Annexes
 
Méthodologie

L'AGENCE EUROPEENNE POUR L’EVALUATION DES MEDICAMENTS :
European Agency for the Evaluation of Medicinal Products (EMEA )

Introduction


L'Agence du médicament est chargée de coordonner les ressources scientifiques de chacun des États membres, en vue de l'évaluation et de la surveillance des médicaments à usage humain et vétérinaire. En se basant sur les avis émis par l'Agence, la Commission européenne autorise la mise sur le marché des médicaments innovants ou ceux issus des biotechnologies, et arbitre les éventuels différends entre les États membres relatifs aux autres médicaments.
L'EMEA a été instituée par le règlement (CEE) n° 2309/93 du Conseil du 22 juillet 1993 (JOCE L214 du 24/08/93), et a son siège à Londres. Son directeur exécutif est Fernand Sauer.

L'EMEA a pour tâches principales :
• la coordination de l'évaluation scientifique des médicaments dans le cadre de la procédure centralisée et la responsabilité de l'arbitrage dans le cadre de la procédure de reconnaissance mutuelle ;
• la coordination des activités liées à la pharmacovigilance à l’échelon européen ;
• la coordination des activités d'inspection, notamment celles en rapport avec la vérification du respect des Bonnes pratiques de fabrication (BPF), des Bonnes pratiques de laboratoire (BPL), et des Bonnes pratiques cliniques (BPC).
En outre, le règlement n° 2309/93 lui confère une mission de conseil scientifique dans la conduite des tests et des essais thérapeutiques.

Le conseil d'administration de l'EMEA est composé de deux représentants de chaque État membre, de deux représentants de la Commission et de deux représentants désignés par le Parlement européen.
Deux instances scientifiques sont chargées de préparer les avis de l'Agence sur toutes les questions relatives à l'évaluation des médicaments : le Comité des spécialités pharmaceutiques (CSP) pour les médicaments à usage humain et le Comité des spécialités vétérinaires (CMV).
L'administration se compose d'un secrétariat technique et administratif qui gère, administre, prépare les ordres du jour et les comptes rendus, et coordonne les activités.

Le Comité des spécialités pharmaceutiques (CSP)
Committee for Proprietary Medicinal Products (CPMP)

Le CSP est responsable de l’évaluation scientifique pour la délivrance, les modifications ou les retraits d’AMM des dossiers utilisant la procédure centralisée, ou, en cas d’arbitrage, pour les procédures de reconnaissance mutuelle ou nationale, ou, enfin, lorsque le problème est d’intérêt communautaire (pharmacovigilance). Il peut, en outre, être saisi de toute question scientifique concernant l’évaluation des médicaments.

Le CSP émet des recommandations de portée européenne concernant le développement et l’enregistrement des médicaments. Il peut organiser des réunions de conseil scientifique au sujet de médicaments innovants ou, si besoin est, lorsque les directives existantes ne répondent pas aux problèmes soulevés.

Le CSP n'est pas impliqué dans la procédure de reconnaissance mutuelle, sauf en cas de désaccord entre États membres, auquel cas, il intervient en tant que structure scientifique d’arbitrage.

Dans le cadre de la procédure centralisée et des procédures d’arbitrage, les dossiers sont répartis entre les membres du CSP qui agissent en tant que rapporteurs ou co-rapporteurs afin d’assurer un partage de l’évaluation scientifique.

Le CSP est constitué de quinze délégations, deux membres étant nommés par chaque État. Il a, à sa tête, un président et un vice-président. Les groupes de travail permanents sont au nombre de cinq : deux préparent les avis du CSP (biotechnologie, pharmacovigilance), et trois ont pour rôle d’élaborer des recommandations (guidelines) destinées, en particulier, aux industriels dans les domaines de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité.

LES PROCEDURES EUROPEENNES D'ENREGISTREMENT DES MEDICAMENTS

Auparavant, les firmes pharmaceutiques disposaient de deux types d'enregistrement communautaires : la “ procédure multi-États ”, permettant, à partir d'une première AMM obtenue dans un État membre, l'extension de cet enregistrement dans deux autres États ou plus, et la “ procédure de concertation ”, obligatoire pour les médicaments issus des biotechnologies, et optionnelle pour les médicaments de haute technologie.

Jusqu'au 1er janvier 1995, date de mise en application du règlement n° 2309/93, ces anciennes procédures ne faisaient pas l'objet d'avis contraignant de la part du Comité des spécialités pharmaceutiques (CSP). Celui-ci se limitait à faciliter le rapprochement des différentes évaluations faites par les États membres. Depuis le 1er janvier 1995, l'évaluation unique donne lieu à un avis unique du CSP et la décision prise par la Commission européenne sur la base de cet avis s’impose à tous les États membres. Le CSP n’est amené à se prononcer que s'il y a divergence, dans la procédure de reconnaissance mutuelle, mais il émet obligatoirement un avis dans la procédure centralisée.
Depuis le 1er janvier 1995, coexistent dans l'Union européenne plusieurs procédures pour mettre un médicament sur le marché : soit des procédures européennes (procédure centralisée, procédure de reconnaissance mutuelle), soit des procédures purement nationales.

La procédure de reconnaissance mutuelle

Cette procédure est conçue pour tous les médicaments, et, à l’exception des médicaments issus des biotechnologies, est fondée sur la reconnaissance mutuelle des autorisations nationales. C'est en quelque sorte une évolution de la “ procédure multi-États ”.

Cette procédure ne concerne pas l'EMEA si la reconnaissance fonctionne. Dans le cas contraire, c'est-à-dire en cas d'objections majeures, l'Agence sera saisie pour arbitrage et l'avis du CSP conduira à une décision de la Commission qui sera contraignante pour les États de l’Union européenne. Brièvement, le schéma de cette procédure est le suivant.
Après dépôt du dossier de demande d'AMM, le premier État membre (ou État de référence) rend son avis dans les 210 jours. Le rapport d'évaluation est, quant à lui, disponible 90 jours plus tard. Les autres États membres, choisis par le demandeur dans le cadre de la procédure, ont 90 jours pour “ reconnaître ” ou refuser la demande. Toutefois, le refus ne pourra être opposé qu'en cas d’objection majeure en termes de santé publique, c’est-à-dire portant sur la démonstration de la qualité, de la sécurité ou de l’efficacité. Ce désaccord sera alors soumis au CSP, qui a un rôle d'arbitre. En fin de procédure, l'AMM accordée dans ce cadre s'accompagne d'un Résumé des caractéristiques du produit (RCP) identique pour chaque État membre.
Afin de garantir le bon fonctionnement de cette procédure, différents dispositifs sont mis en place par les États en accord avec la Commission européenne. Pour les médicaments ayant déjà obtenu une AMM, le premier de ces dispositifs correspond à une phase de pré-soumission, où la firme fait le point sur le dossier avec le pays de référence. Ceci permet d’apprécier les probabilités de succès ou d'échec de la procédure de reconnaissance mutuelle. Cette pré-soumission permet de déterminer quelles sont les parties du dossier à améliorer. Le bon fonctionnement de cette procédure est aussi facilité par l'instauration du “ Mutual recognition facilitation group ”, qui organise des réunions mensuelles entre les représentants des États.

La procédure centralisée

Cette procédure est valable pour l'ensemble du territoire de l'Union européenne. Elle est optionnelle pour les nouveaux médicaments (liste B) et obligatoire pour ceux issus de la biotechnologie (liste A).
La demande d'autorisation de mise sur le marché doit être transmise directement à l'Agence européenne, avec possibilité de proposer un choix de rapporteur et co-rapporteur. L'évaluation est faite en commun et conduit à l'avis du CSP. Cet avis sera ultérieurement transformé par la Commission en décision contraignante applicable dans toute l'Union européenne. En cas de risque majeur pour la santé publique ou l'environnement, les États peuvent s’opposer à cette décision. Le délai pour l’évaluation est de 210 jours.

Le schéma de la procédure peut se résumer ainsi (règlement n° 1662/95 de la Commission. JOCE du 08/07/95) :
Le dossier fait l'objet d'une évaluation par un rapporteur et un co-rapporteur, ce qui aboutit à la rédaction d'un rapport d'évaluation. Dans les 30 jours suivant son adoption par le CSP, l'EMEA envoie cet avis à la Commission européenne, aux États membres et au demandeur. Dans les 30 jours suivant réception de l'avis du CSP, la Commission prépare un projet de décision et le soumet au Comité permanent pour les médicaments à usage humain. Le président de ce comité communique alors le projet de décision aux membres du comité et dans les 30 jours suivant l'envoi de ce projet de décision, les États membres communiquent au président leur position. Plusieurs possibilités existent alors :
a) le projet de décision de la commission est entériné ;
b) il y a demande d'examen du projet au cours d'une réunion du comité ;
c) il y a renvoi à l'EMEA pour examen de nouvelles questions d'ordre scientifique ou technique.
In fine, c'est le secrétariat de l'EMEA qui rédige l'AMM (RCP, étiquetage et notice), dans les 11 langues nationales de l’Union européenne.
Depuis le 1er janvier 1995, 22 dossiers (pour 20 molécules) ont été soumis dans le cadre de cette procédure à l’EMEA, dont 7 seulement concernent des produits de biotechnologie.

La procédure nationale

Cette procédure reste applicable pour certains médicaments, dont la commercialisation se trouve limitée au marché d'un seul État membre.
Il est à noter que, jusqu'en 1998, la procédure centralisée n’était obligatoire que pour les médicaments issus des biotechnologies. Pour les produits de haute technologie, la firme pharmaceutique a donc le choix entre les trois procédures. Pour un médicament “ conventionnel ”, sont à sa disposition les procédures de reconnaissance mutuelle ou nationale. C'est à partir de 1998 que la procédure nationale limitera la commercialisation du médicament à un seul État membre.


(Référence : Répertoire des essais thérapeutiques en France VIH et sida, (Arcat-sida) édition 1996.)