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Le JDS Editorial
n°157 - juillet-août 2003
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« Cet historien du futur verra que nous avons eu le
privilège d’être présents à la création de nouveaux
modes de pensée et d’action, à une révolution fondée
sur le droit à la santé ; que certains d’entre nous y
ont directement participé. » Jonathan Mann
 
Associations hors-la-loi ?
Entrée en vigueur le 18 mars 2003 et pénalisant, entre autres, le racolage passif, la Loi Sarkozy pour la sécurité intérieure bouleverse le fragile équilibre du petit monde de la prostitution de rue. « Tout ce qui accentue la clandestinité, tout ce qui pousse les hommes et les femmes prostitués à se cacher dans des lieux sordides, où aucune aide, aucun soutien, aucune prévention ne sont possibles, me semble problématique. Même si la répression du racolage passif se pare de bonnes intentions – protéger les enfants, sortir les prostitués des réseaux de proxénétisme –, cette mesure risque d’augmenter la violence, la précarité et les risques sanitaires auxquels ces personnes sont exposées », témoigne Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP et président des Elus locaux contre le sida (ELCS), dans une interview accordée au JDs (cf. p. 22 à 24).

Car « ces bonnes intentions » ne doivent pas occulter certaines questions de fond : comment aborder le problème de la sécurité publique sans prendre en compte celui de la santé publique ?

Le lent et perpétuel travail d’approche, mené par les associations qui viennent en aide aux prostitué(e)s pour sensibiliser à l’accès aux droits et aux soins, semble progressivement anéanti. Le contact sur les lieux de « tapin » avec les prostitué(e)s va devenir de plus en plus périlleux. Avec la Loi Sarkozy, la distribution de préservatifs va être perçue comme une incitation et une aide à la prostitution, et donc mettre toutes ces associations hors-la-loi. Toute une population, bigarrée et inégalement informée sur la prévention, menace de basculer dans la clandestinité, la précarité et la prise de risques. Les prostitué(e)s doivent plus que jamais se cacher pour exercer leur métier dans des conditions parfois déplorables. À cause de cette vulnérabilité, la négociation du préservatif avec le client devient plus complexe. Sans parler des violences dont beaucoup sont victimes...

Comment les associations vont-elles pouvoir poursuivre leurs actions et prévenir des maladies et infections diverses, et particulièrement du virus du sida, qui, lui, continue sa fulminante progression ?
 
Le JDs



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