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Evolution du profil de mutations depuis l´utilisation du tenofovir

20 AOUT 2008

Le ténofovir (TDF ou Viread®) est l´une des molécules les plus couramment prescrites dans les pays du Nord depuis sa mise sur le marché en 2002. Trois profils de mutations confèrent une résistance génotypique à cette molécule : la présence de la mutation K65R, l´insertion T69S et l´association d´au moins trois TAMs. Une mutation beaucoup plus rare, la K70E, vient d´être récemment décrite comme étant aussi associée à une baisse d´efficacité du TDF. Le risque d´acquisition de ces résistances est la baisse globale d´activité des autres analogues nucléosidiques. Pour voir comment a évolué le profil de résistance à cette molécule, une équipe espagnole a analysé 1 177 génotypes obtenus sur une cohorte de patients présentant un taux de réplication supérieur à 1 000 copies/mL entre janvier 2000 et décembre 2006. Entre 2002 et 2003, le taux de prescription de TDF est monté dans cette cohorte à 70 % puis s´est stabilisé aux alentours de 55 %. Les analogues nucléosidiques associés au TDF ont changé au fil des années, avec, initialement, une prépondérance de didanosine (Videx®), puis d´emtricitabine ou Emtriva® (plus de 80 % des prescriptions en 2006). Parmi les 1 177 génotypes provenant de 767 patients, 374 ont été effectués dans un contexte d´échec à une association contenant du Ténofovir. Comme attendu, les mutations signant une résistance au TDF étaient significativement plus fréquentes chez les patients traités par TDF. La fréquence de ces mutations a beaucoup varié dans le temps, avec une augmentation croissante des profils associant plus de 3 TAMs (33 % en 2002-2004, versus 44,1 % en 2005-2006). En revanche, la prévalence de la mutation K65R a chuté (14 % en 2002, versus 2,7 % en 2006). Cette décroissance va de pair avec la baisse de l´utilisation de la didanosine en association avec le TDF (41,6 % en 2003 versus 0,8 % en 2006). La présence de la mutation K65R était associée en analyse multivariée à l´utilisation du TDF, mais aussi à l´utilisation de l´abacavir (Ziagen®), de la didanosine et à la présence de la M184V, reflétant probablement les antériorités de traitements reçus par les patients. La prévalence de la mutation K65R n´est donc pas très élevée dans le contexte de l´étude et les facteurs de risque de son apparition, outre l´exposition au TDF, restent à éclaircir, tout comme son impact clinique à long terme.


De Mendoza C, Jimenez-Nacher I, Garrido C, Soriano V. Clin Infect Dis 2008,46 :1782-5.
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