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Des nanotubes ou « ponts intercellulaires »

01 MAI 2008
Des chercheurs britanniques ont découvert un phénomène étonnant qui pourrait jouer un rôle important dans la persistance des infections par le VIH : lorsque deux lymphocytes T se percutent dans le flux sanguin, ils établissent parfois une connexion qui persiste après que les deux cellules se sont éloignées. A première vue, cette connexion se présente sous la forme d'un mince filament qui relie les deux cellules. Ce filament est très flexible et peut s'étendre sur une longueur égale à plusieurs fois le diamètre d'un lymphocyte. Une étude plus approfondie a montré que ce filament est en réalité un nanotube, dont la paroi possède une constitution semblable à celle des membranes cellulaires. A priori, ce nanotube doit permettre aux deux cellules connectées de communiquer et d'échanger diverses molécules et particules. Différentes données ayant suggéré que le VIH se propage parfois d'une cellule à l'autre sans passer par le milieu extracellulaire, Daniel Davis et al., de l'Imperial College de Londres, ont imaginé que ces nanotubes pouvaient constituer une voie royale pour la transmission intercellulaire du virus. Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont infecté des lymphocytes T avec une souche du VIH génétiquement modifiée pour exprimer un marqueur fluorescent. Les cellules ont été placées en culture avec des lymphocytes non infectés, dans des conditions qui favorisent à la formation des nanotubes. L'utilisation de la vidéo microscopie confocale a permis aux chercheurs d'observer des virus en train d'emprunter un nanotube pour passer d'une cellule infectée à une cellule encore saine. Il reste à prouver que ce phénomène observé in vitro se produit également in vivo dans l'organisme humain. Mais si tel est bien le cas, il pourrait expliquer pourquoi les anticorps neutralisants anti-VIH ne suffisent pas à empêcher la propagation du virus d'une cellule à l'autre. En passant par les nanotubes, les virus restent en effet constamment à l'abri de ces anticorps. En conséquence, ces nanotubes et les mécanismes conduisant à leur formation pourraient constituer de nouvelles cibles thérapeutiques antivirales. Des « ponts intercellulaires » similaires ont déjà été observés dans d'autres systèmes cellulaires. Il s'en forme notamment entre certaines cellules du système nerveux et entre d'autres acteurs du système immunitaire. Cependant, le phénomène n'avait jamais été décrit concernant les lymphocytes T.

Sowinski S et coll. Nature Cell Biology, édition en ligne avancée.
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