 |

 




|
 |
 |
SPÉCIAL RÉUNION
INTERNATIONALE DE CONSENSUS
SUR LA VACCINATION CONTRE LE VHB |
| Etat des lieux |
| [ < Retour
] |
| |
Les connaissances épidémiologiques
de cette pathologie grave semblent insuffisantes pour
l'appréhender correctement en France. Et l'évolution
de l'épidémie paraît donc difficile
a prévoir... |
Deux milliards de personnes infectées dans le monde,
350 millions de porteurs chroniques, 1 million de morts
par an à cause des complications liées à
l'infection : tels sont les chiffres qu'assène
le D' François Denis du CHRU Dupuytren de Limoges.
En France, le VHB est à l'origine de 75 % des cancers
du foie (CHC) et de 10 % des transplantations hépatiques,
3e cause après l'alcool et l'hépatite C.
Epidémie mondiale, les zones à forte prévalence
comme l'Asie du Sud-Est oscillent entre 8 et 20 %. Celles
à moyenne prévalence, comme l'Amérique
centrale et du Sud, varient entre 2 et 7 %. En France,
environ 2% de la population présente des marqueurs
VHB, pour 0,2 à 0,5 (soit entre 100000 et 300000)
porteurs chroniques du virus.
Le VHB est présent dans les liquides biologiques
(sang, salive, sperme, sécrétions vaginales).
Sa transmission actuelle est parentérale (10 %),
due au partage du matériel de toxicomanie (20 %),
sexuelle (35 %) et inconnue (35 %). Les modes historiques
de contamination sont la transfusion, VHR la voie nosocomiale,
les atteintes percutanées (piercing, mésothérapie,
acuponcture, etc.) et la transmission de la mère
à son nouveau-né. En France, 5000 à
6000 mères porteuses du VHB risquent, faute de
sérovaccination à la naissance du nouveau-né,
de le contaminer dans 90
des cas. C'est donc l'hétérogénéité
des populations touchées qui rend complexe toute
évaluation précise difficile.
|
| Une épidémiologie défaillante |
« L'histoire naturelle renvoie tout d'abord entre
0,1 et 1 % d'hépatites fulminantes, à l'issue
mortelle dans 80 % des cas, et auxquelles ne s'offre que
la transplantation, commente le Pr Patrick Marcellin,
hépatologue à l'hôpital Beaujon (Clichy).
L'enjeu de la vaccination est donc essentiel, car les
traitements sont coûteux et relativement peu efficaces.
» Selon l'Etablissement français des greffes,
sur 291 hépatites fulminantes, 38 (13 %) sont imputables
au VHB (chiffres 1997-2001). Lincidence annuelle (nombre
de nouveaux cas) est évaluée entre 3000
et 12000 (chiffres entre 1991 et 1996), à l'origine
de 3 à 300 hépatites fulminantes.
Cinq à 10 % des populations en contact avec le
VHB développent une infection chronique. Plus la
contamination est précoce, plus le portage chronique
estfréquent. D'où l'enjeu de la vaccina
tion des nourrissons, particulièrement lorsque
les mères sont contaminées par le VHB.
Chez les porteurs chroniques, trois profils sont à
distinguer : l'inactif à réplication virale
faible, l'actif à hépatite chronique minime
sans incidence majeure sur l'état du foie, et l'actif
à hépatite chronique active. Ces dernières
évoluent dans 30 % des cas vers la cirrhose, dont
4 % avec complications et 2 % avec CHC. La mortalité
par cirrhose compensée est de 30 %, de 80 % par
cirrhose décompensée et de 100 % par CHC
qui, à lui seul, constitue aujourd'hui la cinquième
cause de cancer dans le monde. Lincidence cumulée
de la cirrhose à cinq ans varie de 8 à 20
%, pourcentage aggravé en cas de coïnfection
avec le VlH. La cirrhose décompensée et
le CHC représentent 5 à 10 % des indications
de transplantation hépatique.
Cette abondance de chiffres ne doit pas faire oublier
l'essentiel : il n'existe pas de données épidémiologiques
globales, fiables et récentes sur la France. Celles
liées à la greffe concernent quelques centres
hospitaliers. A ce jour, nul n'est capable de dire combien
de personnes sont concernées en France par le VHB,
et donc combien le savent et sont en mesure de se faire
traiter. De là à anticiper l'évolution
de l'épidémie... |
| Alexandre Biosse
Duplan |
|
|
|
|
|
 |