Deux décrets annoncés sur le piercing
01 AVRIL 2008
Malgré la constante progression des pratiques de piercing et des risques médicaux bien documentés auxquels elles exposent leur clientèle (septicémies, endocardites, transmission des hépatites B et C et du VIH...), la France demeure un des rares pays où ces petits actes chirurgicaux échappent à toute réglementation. Ce vide à haut risque sanitaire va bientôt être comblé par la publication de deux décrets dont le Quotidien du médecin a dévoilé les grandes lignes.
L'absence d'encadrement réglementaire des pratiques de piercing et de tatouage devrait rester dans les annales de l'inertie administrative. Cette inertie, pendant une décennie, aura primé sur le principe de précaution. Pourtant, dès 1998, l'alarme était sonnée par la revue américaine Clinical Infectious Diseases, au sujet des complications infectieuses graves d'actes de piercing. En France, le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, infectiologue à l'hôpital Rothschild, a constitué un groupe d'étude et de recherche sur le piercing, sous l'égide de l'AP-HP.
Une étude réalisée en 1998 auprès de 600 jeunes Français de 11 à 15 ans montrait que plus d'un tiers d'entre eux envisageaient de se faire faire un tatouage ou un piercing et estimait la fréquence annuelle des actes à 100 000. Elle évaluait à un millier le nombre des perceurs exerçant alors, avec une grande hétérogénéité des pratiques : studios de piercing, coiffeurs-perceurs, perceurs ambulants, marchés, fêtes, plages, etc. et dressait un inventaire détaillé des complications liées à tous ces actes. Fin 1999, une enquête menée en région parisienne confirmait que les pratiques étaient inadaptées en matière de stérilisation et d'asepsie. Pour son rapport qui vient d'être publié sur le sujet, l'Académie nationale de médecine a envoyé un expert au Salon du tatouage et du piercing. Il a constaté, sur une trentaine de stands où étaient effectuées ces prestations, « l'absence totale des conditions sanitaires indispensables pour l'accomplissement de ces actes ».
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