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Non-répondeurs :
une troisième voie ? |
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Les progrès rapides du traitement
de l’hépatite C ne doivent pas masquer que
les non-répondeurs au traitement demeurent nombreux.
Et les solutions, rares. |
A progrès rapides, espoirs
immenses. Mais ceux qui ont tout essayé, sans pour
autant éradiquer le virus C, voient leurs efforts
déçus. Plus ou moins car, si la réponse
virologique n’est pas toujours au rendez-vous, on
observe parfois des améliorations sensibles du
score de fibrose qui se stabilise, voire, dans les meilleurs
cas, régresse.
Mais que proposer à ceux qui ne peuvent pas attendre
de nouvelles molécules ? On connaît l’interféron
consensus (1), molécule intéressante, mais
au champ d’action limité puisque principalement
prescrit chez les hémodialysés, mais aussi
en traitement d’entretien. Une conséquence
de sa forme actuelle non pégylée. Un handicap
réel que les laboratoires concepteurs (principalement
Yamanouchi et Intermune) entendraient combler en débutant
des études fin 2003. Son intérêt actuel
réside donc ailleurs : interféron hybride,
il associe des caractéristiques antivirales issues
de différents interférons et agit ainsi
différemment sur le virus des interférons
alpha.
Les résultats préliminaires d’une
étude pilote (2) – à prendre donc
avec prudence –, ouvrent une voie intéressante.
A la clef, deux bras de 24 semaines :

• le premier fondé sur un schéma par
induction, avec une haute dose d’interféron
consensus initiale pendant quatre semaines (27 ug/jour)
suivie d’une moindre dose (18 ug/jour associée
à la ribavirine à 11 mg/kg) pendant 12 semaines,
puis une troisième phase à 9 ug avec maintien
de la ribavirine pendant les huit dernières semaines
;

• le second repose sur une dose journalière
de 9 ug pendant 4 semaines, suivie d’une phase en
association à la même dose de ribavirine
que dans le bras précédent pendant 20 semaines.
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« Modérément tolérable
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Enfin, spécificité
de l’étude, les patients demeuraient sous
traitement pendant 48 semaines après négativation
de l’ARN du VHC, avec un suivi plus classique au-delà
de 24 semaines. Dans le bras 1, 27% (8/30) des patients
négativent l’ARN viral à la 8e semaine
et 52% (14/25) à la 24e ; dans le bras 2, 20% (6/30)
à la 8e semaine et 40% (10/25) à la 24e.
Cela ne présage que partiellement des résultats
définitifs 24 semaines après l’arrêt
du traitement.
Mais l’efficacité relative suppose des doses
élevées. Or, l’AMM européenne
de l’interféron consensus concerne la dose
de 9 ug, trois fois par semaine. Les doses de 27 ug
quotidiennes appellent donc la prudence quant à
la tolérance et à la toxicité du
traitement. La publication fait d’ailleurs état
d’effets hématologiques dans le bras à
haute dose et de nombreux maux de tête, ainsi que
de cas de fatigue dans les deux bras. Les auteurs qualifient
eux-mêmes le traitement de « modérément
tolérable ».
Quoi qu’il en soit en termes de résultats
et de tolérance, plusieurs médecins pratiquent
aussi en France différents schémas fondés
sur l’interféron consensus en induction chez
des personnes résistantes au traitement standard.
Induction qui avait été tentée avec
l’interféron standard, puis abandonnée
au profit de traitements au plus long cours et de la pégylation.
Un retour cyclique lorsque les molécules se font
rares…
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| Alexandre Biosse Duplan |
(1) Nom commercial Infergen®, commercialisé
en France par le laboratoire Chiesi.
(2) Kaiser et al, University Hospital of Tubingen, Allemagne,
étude pilote présentée à la
Digestive Disease Week Conference, 17-22 mai 2003, Orlando,
Floride, Etats-Unis. |
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