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Journée TRT-5/CHV sur les coïnfections VIH-hépatites virales
Le patient, la personne qu’on
accompagne
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Le 23 avril 2004, le TRT-5 (1), en
collaboration avec le Collectif hépatites virales
(CHV), organisait sa VIe Journée de réflexion
sur le thème des coïnfections VIH-hépatites
virales.
Les coïnfections correspondent aujourd’hui
à une situation paradoxale : alors que les hépatites
ont longtemps été « mises de côté
» face à l’urgence que représentait
le VIH, elles sont désormais la première
cause de mortalité chez les personnes coïnfectées.
Lors de la journée TRT-5/CHV, nombreuses furent
les revendications portées par les patients :
la nécessité d’un meilleur accompagnement
des personnes et d’une prise en charge globale
cohérente et performante a notamment été
particulièrement soulignée (2).
« Valérie-Anne : ”Je me suis bien
préparée pour le traitement [la bithérapie
anti-VHC, ndlr]. Je pensais que j’allais réussir.
J’ai commencé, ça s’est tout
de suite mal passé. Mon compagnon ne m’aidait
pas, il me critiquait tout le temps, il disait que j’étais
exécrable et parano! Mon médecin m’a
arrêtée un mois après le début
du traitement. J’avais presque plus de globules
blancs, j’étais fatiguée, stressée,
je ne supportais personne, même pas ma fille.
Et même quand j’ai arrêté le
traitement, quand j’ai été hospitalisée,
et sous cachets, ça n’allait pas.”
Elle demande : ”Y’a combien de couples qui
se séparent à cause de l’interféron
?” Jean-Jacques. Il dit : ”Ma femme est
partie, elle avait peur, elle me reconnaissait pas,
elle disait que j’étais devenu violent.
Je trouve qu’elle exagère. Seulement, comme
on avait un bébé, elle a pris peur. Maintenant,
j’ai fini le traitement, je sais plus où
j’en suis. Tous les jours, j’me dis : “C’est
pour ça que je me suis soigné ? »
Les témoignages de patients lus par Dominique
Blanc (Aides, TRT-5, CHV), en préambule de la
Journée TRT-5/CHV, ont immédiatement exposé
la nature et l’ampleur du problème : parce
qu’elles sont en lutte contre plusieurs maladies
graves, parce qu’elles n’ont, pour seule
option thérapeutique contre le VHC, qu’un
traitement réputé pour ses effets indésirables
– à type de fatigue intense, de troubles
de l’humeur et de dépression – les
personnes coïnfectées ont parfois du mal
à faire face.
Après ces témoignages, les propos de
Jean-Philippe Lang (Hôpital civil, Strasbourg)
semblaient presque redondants : « Un patient sur
deux recevant un traitement anti-VHC va souffrir d’un
trouble affectif qui justifie la prescription d’un
psychotrope ! » D’après le psychiatre,
la dépression est le trouble le plus communément
observé chez les personnes coïnfectées.
Et c’est normal : il y a l’interféron
(IFN), bien sûr, et aussi « l’incapacité
d’anticiper son avenir », inhérent
à la gravité de la maladie.... «
Et je demande à quiconque de vivre sans savoir
ce qu’il va faire demain, en mettant de côté
ses projets d’enfants, de vie, de travail... Parce
qu’on sait qu’on va souffrir, on désinvestit
tous les objets extérieurs auxquels on pourrait
s’attacher, on se met dans une anesthésie
globale. On veut s’anesthésier de la souffrance,
mais on s’anesthésie aussi du plaisir...
Et quand on n’a pas de plaisir, on déprime.
»
L’accompagnement avant, pendant, après
La survenue de la dépression est imprévisible
; elle n’est pas liée aux antécédents
de la personne, ni à une évolution donnée
de la maladie ou à un moment du traitement :
« Nombre de patients vont très bien pendant
les trois premiers mois du traitement, et à quatre,
cinq mois... la mélancolie carabinée,
reprend Jean-Philippe Lang. De même, 10 % des
dépressions surviennent dans les trois mois qui
suivent l’arrêt de l’IFN chez des
personnes pour qui ”tout va bien”, qui ont
supporté le traitement et sont en voie de guérison.
» Comme en témoignent les récits
lus par Dominique Blanc, la dépression sous IFN
possède un visage particulier : fatiguée
et dans l’incapacité de se reposer, la
personne est nerveuse, irritable, impulsive, agressive,
certes un peu triste « mais ce n’est pas
le plus visible »… La dépression
peut également se présenter sur un mode
d’expression presque exclusivement somatique :
le patient a mal, ne dort plus, n’a plus d’appétit...
Ne pas se laisser piéger : « Derrière
ces troubles, c’est la dépression qu’il
faut chercher », avise Jean-Philippe Lang. Alors
bien sûr, quand la personne commence à
avoir des idées noires, mais aussi quand elle
songe à arrêter le traitement, se plaint
de son état, de ses difficultés à
gérer le quotidien avec ses proches, il faut
agir, faire le point, consulter un spécialiste,
« un psychiatre avec qui, idéalement, le
contact a été établi avant l’initiation
du traitement, insiste Jean-Philippe Lang, et qui jugera
de la pertinence d’une prescription de psychotropes
et/ou d’une psychothérapie ».
L’idéal – défendu par Dominique
Blanc, Maxime Journiac (SIS, TRT-5, CHV) et soutenu
par Jean-Philippe Lang – est bien sûr d’
« anticiper », de prévenir la survenue
de ces problèmes par l’accompagnement du
patient avant, pendant, après le traitement et
ce, pour les personnes qui guérissent comme pour
les personnes qui ne guérissent pas. «
Parfois, à la fin du traitement, on vous dit
presque ”Au revoir et merci”, s’emporte
Maxime Journiac. Mais les effets indésirables
du traitement ne disparaissent pas du jour au lendemain
et la période qui suit le traitement est extrêmement
angoissante : 5 à 10 % des personnes coïnfectées
ayant une charge virale négative à six
mois la voient se repositiver dans les dix-huit mois
qui suivent ! » Anticiper, c’est aménager
la vie autour de la maladie pendant le temps du traitement
et la période qui suit. D’abord avec l’entourage
: « Comment ça se passe en famille, en
couple, est-ce que vous voulez venir me voir avec eux
? », commente Jean-Philippe Lang. Car les proches
aussi doivent être préparés. Ensuite,
au niveau professionnel, en recourant aux arrêts
de travail, aux mi-temps thérapeutiques ou à
d’autres aménagements. « Il faut
se débarrasser de certaines contraintes parce
qu’on ne pourra pas tout faire, conseille Dominique
Blanc. Sur qui on peut compter ? Est-ce qu’on
a repéré des associations, des numéros
de téléphone qu’on peut appeler
quand rien ne va ? »
Les ingrédients de la prise en charge globale
Ce temps de préparation, d’aménagement
de la vie est d’autant plus primordial, qu’«
’il n’y a jamais urgence à traiter
l’hépatite C d’une personne coïnfectée
», note Maxime Journiac. La véritable urgence
est de « mettre en place une prise en charge globale,
précoce, cohérente, incluant une prise
en charge psychiatrique, dans laquelle le patient se
sente rassuré », conclut Jean-Philippe
Lang. « Prise en charge globale et cohérente
», l’expression, fil rouge de la Journée
et sujet d’une table ronde, est lâchée.
La prise en charge de la personne coïnfectée
peut en effet faire appel aux compétences de
nombreux professionnels : infectiologue évidemment,
psychiatre, psychologue, alcoologue ou addictologue
éventuellement, endocrinologue parfois... hépatologue
? La consultation d’un hépatologue paraît
une évidence lorsqu’on souffre d’une
hépatite. Pourtant nombre de personnes coïnfectées
semblent n’en avoir jamais rencontré, comme
en témoigne un homme dans l’assistance
: « Je suis coïnfecté par le VIH,
le VHC et le VHB depuis 1986. J’ai suivi un traitement
par IFN/RBV, j’ai une cirrhose, un hépatocarcinome
débutant, j’ai même envisagé
la transplantation, et pourtant je n’ai jamais
vu d’hépatologue. Je suis suivi par une
infectiologue qui prend en charge ma maladie hépatique.
» « Certains collègues sont à
même de prendre en charge l’infection à
VIH et la maladie hépatique, indique Dominique
Salmon, infectiologue à l’Hôpital
Cochin (Paris). Mais, dans la majorité des cas,
la consultation d’un hépatologue, en sus
d’un infectiologue, est nécessaire. L’hépatologue
a une approche différente, il peut voir des choses
qui échappent aux infectiologues, notamment sur
le plan de l’analyse des lésions hépatiques,
qui peuvent être dues aux virus, mais aussi aux
médicaments antirétroviaux. Sa consultation
est utile quel que soit le stade de la maladie hépatique.
»
Puisque le recours à divers spécialistes
semble pertinent, reste à savoir comment coordonner
les différentes interventions, l’objectif
étant de créer, autour du patient, un
réseau qui le « rassure », l’accompagne,
sans le piéger, l’étouffer, ou le
déstructurer. Existe-t-il une recette pour une
prise en charge performante et respectueuse du patient
? Au cours de la table ronde, il est en tous les cas
apparu que certains ingrédients étaient
indispensables. Ainsi, selon Denis Méchali (Hôpital
Delafontaine, Saint-Denis), une prise en charge globale
et cohérente ne peut être mise en place
qu’avec le concours de « personnes engagées
». « Si le réseau VIH à Saint-Denis
a tellement bien fonctionné à la fin des
années 90, c’est grâce à la
mobilisation de professionnels et de militants très
investis. Travailler ensemble demande aux médecins
un surcroît d’engagement et d’évolution
personnelle. » Autre ingrédient : les associations,
les réseaux d’autosupport, qui proposent
des permanences téléphoniques, hospitalières,
des groupes de parole, ont depuis longtemps un rôle
primordial de lien, d’information et de soutien
des malades. Les associations peuvent aider le patient
à trouver la cohérence de sa prise en
charge. Elément rare, elles prennent le temps
de parler avec les patients, d’expliquer les choses,
ce qui contraste avec les cadences parfois trop rapides
des consultations hospitalières. Des cadences
probablement à l’origine du malaise ressenti
par certains malades : passant quinze minutes avec un
spécialiste, quinze minutes avec un autre, ils
se sentent peu considérés, perdent de
ce fait le fil de leur prise en charge et la confiance
en les soins qui leur sont prodigués.
Autre ingrédient cité : le dossier médical
commun (en version papier ou informatisée) aux
différents spécialistes, rassemblant les
données médicales d’un patient.
Il permettrait en théorie de faciliter la transmission
des informations et d’éviter les examens
redondants. Un minimum en apparence, mais une proposition
qui fait encore figure d’innovation dans les services,
à l’heure où l’on réforme
la Sécurité sociale. Enfin, « fax,
portables, mails... tous les moyens modernes de communication
doivent être mis à contribution, estime
Anne Gervais (Hôpital Beaujon, Clichy). A Beaujon,
nous pratiquons une consultation alternée entre
l’infectiologue, l’hépatologue, et
d’autres spécialistes si besoin : le patient
voit l’infectiologue le premier mois, puis l’hépatologue
le second mois, etc. Ça fonctionne... à
condition que les professionnels communiquent entre
eux ! »
Quid de la médecine libérale ?
Reste à savoir qui sera le chef d’orchestre
de la prise en charge du patient, si du moins un tel
chef d’orchestre est nécessaire. «
J’ai l’impression que l’on ne peut
pas émettre de recommandations générales
sur ce point, avance Anne Gervais. Cela dépend
des patients, des médecins... L’idéal
est que le patient puisse avoir une relation de confiance
telle qu’il appelle quand il veut son médecin...
Et c’est sans doute le médecin qui est
le plus proche du patient qui doit coordonner l’ensemble
de la prise en charge. Qu’il soit infectiologue,
généraliste, hépatologue, finalement
peu importe... »
« Le médecin généraliste
est le coordinateur par fonction, affirme au contraire
un médecin généraliste du réseau
VIH Rive Gauche, présent dans la salle. Le médecin
généraliste a des compétences à
associer pour rendre service aux patients, c’est
là son rôle, qui n’est, hélas
, définit nulle part dans la médecine
aujourd’hui. A partir du moment où on définira
clairement les places et rôles de chacun, on parviendra
mieux à répondre aux besoins des patients.
» Le médecin généraliste
serait-il donc l’acteur à mettre au centre
du dispositif ? Si l’idée ne semble pas
absurde, sa concrétisation est une autre affaire.
La complexité du suivi et des traitements des
personnes coïnfectées les ont « naturellement
» portées à consulter des spécialistes
hospitaliers ou des médecins cumulant exercice
« de ville » et vacations hospitalières.
« Je suis suivie en ville par des médecins
qui ont des vacations à l’hôpital,
témoigne Marianne L’Hénaff (Aides,
TRT-5). Je tiens à dire que ça se passe
très bien et que, pour moi, c’est bien
plus agréable que d’aller systématiquement
à l’hôpital. Le fait que le médecin
ait une vacation à l’hôpital est
un élément important car ça facilite
l’accès aux médicaments en ATU [Autorisation
temporaire d’utilisation, NDLR], à certains
examens... » La (re)mobilisation des généralistes
et des spécialistes libéraux pour la prise
en charge globale des patients souffrant de pathologies
difficiles est en tous les cas un des grands challenges
de la future organisation des soins en France. Car,
dans les réseaux, ceux-ci se font « de
plus en plus rares ». En outre, leurs tarifs sont
souvent prohibitifs pour des personnes confrontées
à une grande précarité.
« C’est pas possible, on ne peut pas le
supporter »
Une majorité des personnes coïnfectées
connaît en effet des situations de vie difficiles,
nombre de patients ne disposant même pas d’un
logement. « Au centre Marmottan, notre problème
majeur est la précarité des gens, témoigne
Elisabeth Avril (3). Commencer un traitement anti-VIH
ou anti-VHC quand les gens sont dans une situation sociale
et légale difficile... Citons l’exemple
d’une personne qui a une cirrhose, qui doit être
traitée et n’a pas de toit. Nous lui trouvons
un hébergement dans une structure spécialisée,
et bien sûr, nous expliquons aux ”hébergeurs
” que le traitement est dur, qu’il fatigue,
rend dépressif, agressif... Et bien, au bout
de trois mois, on vous vire votre patient... Parce que
”C’est pas possible, on peut pas le supporter.
” Ou alors, on vous accorde un an d’appartement
thérapeutique. Le patient a un an pour se traiter.
Après ? On ne sait pas, rien n’est sûr,
peut-être que le retour à la rue sera inévitable.
Comment croyez-vous qu’une telle incertitude est
vécue par une personne ? »
Corinne Taéron
(1) Le groupe Traitements et recherche
thérapeutique TRT-5 est composé des associations Action
traitements, Act-Up, Aides, Arcat, Dessine-moi un mouton,
Nova Dona, Sol En Si et Sida Info Service.
(2) Source : Journée " Coïnfections
VIH-hépatites virales " du CHV et du TRT-5, salle Laroque
du ministère de la Santé, 23 avril 2004. D'après les
interventions de :
o Dominique Blanc, " Témoignages "
o Maxime Journiac, " Effets indésirables et qualité
de vie "
o Jean-Philippe Lang, " Prise en charge psychologique
et accompagnement "
o Pascal Mélin, " Consommation de drogues et d'alcool
: quel impact, quelle prise en charge ? "
Et d'après la table ronde " Comment coordonner les soins
de la coïnfection ? ", modérée par Marianne L'Hénaff
(TRT-5) et Stéphane Pasquay (CHV).
(3) Elisabeth Avril a quitté le Centre Marmottan (Paris)
en décembre 2003, pour devenir coordinatrice du bus
méthadone de Médecins du monde.
Chantage au sevrage
A l’heure actuelle, nombre de cliniciens appliquent
avec zèle les recommandations de la conférence
de consensus (« Traitement de l’hépatite
C », février 2002), et imposent six mois
d’abstinence aux patients alcooliques «
candidats » au traitement de l’hépatite
C. De l’avis des spécialistes présents
à la Journée TRT-5/CHV, pratiquer ce
« chantage au sevrage » revient à
faire fausse route : « Exiger une abstinence
de six mois pour commencer un traitement anti-VHC
est une erreur, avance Pascal Mélin (Hôpital
de Saint-Dizier). Six mois, c’est le moment
où les personnes commencent à s’épuiser
de leur abstinence et où on a le plus de décompensation
dépressive. Si à cette date, vous leur
ajoutez l’IFN, ils décompensent tous,
évidemment. En revanche, si dès le début,
vous proposez au patient une prise en charge mixte
”alcool et hépatite C”, les choses
évolueront différemment. Nous avons
traité des patients non abstinents. Après
trois mois, quand nous leur disons que la charge virale
VHC est passée de 40 à 6 millions grâce
au traitement, ils y trouvent un nouvel encouragement
pour encore diminuer leur consommation d’alcool,
voire devenir abstinents. Ce n’est pas une obligation
qu’on leur impose, c’est une volonté
qu’ils développent eux-mêmes. On
se retrouve alors avec des abstinences supérieures
à celles d’une population d’alcooliques
”standards”, parce qu’on a pu, pendant
le traitement du VHC, traiter en parallèle
la question de l’alcool, reparler avec le psy
des blessures antérieures, attaquer le problème
à la racine en somme. »
Incompréhension
En l’absence du ministre de la Santé
Philippe Douste-Blazy, c’est le directeur général
de la Santé, William Dab, qui représentait
les pouvoirs publics lors de la Journée TRT-5/CHV.
M. Dab a annoncé un plan de relance de la vaccination
contre l’hépatite B, s’est prononcé
en faveur du remboursement du Fibrotest (50 d) et
de la recherche de la charge virale VHD (150 d). De
bonnes nouvelles pour l’auditoire.
D’autres annonces ont laissé l’assistance
plus circonspecte : ainsi, la « démarche
de programmation » – définie comme
« un effort d’explicitation visant à
obtenir une meilleure performance des outils à
disposition » et comme la mesure phare de la
loi sur la santé publique – appliquée
au thème des coïnfections, a suscité
davantage d’inquiétude que d’enthousiasme,
notamment quant à sa mise en œuvre par
les régions. De même, les acteurs de
terrain qui ont crié l’urgence des populations
les plus défavorisées ne se sont pas
sentis compris. Concédant qu’il existait
« peut-être un déficit de moyens
», M. Dab a déclaré qu’il
manquait aux pouvoirs publics une « vision populationnelle
» :« Il faut faire une estimation des
effectifs qui méritent une prise en charge.
[...] Nous allons entrer résolument dans une
logique de résultats. » Le mot ayant
choqué, M. Dab a tenté de rassurer :
« Par ”résultats”, j’entends
”service rendu”, il nous faut quantifier
le service rendu. Il nous faudra peut-être entrer
également dans une logique de substitution,
où nous demanderons la mise en place de nouvelles
mesures, en échange de l’arrêt
de ce qui nous semble d’une utilité moindre.
Pour tout cela, nous devrons systématiser la
définition d’indicateurs, d’objectifs,
que nous suivrons pour apprécier les progrès
accomplis et le chemin qu’il nous reste à
parcourir. »
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