pays européens en 2003, touche particulièrement les homosexuels. Chez la femme, l'infection causée par Chlamydia trachomatis est également l'infection sexuellement transmissible bactérienne la plus fréquente. En l'absence de traitement, elle peut entraîner des complications graves (grossesse extra-utérine, stérilité).
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