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Dans les prisons québécoises

01 AVRIL 2008

Le nombre de cas de VIH/sida et d'hépatite C dans les prisons québécoises atteint des niveaux alarmants. Des tests de dépistage devraient systématiquement être offerts aux personnes incarcérées et qui, dans la majorité des cas, ignorent leur condition. Ces recommandations tombent après une enquête menée dans les prisons québécoises, menée pendant six mois auprès de 1 500 détenus de sept centres de détentions provinciaux, un réseau où environ 27 000 personnes purgent des peines de moins de deux ans, avec un taux de roulement important. Plusieurs constats édifiants : un détenu sur quatre a déclaré avoir consommé de la cocaïne à l'intérieur des murs de la prison – si on ajoute la consommation prédétention, 80 % des détenus, hommes comme femmes, ont déjà consommé de la cocaïne ; 4 % des détenus ont reconnu avoir pris de la drogue, par injection, pendant leur incarcération, et plus d'une fois sur deux, ont admis avoir partagé leur seringue avec un autre détenu. Hors des murs, c'est 27 % des détenus et 43 % des détenues qui ont déjà consommé des drogues dures. La situation n'est pas meilleure dans les pénitenciers fédéraux, mais le taux de roulement bien inférieur réduit les risques de contagion. Moins de prisonniers rentrent aux pénitenciers fédéraux, mais ils y restent plus longtemps. La clientèle des centres de détention provinciaux, ce sont les petits délinquants qui commettent des crimes à répétition et la consommation de drogues est très étroitement liée à cette criminalité. Les détenues sont en moyenne à leur septième séjour en prison, un de plus que les hommes. Mais ces derniers sont incarcérés plus longtemps – leurs peines totalisent 40 mois en moyenne contre 26 mois pour les femmes. Le rapport de recherche, transmis début 2005 au ministère de la Sécurité publique, a été obtenu par la presse en vertu de la loi sur l'accès à l'information. Mais ses conclusions, qui touchent la santé publique, viennent tout juste d'être publiées par l'Association médicale canadienne. « Les infections par le VIH et le VHC (le virus de l'hépatite C) constituent un problème de santé publique important dans les prisons, où la prévalence est principalement influencée par un pourcentage élevé d'utilisation de drogues injectables chez les détenus. » On retrouve 2,3 % de cas de sida chez les hommes et près de 9 % chez les femmes ; 7 % des hommes et 20 % des femmes qui touchent aux drogues dures sont séropositifs. En ce qui concerne l'hépatite C, sa prévalence explose dans la population carcérale ; les hommes sont contaminés dans 17 % des cas et les femmes à près de 30 %. La consommation de drogue par injection est encore plus déterminante – selon le sexe, entre 53 et 63 % des consommateurs sont infectés l'hépatite C. Ce virus très résistant se propage beaucoup plus vite que celui du VIH par des aiguilles contaminées (tatouage, injection de drogues). Avec ces chiffres de mars 2006, transposés sur l'ensemble des 27 000 personnes des centres de détention provinciaux, on estime qu'environ 800 détenus sont séropositifs et environ 4 800 ont contracté l'hépatite C. Dans 90 % des cas, les maladies ont été contractées en dehors des murs de la prison. Il est admis que le taux d'infection au VIH/sida est 10 fois supérieur en prison que dans l'ensemble de la population. Pour l'hépatite C, la prévalence est 30 fois supérieure en milieu carcéral.

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