Du nouveau dans la collecte de seringues usagées
05 JANVIER 2009
Fin novembre 2008, dans le cadre de l'examen du budget 2009, le Sénat a rendu obligatoire la collecte des seringues et autres "déchets d'activités de soins à risque infectieux" (ou Dasri) des particuliers en auto-traitement par les pharmacies ou les laboratoires d'analyses biologiques, et ce gratuitement.
Actuellement, les seringues usagées sont mélangées par les usagers à leurs déchets ménagers habituels (ou avec les emballages en cas de collecte sélective), ce qui peut occasionner des accidents d'exposition au sang (AES) pour le personnel de collecte ou de tri. Pour prévenir ces accidents, des collectes de proximité sont d'ores et déjà organisées, mais elles ne sont pas systématiques, loin de là, notamment parce que le coût de ces collectes et leur destruction par incinération sont assumés par les collectivités locales et non par les fabricants de ces produits, contrairement aux engagements pris lors du Grenelle de l'environnement en 2008. Afin de remédier à cette situation et sans attendre le projet de loi Grenelle II, prévu pour 2009, le sénateur D. Braye (UMP), a déposé un amendement stipulant « qu'en l'absence de dispositif de collecte de proximité spécifique, les officines de pharmacie, les pharmacies à usage intérieur et les laboratoires de biologie médicale sont tenus de collecter gratuitement les déchets d'activités de soins à risque infectieux produits par les patients en auto-traitement, apportés par les particuliers qui les détiennent. » Cet amendement, approuvé à la fois par les sénateurs socialistes et UMP – événement assez rare pour être souligné – devrait donc permettre dans les mois qui viennent une meilleure sécurisation de la filière des déchets de soins.
Les associations de lutte contre le sida et les hépatites demandaient depuis longtemps une solution pour la collecte des seringues usagées. Elles se félicitent qu'une décision ait enfin été prise pour la collecte des seringues des patients qui prennent des traitements par injection (VIH, hépatites, diabète…), mais les pharmaciens grincent des dents, pour leur sécurité, mais aussi à cause du mot « gratuitement », car l'incinération des Dasri n'est pas gratuite…
Source : Sénat - Compte rendu analytique officiel du 24 novembre 2008
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