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Prise en charge des coïnfectés VIH-VHC

01 MAI 2008
Cette étude compare deux enquêtes de pratiques réalisées auprès des spécialistes prenant en charge ces patients (infectiologues, hépatologues, internistes) et réalisées en 2004 (données sur 380 patients vus pendant une semaine par 71 médecins) et 2006 (416 patients vus par 58 médecins).

L´article souligne les tendances évolutives entre ces deux périodes de manière à évaluer l´impact de la conférence de consensus de 2005 (coïnfections VHC/VHB-VIH) sur les pratiques médicales et analyse les obstacles à la prise en charge et au traitement de l´infection par le VHC chez les sujets coïnfectés VIH-VHC.

L´évaluation de la coïnfection VHC (charge virale et génotype VHC et évaluation de l´atteinte histologique du foie) a été plus souvent réalisée en 2006 qu´en 2004 (63% vs 47%). L´accès à la biopsie hépatique n´était plus un frein à l´accession aux traitements comme l´atteste l´utilisation plus fréquente des tests non-invasifs (FibroTest 67%, FibroScan 11%, les deux 22%). La proportion des sujets n´ayant jamais reçu un traitement anti-VHC a baissé de 54% en 2004 à 42% en 2006. Par contre, même en 2006, la proportion de patients chez lesquels le traitement n´a pas pu être mené correctement à son terme était de 64% des sujets traités. L´utilisation des antidépresseurs était fréquente en 2006 (20% de sujets traités), celle de l´érythropoïétine plus rare (7%). La principale contre-indication au traitement était une co-morbidité psychiatrique et un des principaux freins au traitement restait l´évaluation par le médecin d´une potentielle mauvaise observance au traitement (conditions socio-économiques défavorables, toxicomanie active, consommation excessive d´alcool). 8% des sujets coïnfectés étaient proposés pour une transplantation hépatique.

Enfin, la prise en charge du patient par un hépatologue augmentait considérablement ses chances de recevoir un traitement anti-VHC en 2004 et encore plus en 2006. Beaucoup d'efforts restent à faire dans l´éducation des médecins et des malades coïnfectés afin d´augmenter la prise en charge de l´infection VHC.

Cacoub P et al. J Hepatol 2008; 48: 35-42.
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