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HEPATITES A ET B |
| Les nouvelles recommandations
de vaccination |
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La publication par le Conseil supérieur
dhygiène publique de France dun calendrier
vaccinal fournit loccasion de relancer la vaccination
anti-hépatite B et de cibler les populations qui
doivent se protéger de lhépatite A.
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Conseil
supérieur dhygiène publique
de France |
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Le Conseil
supérieur dhygiène publique
(1) de France est une instance consultative dexpertise
scientifique et technique, placée auprès
du ministre chargé de la Santé et
compétente dans le domaine de la santé
publique. Il est chargé démettre
des avis ou recommandations et dexercer des
missions dexpertise, en particulier en matière
de prévision, dévaluation et
de gestion des risques pour la santé de lhomme.
Ce Conseil comprend cinq sections : « alimentation
et nutrition », « eaux »,
« maladies transmissibles »,
« milieux de vie », « radioprotection ».
(1) Créée par le décret
n° 97-293 du 27 mars 1997. |
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Supprimée par Bernard Kouchner, alors ministre
en charge de la Santé, la vacci-nation anti-hépatite
B revient avec lavis rendu le 17 janvier 2003 (1)
par le Conseil supérieur dhygiène
publique de France (CSHPF). Il précise des recommandations
pourtant récentes émises par le même
organisme (2 et 3). En 1994, des interrogations sur de
possibles complications post-vaccinales avaient conduit
la France, au nom du principe de précaution, à
« suspendre » ce vaccin du programme de vaccina-tion
scolaire. Une attitude qui découle de limpossibi-lité
matérielle pour le médecin scolaire de connaître
les antécédents familiaux, éventuellement
explicatifs de ces risques de complication. La mesure
navait pas, dailleurs, lampleur que
lon a bien voulu lui donner : la vaccination était
transférée vers le médecin de famille,
alors seul susceptible dévaluer le risque.
Mais elle aura été perçue comme une
mise en garde, voire une contre-indication généralisée
à la vaccination.
La position française a été clairement
condamnée par lOMS. Selon lorganisation,
lhépatite B constitue la neuvième
cause actuelle de décès dans le monde et
est lun des fléaux majeurs des vingt prochaines
années. En France, le débat a fortement
opposé par-tisans et adversaires de la vaccination.
Les opposants, dont les patients liés à
lassociation REVAHB, témoignent de complications
post-vaccinales. Les symptômes les plus connus sont
des atteintes démyélinisantes centrales,
notamment la sclérose en plaques (SEP), des affections
auto-immunes (lupus, polyarthrite rhumatoïde et thyroïdite).
Les partisans rappellent, études médicales
à lappui, que ces patho-logies ne sont pas
plus courantes chez les person-nes vaccinées que
chez celles qui ne le sont pas. En guise de synthèse
de ce débat, on citera le communiqué de
presse de lAfssaps (4) : « Ainsi, les conclu-sions
de lévaluation par lAfssaps des données,
issues de la notification spontanée et des études
épidémio-logiques, ont constamment fait
apparaître que les résultats ne démontrent
pas lexistence dun risque de survenue daffection
démyélinisante associé à la
vaccination contre lhépatite B, et quils
permettent de conclure à labsence dun
risque important, sans toutefois permettre dexclure
la possibilité dun risque faible. »
Pas de lien scientifiquement établi donc, mais
tout de même
Certains experts évoquent
au conditionnel un rôle de « facteur déclenchant
» de telles complications que tiendrait le vaccin.
Une validation scientifique prudente qui sinscrit
dans un mouvement de fond de retour à la vaccination.
Con-troverse politique et incertitude scientifique : on
ne peut en rester à cette situation ambiguë.
Et cest dans ce contexte quun pas vient dêtre
franchi dans le sens dun retour à la vaccination
avec lavis du CSHPF.
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| Moins de 13 ans et personnes «
à risques » |
Un avis sans appel : la vaccination
systématique con-tre lhépatite B est
de mise. Le risque épidémiologique mondial
a visiblement balayé les débats scientifiques.
Derrière cette recommandation globale figurent
deux cibles prioritaires aux nouvelles campagnes dincita-tion
: les enfants de moins de 13 ans, et particulière-ment
les nourrissons, ainsi que les groupes définis
comme « à risques ». Labsence
avant 7 ans environ de myéline dans lorganisme
des jeunes enfants répond à léventuel
risque de pathologie démyélinisante. Cela
revient à critiquer a posteriori une politique
de vacci-nation systématique, sans tenir compte
de paramè-tres tels que lâge notamment.
Autre conséquence : la très forte baisse
du nombre de vaccinations depuis 1994, dont les conséquences
épidémiologiques sont à craindre
pour les années à venir.
Mais à cette politique générale,
sajoutent des popula-tions candidates, prioritaires
à la vaccination :

les nouveau-nés et enfants dâge
préscolaire accueillis en collectivité ;

les populations accueillies dans des institutions
spécialisées (enfance, handicap, psychiatrie)
;

les personnes exposées de par leur mode
de vie (relations sexuelles avec des partenaires multiples,
toxicomanes utilisant des drogues parentérales)
ou partenaires sexuels dun sujet infecté
par le VHB ou porteur chronique de lantigène
HBs ;

les personnes voyageant ou séjournant dans
des zones à moyenne et forte endémie. Cette
indication est tempérée de lavis du
médecin traitant chargé déva-luer
le risque en fonction des conditions de séjour
;

les personnes exposées de par leurs activités
pro-fessionnelles ou bénévoles (professionnels
de santé, libéraux, pompiers, secouristes,
gardiens de prison, éboueurs, égoutiers,
policiers, tatoueurs
) ;

les patients candidats à des transfusions
régulières ou itératives (hémophiles,
dialysés, insuffisants rénaux, candidats
à une greffe dorgane
) ;

lentourage vivant sous le même toit
dun sujet infecté par le virus de lhépatite
B ou porteur chroni-que de lantigène HBs.
Comme dans les politiques de dépistages, on saperçoit
que définir un cadre très général,
tel que vacciner tous les enfants de moins de 13 ans,
ne permet pas de toucher lensemble des populations
exposées. Il est donc nécessaire de cibler
certaines populations.
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| Hépatite A : vaccination étendue |
Aujourdhui, appréhender
les hépatites virales dans leur ensemble paraît
de mise. Cest ce quillustre le CSHPF en associant
les différentes stratégies de vac-cinations
sur des populations considérées «
à risque ». La recommandation de la vaccination
contre lhépa-tite A est ainsi étendue,
dune part, aux patients infec-tés chroniques
par le virus de lhépatite B, et dautre
part, aux homosexuels masculins. Elle concerne éga-lement
les adultes non immunisés et enfants de plus de
un an voyageant en zone dendémie, jeunes
des internats, des établissements et services pour
lenfance et la jeunesse handicapées. Enfin,
sont concernés, au titre de lexposition au
risque professionnel, les personnels de crèches,
dinternats des établissements et services
pour lenfance et la jeunesse handicapées,
les personnels de traitement des eaux usées, les
per-sonnels impliqués dans la préparation
alimentaire en restauration collective.
Harmonisation et cohérence se dégagent de
ces recom-mandations. A la fois pragmatiques et précises
dans leur ciblage, elles ont plus de chances dêtre
bien perçues que des directives globales. Quant
à la controverse sur la vaccination anti-hépatite
B qui reste ouverte, souhaitons que cet avis du CSHPF
contribue à réduire les appréhensions
et permette dadapter les attitudes selon les personnes
et les risques dexposition.
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| Alexandre Biosse Duplan |
(1) Calendrier vaccinal 2003, avis du Conseil supérieur
dhygiène publique de France, 17 janvier 2003.

(2) Avis du CSHPFdu 21 juin 2002, relatif à la
vaccination contrelhépatite A chez les patients
infectés chroniques par le virus de lhépatite
B.

(3) Avis du CSHPF du 21 juin 2002, relatif à la
vaccination contrelhépatite B chez les homosexuels
masculins.

(4) Afssaps, communiqué de presse du 14 novembre
2002. |
> Consultez également
Hépatite B : le nouveau
calendrier vaccinal |
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