 |

 




|
 |
 |
Editorial
n°155 - mai 2003 |
| [ < Retour
] |
| |
« Cet historien du
futur verra que nous avons eu le
privilège dêtre présents à
la création de nouveaux
modes de pensée et daction, à une
révolution fondée
sur le droit à la santé ; que certains dentre
nous y
ont directement participé. » Jonathan Mann
|
Retrouvons le sens du dialogue
 |
Lactualité est riche
et Le Journal de la Démocratie sanitaire
donne la parole à de nombreux acteurs sur des sujets
variés. Il présente notamment la loi dorientation
en santé publique, qui propose de renforcer la
prévention, de réduire la mortalité
et la morbidité précoce, daméliorer
la qualité de vie des personnes atteintes de maladie
chronique. Il sentretient avec Martin Winckler,
dont le dernier livre, Mort in vitro, reflète
une vision particulièrement sombre de lunivers
médical. Mais surtout, il consacre un dossier au
bareback. « Le choix de baiser sans capote,
délibérément », comme le
définissent Daniel Welzer-Lang et Jean-Yves Le
Tallec, ou encore « le désir et lérotisation
de pénétrations anales non protégées
», comme lanalyse Michael Scarce, soulève
beaucoup de questions et de passions, tant dans le milieu
associatif que dans les médias. Le JDs a
souhaité ouvrir ses colonnes à ceux qui
mènent une réflexion sur ce thème.
Ces sujets ont un point commun, ils suscitent tous la
même question : le sens du dialogue et de la relation
à lautre sont-ils toujours dactualité
? En effet, est-ce un signe des temps, une évolution
de société, mais il faut le reconnaître,
les rapports humains se durcissent et lon tend de
plus en plus à ne penser quà soi.
Et pour toute réponse, le décideur politique
estime de son devoir de durcir la législation et
de réprimer.Encore tout récemment, des intervenants
sociaux hospitaliers parisiens, engagés dans la
lutte contre le sida, nous disaient leur désappointement
face aux exigences des patients et à la montée
de la violence. Dautres, par ailleurs, regrettent
la perte de qualité de la relation médecin/patient
si durement acquise au cours de ces vingt années
de lutte contre le sida. Dans tous les cas, le travail
réalisé pendant vingt ans pour éviter
la discrimination des personnes touchées a reposé
avant tout sur le dialogue. Cest parce que les acteurs
de la lutte contre le sida ont su promouvoir la responsabilité
partagée quune politique de dépistage
volontaire et librement consentie a pu exister dans ce
pays, comme dans la grande majorité des pays qui
se sont organisés pour lutter contre ce fléau.
Cest aussi parce que le dialogue a toujours été
encouragé, même aux moments les plus durs,
quune véritable politique de lutte contre
les discriminations commence à voir le jour. Cest
aussi parce que des médecins ont su parler avec
leurs patients et que des patients ont appris à
négocier avec leur médecin, que lon
a assisté à lémergence du principe
de démocratie sanitaire. Parce que durant ces deux
dernières décennies, les pouvoirs publics
ont su écouter les associations de défense
des droits des malades, des progrès sans précédent
en terme de qualité de la prise en charge médicale
et sociale ont été réalisés.
Il est temps de retrouver le sens du dialogue.
|
| Le JDs |
| |
|
|
|
|
|
 |