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SPÉCIAL RÉUNION INTERNATIONALE DE CONSENSUS
SUR LA VACCINATION CONTRE LE VHB
Une réunion d'un nouveau type
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La Réunion internationale de consensus sur la vaccination contre l'hépatite B, qui s'est déroulée les 10 et 1 1 septembre 2003, a la faculté de médecine Xavier-Bichat à Paris, inaugure de nouvelles pratiques inspirées des conférences américaines. Analyse de ces journées atypiques...
 
« Réunion internationale de consensus» et non « Conférence nationale de consensus », l'intitulé de ces journées peut surprendre. « On se rapproche, à la demande du ministère de la Santé, de la méthode du National Institute of Health américain », confirme le P' Alain Coulomb, directeur général de (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes). Commande émise en début d'année par le cabinet du ministre de la Santé, cette conférence d'un nouveau type a été confiée à l'Anaes et à l'Inserm, afin de garantir un financement exclusivement public et donc plus d'indépendance par rapport aux industriels impliqués dans la vaccination anti-hépatite B.
 
Expertise internationale

La présence de trois experts épidémiologistes, respectivement d'Anvers, de Montréal et de Minneapolis, au sein du jury justifie-t-elle pour autant une dimension internationale? Le P' Brodin, professeur de santé publique à Paris et ancien président de la Conférence de santé et président du jury modère : « il s'agit d'une réunion nationale faisant appel à l'expertise internationale. » Composé de treize membres, le jury a fait appel, pour deux tiers, à la communauté scientifique (statisticiens, épidémiologistes, immunologues et virologues), et, pour un tiers, à la société civile ou à des personnes liées aux politiques publiques (médecin scolaire, fédération des accidentés du travail et des handicapés...).
 
Frustrations

L'absence, à tous les niveaux, de personnes confrontées régulièrement à l'hépatite B suscite de nombreuses critiques, à commencer par les soignants. Le Pr Thierry Poynard, hépatologue à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, regrette « la sous-représentation dans le jury des cliniciens confrontés aux malades atteints d'hépatite B ». Acerbe, le Pr Paul Calès, hépatologue à Angers, assène : « Ce n'est pas une conférence de consensus. » « C'est pourtant un choix délibéré », rétorque le Dr' Patrice Dosquet de l'Anaes (cf. encadré ci-dessous). Enfin, l'absence - pointée par des associations - de certains experts défendant des points de vue jugés comme marginaux, sème le doute quant à l'impartialité des débats (1).

Le découpage des débats, même s'il faut leur reconnaître une efficacité certaine, engendre des frustrations. La première journée fut consacrée aux experts, la salle n'ayant la parole que la demi-journée du lendemain. L'occasion pour certaines associations représentant des victimes de la vaccination d'exprimer avec émotion leur douleur. A cet égard, « un éclairage sociologique sur la vaccination aurait été intéressant », a même suggéré le P' Patrice Couzigou, hépatologue à Bordeaux.
 
Principe de précaution...

Des signes récents du Haut comité à la santé publique (cf. JDs n° 154 p. 18) annonçaient depuis des mois le retour à une vaccination anti-hépatite B. A l'évidence, les pouvoirs publics français entendent faire de cette réunion internationale le point d'orgue du retour de la France dans la grande communauté des pays à politique vaccinale volontariste en phase avec l'OMS (Organisation mondiale de la santé). L'occasion de mettre fin à une parenthèse ouverte en octobre 1998 par Bernard Kouchner, alors secrétaire d'Etat à la santé qui avait suspendu la vaccination scolaire au nom du principe de précaution.

Mais, si la cause semble entendue, deux précautions valent mieux qu'une. Le ministère de la Santé a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne se sentait pas engagé par les recommandations... De quoi priver la manifestation de l'envergure qu'elle semblait chercher.
 
Alexandre Biosse Duplan

(1) Ainsi, le P' Girard, auteur d'un rapport polémique sur la vaccination anti-VHB tendant à reconnaître un lien entre vaccin et complications.
 
3 questions au Dr Patrice Dosquet
Anaes, organisateur de la conférence
Comment expliquer l'absence d'associations de patients dans le jury ?

Il y a dans le jury un représentant d'une association, la Fnath (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés), mais effectivement, aucun n'est directement impliqué dans le milieu de l'hépatite B. C'est un choix du comité d'organisation. Nous avons voulu, à la différence d'autres conférences, un jury qui ne soit en aucune façon directement concerné. Le jury est donc exclusivement composé de professionnels ou de personnalités qui n'ont jamais travaillé ni dans le VHB ni dans la vaccination anti-VHB, voire des hépatites en général. Ainsi, il n'y a pas d'hépatologue par exemple. C'est l'application stricte d'un des principes méthodologiques des conférences de consensus.


Pourquoi des débats scindés entre une journée « professionnels » et une « grand public » ?

Lors de la première journée, c'est essentiellement l'ampleur du programme scientifique et la nécessité pour le jury de poser de nombreuses questions aux experts, qui a conduit à limiter le débat avec la salle. La seconde était dédiée aux échanges entre le public (professionnels, associations, presse), les experts et le jury.


Est-ce encore une conférence de consensus ?

Oui. C'est une variante. Si le modèle s'avère pertinent, il enrichira les méthodes et le savoir-faire de l'Anses. L'organisation générale de la conférence s'est inspirée du modèle américain du National Institute of Health. Nouveauté capitale : le public a débattu des premières propositions de recommandations du jury rendues dès l'issue des débats.

Propos recueillis par A. B. D.



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